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Réindustrialiser la France, un enjeu majeur pour créer des emplois

SANOFI-INDUSTRIE-GROUPE-PHARMACEUTIQUE-AFP

Thomas SAMSON / AFP

Site industriel du groupe pharmaceutique Sanofi à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne)/

Hubert de Boisredon - publié le 14/05/24

Le chef d’entreprise Hubert de Boisredon se réjouit des investissements massifs annoncés le 13 mai lors du sommet Choose France ("Choisissez la France !"), destiné à promouvoir l’attractivité française auprès des grandes entreprises. Comme l’a rappelé le pape François, la création d’emplois par les entrepreneurs est un moyen de plus en plus important pour participer au bien commun.

À l’occasion de la septième édition du sommet Choose France qui s’est tenue au château de Versailles en présence de 180 dirigeants d’entreprises étrangères, le président de la République Emmanuel Macron a vanté le dynamisme de l’économie française, la réindustrialisation du pays et son attractivité malgré le ralentissement mondial. À la clé, sont annoncées 56 décisions d’investissement pour un montant de 15 milliards d’euros dans la décarbonation, l’intelligence artificielle (IA) et la finance notamment.

Un montant record d’investissements

La filiale Blue Solutions du groupe Bolloré envisage d’investir 2,2 milliards d’euros dans une usine de batteries solides qui se situerait dans la région Grand Est, à un carrefour logistique entre la France et l’Allemagne, ce qui pourrait se traduire par la création de 1.500 emplois à l’horizon 2030. Microsoft annonce pour sa part un investissement de 4 milliards d’euros pour la création d’un nouveau centre de données, et l’agrandissement de deux sites existants, l’un en Île-de-France, l’autre à Marseille, soit le placement le plus important jamais réalisé par le géant américain de l’informatique dans l’Hexagone. 

De son côté, l’espagnol FertigHy pourrait construire dans la Somme sa première usine bas carbone d’engrais pour 1,3 milliard. Le groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé lundi un investissement de 1,2 milliard d’euros dans la production de médicaments en France, avec la construction d’une nouvelle usine sur son site de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). L’objectif est de doubler la capacité de production d’anticorps monoclonaux, utilisés dans le traitement des cancers, les maladies auto-immunes et les maladies infectieuses, sur le site, indique le groupe dans un communiqué. Le laboratoire a pour ambition de devenir un champion mondial de l’immunologie en visant des maladies comme l’asthme, la sclérose en plaques, le diabète de type 1 ou encore la bronchite chronique. Ce montant record d’investissements va favoriser la réindustrialisation du pays et permettre la création de quelque 10.000 emplois, sans compter les emplois indirects.

Une attractivité encourageante

Cette impulsion est bienvenue quand on sait que la production industrielle hexagonale reste inférieure de près de 6% à son niveau d’avant le Covid. Le gouvernement s’est fixé l’objectif ambitieux de monter la part de l’industrie dans le PIB de moins de 12% à 15% pour rejoindre la moyenne européenne, ce qui sera long et laborieux tant la France comme l’Europe sont menacées dans des secteurs stratégiques par la Chine et les États-Unis. Dans un article des Échos de ce 13 mai, l’éditorialiste Dominique Seux explique que selon l’Elysée, “700 ouvertures nettes sont prévues sur la période 2022-2027, avec 120.000 emplois escomptés sur la même période. Dans la mesure où 600 usines auraient fermé entre 2008 et 2017, la tendance est en train de s’inverser”. Même si l’industrie en France reste très loin des niveaux d’il y a vingt ans, ce dynamisme est une bonne nouvelle. 

Certains diront certainement que ces informations économiques n’ont rien de « spirituel » et par ailleurs que ces investissements capitalistiques massifs, avec moins de 200 emplois par projet, ne sont pas si créateurs d’emplois que cela, ce qui est exact. Néanmoins, l’attractivité nouvelle de la France est encourageante et en ce sens, nous incite à nous réjouir. Selon le baromètre d’Ernst & Young (EY), avec 1.194 projets annoncés, la France a conservé en 2023 la première place européenne pour l’accueil des investissements étrangers, et ce pour la cinquième année consécutive. Par ailleurs, 76% des 204 dirigeants interrogés par EY pensent que la France peut encore améliorer son attractivité d’ici trois ans.

Des emplois pour le bien commun

Ces investissements créateurs d’emplois s’inscrivent dans l’encouragement du pape François aux chefs d’entreprise adressé lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (la REF) le 13 juillet 2023. Il affirmait : 

Quand je pense aux chefs d’entreprise, le premier mot qui me vient à l’esprit est “bien commun”.  Il n’est, en effet, pas possible aujourd’hui d’imaginer une amélioration du bien commun, c’est-à-dire de la vie économique et sociale, de la justice, des conditions de vie des plus pauvres, sans considérer les entrepreneurs comme des acteurs du développement et du bien-être. Vous êtes un moteur essentiel de la richesse, de la prospérité, du bonheur public.

Pour le Pape, en effet, “un moyen de plus en plus important pour participer au bien commun aujourd’hui est la création d’emplois, des emplois pour tous, en particulier pour les jeunes… Chaque nouvel emploi créé est une richesse partagée, qui ne finit pas dans les banques à produire des intérêts financiers, mais qui est investie pour que de nouvelles personnes puissent travailler et rendre leur vie plus digne”. 

Ces propos rappellent ceux de l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, selon lequel, “les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain”, soulignant ainsi le cercle vertueux de la macroéconomie. Il convient cependant de garder en tête le nécessaire discernement concernant l’utilité des biens et des services qui sont produits, afin d’éviter d’entretenir la spirale de la surconsommation dans notre monde aux ressources limitées. Entrepreneurs et investisseurs, nous devons innover, investir et prendre des risques pour créer des emplois, tout en veillant au bien des personnes et de l’environnement. Là est l’une de nos missions essentielles d’hommes et femmes entrepreneurs désirant contribuer au bien de tous.

Tags:
Bien communEntrepriseFranceSociété
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