À l’approche du conclave le 7 mai, Aleteia propose chaque jour le portrait de l’un des cardinaux électeurs dont la voix promet de porter. Fils d’une Hongrie sous emprise communiste, le cardinal Péter Erdö, 73 ans, est un théologien rigoureux, pasteur discret, qui incarne aujourd’hui un conservatisme éclairé, nourri d’une profonde expérience de l’Est européen.
Péter Erdö est né en 1952 dans la capitale Budapest. Il dit se souvenir de l’agitation du mouvement insurrectionnel de 1956, alors qu’il n’avait que quatre ans. Son père, avocat de formation, fut empêché d’exercer son métier parce qu’il était catholique pratiquant, tout comme sa mère. "Ils avaient pris une décision grave et importante : qu'est-ce qui est le plus important, la religion ou l'avancement dans la société ?", racontera, des années plus tard, le cardinal Erdö. "Ils ont choisi leur foi."
Ses parents l’inscrivent au catéchisme dès son plus jeune âge, mais le prêtre en charge des cours est emmené par la police. Le pouvoir hongrois, à la botte du Kremlin, tente de séculariser toutes les structures sociales du pays et d’en chasser l’Église, cependant cette dernière reste autorisée même si elle est contrôlée sévèrement par le Parti communiste, tout comme quelques établissements scolaires. C’est dans l’un d’entre eux, un établissement piariste de Pest, qu’il est envoyé par ses parents. Il dit y avoir reçu une solide éducation, notamment sur le plan religieux. Excellent élève, on l’encourage à devenir ingénieur mais il envisage plutôt de devenir géographe, se disant passionné par la cartographie. Au contact d’un aumônier, il va cependant comprendre "la présence eucharistique", et de cette "joie" d’assister à la messe naîtra selon lui sa vocation de prêtre. Après son service militaire, il rentre donc au séminaire d’Esztergom.













