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Reliques : combien d’épines de la couronne du Christ sont encore visibles

Une couronne d'épines (image d'illustration).

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Valdemar de Vaux - publié le 18/04/25 - mis à jour le 06/08/25
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La couronne d’épines du Christ est conservée à Notre-Dame de Paris, mais sans ses épines, qui sont dispersées dans de nombreux sanctuaires. Tour d’horizon de reliques qui ont avant tout pour objet d’aider les fidèles à contempler l’amour rédempteur de Dieu.

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Je sème l'espérance

Qui est déjà rentré dans l’abbatiale Saint-Pierre, sombre et grave, à Solesmes, et s’est avancé jusqu’au transept a pu voir l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture gothique. Côté sud, la pierre est devenue de la dentelle pour représenter l’ensevelissement du Christ, surélevé d’un Golgotha avec ses trois crucifix et d’une multitude de détails significatifs. Mais pourquoi un tel ensemble, à cet endroit ? Pour vénérer une relique. Ce monument est un reliquaire, celui d’une Sainte-Épine, témoin de la Passion du Seigneur couronné avec ironie par ses bourreaux.

Mise au tombeau du Christ dans le transept de l'Eglise abbatiale Saint-Pierre de Solesmes.

Mais, direz-vous, la couronne d’épines n’est-elle pas enchâssée à Notre-Dame de Paris, où elle a fait un retour triomphal le 13 décembre dernier à l’occasion de la réouverture de l’édifice qui lui sert d’écrin depuis la Révolution française ? À vrai dire, celle-ci est "constituée d’un cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d’or. Elle ne comporte plus aucune épine tant celles-ci ont été dispersées dans le monde au cours de l’histoire", explique le site de la cathédrale parisienne.

Trop d’épines pour une couronne ?

Combien d’épines existe-t-il ? Où sont-elles donc aujourd’hui ? Et, surtout, pourrait-on faire plusieurs couronnes avec toutes les épines encore en circulation ? Peut-être, il est bien difficile de l’affirmer ou de l’infirmer. Mais, si l’Église attache de l’importance à la véridicité des reliques, en particulier celles de la Passion (Croix, Sainte-Tunique, Linceul…), cela n’empêche guère que l’intérêt pastoral et spirituel soit ailleurs. Dans le fait de contempler avec les sens, dans la logique de l’incarnation, des objets qui aident à comprendre le Mystère pascal. Et à rendre grâce pour le don de la vie éternelle.

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La relique de la sainte Couronne d'épines, conservée à Notre-Dame de Paris.

Ces bienfaits spirituels et pastoraux – et sûrement un brin d’intérêt trop humain – ont conduit les uns et les autres à offrir les épines de la couronne du Christ en signe de gratitude et pour soutenir les fidèles. Voilà l’explication principale de la dispersion de ces petits morceaux de bois. Saint Louis lui-même, par exemple, offrit une épine à la basilique du Puy-en-Velay en 1239. La lettre est encore conservée aujourd’hui, mais la relique est depuis la Révolution dans une châsse classée monument historique dans le trésor de l’église Sainte-Marie-de-la-Visitation, à Saint-Étienne (Loire).

Son sixième fils, Robert de Clermont, premier de la branche des Bourbon, apporta une autre épine à Bourbon-l’Archambault (Allier). Gardée d’abord dans une Sainte-Chapelle au château, avec d’autres reliques insignes, elle est désormais dans l’église Saint-Georges et fait l’objet de processions. Plus au sud, l’on retrouve quatre épines à l’église Saint-Matthieu de Perpignan (Pyrénées-Orientales), gardées encore aujourd’hui par la Confrérie des Saintes-Épines qui continue de vivre d’une spiritualité "passioniste". Elles viennent d’un legs de saint Louis à son fils Philippe mort à Perpignan.

Des épines qui précèdent saint Louis

Les épines vénérées comme reliques de la Passion à travers le monde ne sont pour autant pas seulement issues de la dynastie française. À Solesmes, l’épine évoquée plus haut avec son superbe reliquaire de pierre est, d’après la tradition, un don de Raoul de Sablé, seigneur local et descendant du fondateur, revenant de la première croisade. Fait original, celle-ci est vénérée habituellement le lundi saint, après None. Rome, capitale de la chrétienté latine, a, elle aussi, ses épines, tracées depuis le IVe siècle, celui durant lequel Constantin se convertit et sa mère, Hélène, "invente" les reliques de la Passion en Terre sainte. Ces deux morceaux de la couronne sont conservés dans la basilique de la Sainte-Croix-de-Jérusalem.

Ailleurs, l’on trouve une épine à Florence (église Santa-Croce-Opera), les traces d’une autre, semble-t-il perdue, à Gand (Saint-Michel), des évocations à Bruxelles (cathédrale Saints-Michel-et-Gudule) ou à Pavie. Et dans beaucoup d’autres endroits, relevés notamment par Charles Rohault de Fleury, père de l’architecte du Sacré-Cœur de Montmartre, dans son Mémoire sur les instruments de la Passion. Et, si les épines de la Sainte-Couronne ne suffisent pas, d’autres épines sont vénérées comme reliques "de contact", parce qu’elles ont touché la couronne parisienne.

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