L’une des premières décisions que devra prendre le prochain pape à l'issue du conclave sera le choix de son nom. Mais d’où vient cette tradition et comment le choix se fait-il ?
Lorsqu’il est élu par les cardinaux électeurs lors du conclave, le nouveau pape doit répondre à la question du cardinal doyen : Quo nomine vis vocari ? (De quel nom voulez-vous être appelé ?). Cette pratique remonte au VIe siècle où le premier pape à avoir changé de nom a été Jean II, élu en 533. Avant lui, les papes utilisaient généralement leur nom de baptême. Nommé Mercurius, en référence au dieu païen Mercure, il a décidé de le troquer pour un prénom chrétien. Mais la tradition de changement de nom s’installe réellement quatre siècles plus tard.
Comme dans la Bible, où Dieu insuffle de nouveaux prénoms pour marquer un appel ou une transformation spirituelle, le changement de nom du pape symbolise une nouvelle vocation. Dans l’Ancien Testament, Abram devient Abraham, "le père de tous", en réponse à la promesse d’une descendance nombreuse et d’un peuple élu (Gn. 17, 4). Dans le Nouveau Testament, Simon est renommé Pierre recevant la mission d’être la pierre sur laquelle le Christ édifiera son Église (Mt. 16, 18). Il en est de même dans la vie monastique, où le novice choisit un nom religieux au moment de la prise d’habit, marquant son entrée dans une nouvelle vie tournée vers Dieu. N’ayant pas de supérieur hiérarchique à qui se soumettre, à part le Seigneur, le chef de l’Église catholique est donc le seul à choisir son nouveau nom et c'est l’un des premiers actes en tant que nouveau pontife.
Quel nom pour le prochain pape ?
L’histoire enseigne que bon nombre ont choisi de reprendre celui d’un prédécesseur. Ainsi, certains noms ont été choisis plus de dix fois. Dans l’histoire de la papauté, les "Jean" arrivent largement en tête avec 21 papes portant ce prénom, suivis par les "Grégoire" et les "Benoît" au nombre de 15. Les "Clément" sont 14. Il faut aussi compter 13 "Léon" et "Innocent" et 12 "Pie". S’il y a effectivement Jean XXIII et Benoît XVI, leurs numéros d’ordre tiennent aussi compte des antipapes. Ainsi, pour arriver aux 21 Jean, il faut soustraire à la liste des successeurs de Pierre, l’antipape Jean XVI (997-998) et Jean XX qui n’a sans doute jamais existé. De même à la liste des "Benoît", il faut retirer l’antipape Benoît X (1058-1059). Parmi les noms que pourrait prendre le futur pape figurent ainsi Jean XXIV, Grégoire XVII, Léon XIV, Clément XV, Boniface X ou encore Innocent XIV.
Le nouveau pape pourrait décider de s’inscrire dans le sillage des derniers pontifes, optant alors pour un "François II", un "Benoît XVII" ou bien un "Jean Paul III". Il pourrait également choisir un nouveau prénom. En 2013, le cardinal Bergoglio avait fait ce choix en prenant le nom de François, en référence au saint qui lui était cher, saint François d’Assise. Cela faisait 1.100 ans qu’un nouveau nom n’avait pas été introduit – même si Jean Paul Ier avait pour la première fois introduit un nom composé.












