Discrètement, le Premier ministre a reçu ce jeudi 16 janvier le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. Une courtoisie diplomatique élémentaire que François Bayrou, en gardien ombrageux d’une laïcité plutôt négative, n’a pas toujours défendue, rappelle l’écrivain Xavier Patier.
Le Premier ministre François Bayrou se revendique sans fard comme catholique, ce qui ne l’empêche nullement, comme quelques-uns de ses coreligionnaires, de se montrer fort ombrageux quand il s’agit de laïcité. Tellement ombrageux d’ailleurs qu’on finit par ne pas bien comprendre ses prises de position.
En 2005, au moment de la mort du pape Jean Paul II, qui pour ma génération a été le pape d’une vie, je me souviens que le Béarnais catholique s’était opposé fermement à la mise en berne des drapeaux décrétée par le président laïque Jacques Chirac. Pas de deuil républicain pour le Pape, foi de François Bayrou ! L’agrégé qui allait à la messe avait oublié — ou peut-être ne voulait pas se rappeler — que les gouvernements “bouffeurs de curés” de la IIIe République n’avaient jamais omis de célébrer le deuil des papes défunts par une mise en berne du drapeau, qu’il s’agît de Léon XIII, de Pie X ou de Benoît XV et que, s’agissant de la disparition de Jean Paul II, le leader maximo Fidel Castro en personne avait décrété trois jours de deuil national à La Havane.












