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C’est dans la salle Clémentine que, comme le veut la tradition, Léon XIV a reçu le 16 mai les ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, une semaine après son élection comme pape. Un moment pour rappeler que le Pape est aussi un chef d’État, à la tête d’un intense réseau diplomatique. Ce premier discours fut une leçon de méthode puisque Léon XIV a défini les piliers de la diplomatie pontificale, qui, pour lui, sont au nombre de trois et qui reposent sur la paix, la justice et la vérité. Il a, dès le début de son intervention, rendu hommage au rôle joué par la Secrétairerie d’État dans le fonctionnement de cette diplomatie ; un hommage qui a remis au centre de la diplomatie celle qui avait été malmenée sous François.
La paix n’est pas l’absence de guerre
Léon XIV a rappelé que la paix n’est pas l’absence de guerre. Ce n’est pas non plus le laps de temps entre deux conflits : "Dans la perspective chrétienne, la paix est avant tout un don, le premier don du Christ : “Je vous donne ma paix” (Jn 14, 27)." La paix vient du cœur, nous dit le Pape, elle se bâtit et se construit à partir du cœur, comme un don reçu de Dieu et donné aux hommes. La paix véritable doit aussi faire attention au langage, "car on peut blesser et tuer aussi par des mots, pas seulement par des armes". Le Pape a redit son soutien à la diplomatie multilatérale, au rôle joué par les instances internationales, aux lieux de rencontres et de coopération et à l’action essentielle menée par les ambassadeurs, qui doivent être des envoyés de la paix.
Mais la paix est aussi l’œuvre de la justice, c’est pourquoi celle-ci est si importante. Une justice qui repose sur la défense de la famille, des personnes fragiles, des enfants, des travailleurs. Une justice qui doit aussi lutter contre la misère et qui doit veiller à l’harmonie des sociétés et des peuples. En cela, Léon XIV reprend la pensée classique de l’Église, qui rappelle que la défense de la famille, des couples et du mariage est la première condition de la paix véritable. Comme le rappelait Léon XIII, cité par Léon XIV, la famille est "antérieure à toute société civile" (Rerum novarum, 1891). Dans l’ordre de la création de la société politique, il y a d’abord la personne, créée à l’image de Dieu, puis la famille, qui consiste en l’union de deux personnes, puis la nation, qui est une union de familles, et enfin l’ordre international, qui est la coopération des nations entre elles. Tout part donc d’abord de la personne humaine et de la famille. C’est pourquoi l’Église, dans sa doctrine sociale, qui ne se limite pas aux sujets économiques, explique que, pour préserver la paix mondiale, il faut commencer par préserver la paix des familles et la paix interne des nations. Toute atteinte à la dignité humaine, comme l’esclavage ou l’élimination des plus faibles, est une atteinte à la justice et donc à la paix. La paix ne consiste pas seulement dans les armes qui se taisent, mais aussi, d’abord, dans le respect de la dignité de la personne.
L’importance de la vérité
D’où l’importance de la vérité, qui est le troisième pilier évoqué par Léon XIV. Si le Pape a fait référence à l’intelligence artificielle, c’est parce que celle-ci peut brouiller les frontières entre virtuel et réalité. Parce qu’elle peut aussi effacer la vérité de l’homme, réduit à l’état de machine et parce qu’elle peut conduire à l’orgueil, qui est un mensonge de l’homme sur lui-même, qui s’imagine être comme un dieu. L’intelligence artificielle est un outil qui, comme tous les outils, peut conduire à un bien plus grand ou à dissoudre la paix, la justice et la vérité. Léon XIV a rappelé que le premier élément de la vérité est de pouvoir parler franchement, librement, sans chercher à blesser les personnes, puisque la vérité est liée à la charité, mais en ne cachant pas les grandes vérités données par le Christ, la foi chrétienne étant d’abord la rencontre avec une personne : "Dans la perspective chrétienne, la vérité n’est pas l’affirmation de principes abstraits et désincarnés, mais la rencontre avec la personne même du Christ qui vit dans la communauté des croyants."
Ce sont ces trois piliers, paix, justice, vérité, que Léon XIV a souhaité mettre en avant pour son premier discours diplomatique ; trois piliers que l’on peut supposer être ceux sur lesquels il s’appuiera tout au long de son pontificat.



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