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Est-il juste de taxer les riches ?

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Crédit : Roamain P19 | Shutterstock

Pour renflouer les caisses de l’État, le Premier ministre compte sur la contribution exceptionnelle de 65.000 foyers fiscaux "fortunés". Est-il juste de taxer les riches, a priori aucunement responsables du déficit public ? Les réponses de l’économiste Marc de Basquiat.

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Dans cette période de discussion budgétaire à l’Assemblée nationale, qui voit les groupes politiques rivaliser de créativité fiscale, comment apprécier le devoir de chacun dans le redressement des comptes publics ? Que dit la doctrine sociale de l’Église au sujet de l’impôt ? Nous avons tous à l’esprit dans l’évangile de Marc (Mc 10, 17-31) ce jeune homme riche accouru à la rencontre de Jésus qui, l’ayant regardé, l’aima et lui dit : "Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel." Cette phrase et l’échange qui suit avec les disciples ont façonné notre culture catholique. Si Jésus ne condamne aucunement le riche, il met sévèrement en garde "ceux qui se confient dans les richesses". Cette hiérarchie de valeur entre les biens matériels et spirituels a inlassablement été rappelée par le magistère, par exemple par Jean Paul II dans Laborem exercens en 1981 : "Le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l’usage commun, à la destination universelle des biens" (LE, n. 14). 

Comprendre le bien commun