La santé mentale est la grande cause nationale de l’année 2025. Selon l’OMS, la maladie mentale et les troubles psychiques touchent près d’1/5 de la population, soit 13 millions de Français. Plus d’un quart d’entre eux consomme des anxiolytiques, des antidépresseurs, des somnifères et autres médicaments psychotropes. 15 à 20% de personnes connaissent des épisodes dépressifs au cours de leur vie. On a observé une accélération sans précédent des dépressions pendant les crises du Covid en 2020. En France, le suicide est la première cause de mortalité entre 15 et 35 ans…
Les causes
La santé mentale au travail ? 47% des salariés affirment être en détresse psychologique et 32% sont en risque de burn-out, selon la 15ème édition du baromètre sur la santé mentale au travail de Empreinte Humaine en partenariat avec Ipsos bva. Seulement 10% des salarié.e.s évoluent dans un climat de sécurité psychologique élevé. Un salarié sur trois dit vivre une solitude sociale au travail. On pourrait poursuivre ce constat alarmant. Nombre de salariés souffrent du manque de temps qui constitue pour eux la cause n°1 de leur mal-être. Que dire de ceux vont au travail sans enthousiasme ? L’environnement, les conditions de travail, la pression de la performance font partie des causes multiples de leur mal-être. Malgré les mesures proposées, peu d’organisations se soucient véritablement d’une démarche de prévention des risques psychosociaux auprès de leurs salariés. La prise en charge des troubles psychiques mérite une approche globale, or le recours systématique aux médicaments masque parfois les véritables causes qui peuvent être d’ordre social, culturel ou existentiel. Une approche holistique de la santé mentale, qui intègre les dimensions psychologiques, sociales et philosophiques, est donc nécessaire. Nous n’aborderons pas ici les dimensions environnementales et organisationnelles qui mériteraient un long développement, pour explorer brièvement trois pistes : le corps, le psychisme et l’éthique.
Notre corps, premier partenaire de notre santé mentale
L’être humain est d’abord un être de sensations, qui est stimulé ou affecté par son hygiène de vie : "Prenez le temps de bien manger", conseille sans ambages le site du gouvernement du Québec. Avez-vous suffisamment dormi ? Faites-vous de l’exercice régulièrement ? Vous réservez-vous des moments de détente ? Pour Aristote, la tempérance sert non seulement à réguler les désirs, mais à instaurer une discipline de vie qui soutient notre santé physique et morale. On redécouvre aujourd’hui le rôle prépondérant du corps sur le mental : respirer lentement et profondément active par exemple le système nerveux parasympathique responsable de la relaxation, ce qui aide à apaiser l’anxiété et les tensions.
Notre psychisme, un équilibre à défendre
Le corps alimente notre psychisme par des représentations (images mentales) et des affects (plaisir ou stress)., Dans le monde du travail, l’information circule aujourd’hui instantanément et alimente le culte de la performance ou de la productivité à tout prix, le sens de l’honneur typiquement français dont parle si bien le philosophe Philippe d’Iribarne, qui pousse à en faire plus que demandé, l’entretien et la défense de sa "réputation professionnelle"… Ces injonctions affectent notre psychisme. D’où un travail sur soi à faire seul ou non, pour refuser de subir les images et les stress quotidiens. Cela suppose notamment de comprendre le fonctionnement des médias et des réseaux, de redéfinir son positionnement à leur égard et de restaurer le véritable sens que l’on veut donner à son activité professionnelle.
L’éthique, grande oubliée de la santé mentale
On parle rarement de la relation entre l’éthique et la santé mentale. Pourtant, le harcèlement, l’injustice ou le manque de reconnaissance, sont clairement des comportements qui portent atteinte à la personne dans ce qu’elle a de plus humain au-delà même de sa santé psychique : la blessure vécue par de tels comportements est profonde. Rappelons que le management n’est pas seulement un savoir-faire, mais aussi une relation humaine fondée sur le respect mutuel. Il y a là un immense travail à engager dans nombre de milieux professionnels, pour lutter contre les pratiques toxiques, mieux servir les valeurs humaines et protéger la santé mentale de tous !










