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Dans la tête d’un cardinal, juste avant d’entrer en conclave

8 min de lecture
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Crédit : Antoine Mekary | ALETEIA

Sous la barrette rouge des 133 cardinaux appelés à entrer en conclave le 7 mai prochain, une idée vertigineuse s’est imposée peu à peu ces derniers jours : l’un d’eux sera le futur pape. Pendant cette période de Sede vacante, les cardinaux, réunis au Vatican pour les congrégations générales, ont pu réfléchir au choix inéluctable qui les attend. Plusieurs d’entre eux ont confié à I.MEDIA la manière dont ils se préparent à ce moment historique.

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"Nous sommes désarmés", confie le cardinal Francesco Montenegro, archevêque émérite d’Agrigente, avant de franchir le portail du Saint-Office. Comme beaucoup, ce Sicilien de 78 ans témoigne de la difficulté de la tâche qui l'attend. Plus de huit électeurs sur dix n’ont jamais participé à un conclave. Et le pape François a peu sollicité le collège cardinalice durant son pontificat, même si certains membres ont pu nouer des liens à l’occasion de synodes organisés à Rome. Beaucoup reconnaissent se connaître encore mal, un sentiment renforcé par la dispersion géographique inédite du collège (70 pays).

En préparation au scrutin, qui s’ouvre ce mercredi 7 mai, les "hommes en rouge" se retrouvent chaque matin — et parfois l’après-midi — dans l’amphithéâtre de la salle Paul VI pour participer aux congrégations générales. Ces assemblées à huis clos permettent de faire l'inventaire du pontificat de François, d’exposer les défis qui attendent l’Église, et surtout de découvrir les autres cardinaux. Contrairement au conclave, les cardinaux non électeurs — âgés de plus de 80 ans — peuvent également y assister et s’exprimer. Si l’ambiance est feutrée, elle peut parfois être animée, comme lors d’une intervention du cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong de 93 ans et critique acerbe de certains axes du pontificat de François. Le cardinal Joseph Coutts, archevêque émérite de Karachi, ironisait lundi : "Les disputes n’ont pas encore commencé".