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France-Algérie, le pire est-il toujours sûr ?

4 min de lecture
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Crédit : Aleteia

Dix jours après la visite du ministre des Affaires étrangères français à Alger, la situation se tend à nouveau entre la France et l’Algérie, avec l’expulsion de douze diplomates français. Comment sortir de l’éternelle rengaine de la méfiance entre deux peuples qui, pourtant, ont beaucoup à se dire ? se demande l’écrivain Xavier Patier.

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On a l’impression de revoir indéfiniment le même film : la querelle entre l’Algérie souffrante et la France angoissée fait songer à la mer de Paul Valéry contemplée depuis les auteurs de Sète, toujours semblable et toujours recommencée. On ne prend pas les mêmes, on en prend d’autres. Mais on recommence quand même. Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune manifestent la même impuissance à se parler paisiblement que naguère Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika et avant eux les présidents Benjedid et Mitterrand, pour ne pas citer Valery Giscard d’Estaing et Houari Boumédiène ou, dans le registre opérationnel, Bruno Retailleau et Kamel Beldjoudj aujourd’hui.

Les années qui passent n’y font rien : ce n’est pas la bonne volonté qui manque de part et d’autre, en tout cas pas toujours, mais la confiance. Dans les relations franco-algériennes, le pire est toujours sûr. Tous les coups sont fourrés. Qui veut des applaudissements à peu de frais se doit de souffler sur les braises. Si vous voulez obtenir le suffrage en France, vous avez intérêt à insister sur le caractère corrompu et dictatorial d’un régime algérien qui n’est toujours pas parvenu à l’âge adulte. En Algérie, vous devez fonder votre fonds de commerce sur les abus de la colonisation.