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La rentrée, quelle rentrée ?

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Crédit : Aleteia

Paul Airiau.

La "rentrée" telle qu’elle se déroule désormais cache la fin d’une une vie collective rythmée par les mêmes repères. L’historien Paul Airiau observe que la société n’a plus d’ancrage véritable dans une mémoire et des rites partagés que le catholicisme tissé avec le monde rural avait su constituer.

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C’est donc bientôt, incessamment sous peu, maintenant, la rentrée. Après les sacro-saintes vacances, la sacro-sainte rentrée. La chose est tellement évidente que c’est enfoncer une porte ouverte que de le rappeler. Et pourtant, non, rien de tout cela n’est évident. La synchronisation des rythmes sociaux est en effet loin d’être absolue, quoi qu’une illusion d’optique issue des années 1960-1970 puisse le laisser penser. Certes, en ces temps anciens, voire presque bientôt sénescents, une certaine cohésion collective s’était effectivement mise en place autour de l’été. 

L’extension de la scolarité jusqu’à 16 ans par la loi Berthoin (1959) fait pleinement ressentir ses effets à partir de 1967. Une masse croissante d’adolescents entre ainsi plus tardivement dans la vie active, et se retrouve à connaître désormais les vacances scolaires et la "rentrée des classes". La déflagration de mai 1968 débouche de son côté sur une quatrième semaine de congés payés — il fallait acheter le retour à l’ordre. Les vacances des salariés peuvent désormais se caler sur un mois complet. La synchronisation estivale des calendriers des parents et de leurs enfants peut ainsi s’opérer, même si la zonation des vacances d’hiver et de printemps, pour favoriser le tourisme des sports d’hiver, crée des éléments de désynchronisation.