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Foin des experts, vivent les amateurs !

8 min de lecture
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Crédit : ANP via AFP

Le "faux Vermeer", Les disciples d'Emmaüs, signé du faussaire Hans Van Meegeren.

Le mépris de l’amateur selon les critères de ce monde est un appauvrissement considérable de notre capacité à créer et à correspondre à ce que nous sommes vraiment, estime le père jésuite Jean-François Thomas.

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Il fut un temps, pas si éloigné, où le talent et les compétences ne se jugeaient pas sur la liste de ses diplômes et sur son supposé professionnalisme, mais sur son esprit créatif, sa constance à la tâche, son investissement enthousiaste et sur la longue durée. Ainsi se firent de grandes personnalités, dans tous les domaines, certaines devenant célèbres et les autres remplissant leur mission avec le sentiment du devoir accompli : artistes, artisans, paysans, médecins, hommes de science, serviteurs de la nation, etc.

Notre époque a plutôt tendance à juger sur les titres, tout en sachant que le niveau intellectuel, les connaissances et l’inventivité ont peu à faire avec des spécialisations au titre ronflant puisque chacun s’accorde à reconnaître la chute catastrophique de la culture, y compris chez ceux considérés comme détenteurs d’un savoir. Bien sûr des exceptions demeurent, mais le climat général est morose et inquiétant, car il est porté par des professionnels qui ne possèdent pas forcément les compétences requises. Cela explique peut-être en partie la rareté notamment de la création artistique du plus haut niveau.