Vivre sans projet, est-ce possible ? Pour Pierre d’Elbée, vivre à tout prix en "mode projet" pour "se réaliser" n’est pas nécessairement une bonne option. "Quitter la dictature de l’après" peut être un art de vivre à redécouvrir.
"Quel est ton projet ?" Je me suis rendu compte du caractère provocateur de cette question le jour où j’ai eu affaire à des SDF. Leur projet ? Survivre dans un monde hostile. D’ailleurs, survivre n’est même pas un projet, mais un mode de vie qui se concentre sur les besoins primaires : se loger, se nourrir, se vêtir. Dès qu’on accède à un minimum de sécurité, alors oui, on peut envisager un projet personnel, professionnel, passionné et passionnant…
Lorsqu’une cliente me demande un jour si "un professionnel doit forcément avoir un projet", j’avoue mon étonnement, tant je partage comme une évidence le point de vue de nos sociétés formatées par une culture du projet. Le mot "projet" offre une garantie de dynamisme, il rassure : quelle que soit leur taille, les institutions comme les entreprises poursuivent un projet, les communautés territoriales et les administrations fédèrent leurs activités sous un socle commun et les écoles elles-mêmes, présentent leur "projet pédagogique".









