29 octobre 2020 : le sang se répand sur les dalles de la basilique Notre-Dame de Nice. Lorsque la police municipale arrive sur place, elle découvre avec horreur trois corps dans un état insoutenable. Nadine Devillers, Vincent Loquès, et Simone Barreto Silva ont été sauvagement assassinés. Face à eux, un homme ensanglanté muni d'un couteau, vociférant aux cris d'Allah Akbar. Brahim Aouissaoui, Tunisien aujourd'hui âgé de 25 ans, avait quitté son pays dans la nuit du 18 au 19 septembre 2020. Passant d'abord par l'Italie, il avait ensuite débarqué sur le sol français à Nice, avant de passer manifestement plusieurs heures en repérage autour de la basilique le 28 octobre. Le lendemain, en à peine dix minutes, Aouissaoui s'en prenait successivement à trois innocents.
Le 10 février 2025, cinq ans après les faits, l'accusé comparaissait sur les bancs de la cour d'assises spéciale pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Si durant toute l'instruction et la majeure partie de son procès, il prétendait ne se souvenir de rien, son amnésie a été identifiée par les experts appelés à la barre comme un "système de défense", utilisé par le terroriste "pour se disculper des faits qui lui sont reprochés". Le 24 février, il passait enfin aux aveux, justifiant son acte comme une vengeance envers l'Occident mais invoquant toujours la perte de mémoire quant aux circonstances exactes de l'attentat. Au milieu de l'horreur rappelée chaque jour par les différentes auditions, quelques éclats d'humanité se sont glissés, jetés au visage pourtant impassible de Brahim Aouissaoui qui n'a pour le moment pas montré une once de regret ni de repentir. Les policiers municipaux, primo intervenants dans la basilique au péril de leur vie, ont ainsi raconté avec humilité leur intervention à la fois périlleuse et traumatisante. "On s’est dit qu’il y avait peut-être des gens qu’il fallait secourir. Alors on y est allé", raconte ainsi l'un d'entre eux selon La Croix.
L'hommage aux trois victimes s'est révélé particulièrement émouvant, donnant à voir la profondeur de leur foi et leur courage : Nicole, dont la foi n’a pas failli en dépit d’une vie marquée par les épreuves, se rendait à la basilique pour prier avant d’aller travailler. Vincent, le sacristain, était quant à lui "le visage de la basilique". Aussitôt l’alerte donnée après le meurtre de Nadine, il n’avait pas hésité à rentrer à son tour dans l’édifice. Quant à Simone, elle est rentrée dans la basilique, malgré le danger, pour tenter d’aider les premières victimes.
Nous avons estimé que la vie est un combat et que ce combat, nous devions le mener.
Le courage aussi, malgré la douleur et la fragilité, des familles. Comme celui de Jonathan, fils de Simone Barreto Silva. Aujourd'hui âgé de 15 ans, le jeune homme n'en avait que 10 quand sa mère a été assassinée. "Je retourne alors au collège mais je n’arrive pas à me concentrer. Je pleure tout le temps, je n’arrive plus à faire mes devoirs", a-t-il eu le courage de dire à la barre (La Croix), avant d'affirmer avec force : "Je m’entraîne à la maison. Si un jour il y a un problème pour ma famille ou pour ma sœur, je veux pouvoir les défendre". Le mari de Nadine aurait fêté avec sa femme ses 26 ans de mariage le 31 octobre 2020. Malgré le déchirement, "je n'ai pas de haine contre lui (le terroriste, N.D.L.R), car la haine, cela vous transforme. Cet homme a détruit ma vie, mais il a aussi détruit la sienne."
Malgré l'horreur, le père Parmentier, prêtre de la paroisse, avait décidé de ne pas fermer la basilique. "Nous avons estimé que la vie est un combat et que ce combat, nous devions le mener", a-t-il déposé à la barre au neuvième jour du procès. Bien que profondément marqué par l'attentat, le père Parmentier a tenu faire prévaloir la notion de pardon. "On se dit que l’homme n’est pas condamné à faire le mal, qu’il peut aussi faire de belles choses", a-t-il ainsi assuré. "Le pardon, ce n’est pas excuser. C’est penser que tout homme est capable d’être plus grand que le mal qu’il a fait. Et je crois que cet homme est capable d’être plus grand que le mal qu’il a fait".

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