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“Conclave” : heureusement que les apôtres n’ont pas vu le film !

8 min de lecture
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Crédit : Aleteia

Donner le maximum de force visuelle aux clichés de l’esprit du monde, tel est au fond le projet de "Conclave", analyse notre chroniqueur Henri Quantin. Le héros du film est un cardinal qui voit dans la certitude le plus redoutable des péchés. Où donc, dans les Évangiles, le Christ invite à douter ? demande l’écrivain.

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Dans un texte très méchant — et très vrai — sur Jacques Prévert, Michel Houellebecq a ce jugement expéditif : "Le cinéma français ne s’est en fait jamais relevé de l’avènement du parlant ; il finira par en crever, et ce n’est pas plus mal." On est tenté de faire le même constat pour le cinéma américain devant Conclave. La version muette du film serait sans doute à peu près supportable : on y admirerait les cadrages de portes, l’incontestable supériorité visuelle de la soutane sur le pantalon en velours, la jolie chorégraphie des parapluies blancs que tiennent des hommes en noir et rouge (et plus globalement la réussite esthétique de la prédominance de ces trois couleurs). De tout cela se dégage une symbolique un peu lourde, mais assez efficace, qui oppose sans cesse l’ouverture et la clôture. Fenêtres condamnées, volets qui se ferment, porte sous scellés, longs couloirs sans lumière extérieure soulignés par des cadres de portes impeccables, tout est là pour donner son sens aux dernières images, dans lesquelles le doyen du Sacré collège ouvre une fenêtre et voit des religieuses franchir une porte pour sortir des lieux.

Un académisme un peu trop léché