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Le jansénisme n’est pas un fantôme

5 min de lecture
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Crédit : Shutterstock

Les ruines de l'abbaye Port-Royal des Champs, dans les Yvelines.

La lettre apostolique du pape François "Grandeur et misère de l’homme" a remis le jansénisme à la mode. N’est-il qu’une radicalisation des écrits de saint Augustin sur la grâce et la liberté ? Dans "Le Jansénisme, une théologie" (Cerf), Simon Icard répond à la question, mettant au jour les difficultés du catholicisme moderne à penser une œuvre commune à Dieu et à l'homme.

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"Jansénisme : on ne sait pas ce que sait mais il est très chic d’en parler." S’il n’est pas sûr que vous brillerez dans les dîners mondains en dissertant sur le jansénisme, la définition qu’en donnait Flaubert n’en reste pas moins actuelle, comme on a pu le voir lors du 400e anniversaire de la naissance de Blaise Pascal (1623-1662), marqué notamment par la lettre apostolique du pape François, Grandeur et misère de l’homme.

Quelle est donc cette étrange hérésie qu’on n’arrive pas à définir, sans réussir pourtant à s’en débarrasser, comme le sparadrap du capitaine Haddock ? Devant cet objet théologique non identifié, beaucoup de spécialistes se sont rangés à ce que les jansénistes disaient de leur propre doctrine : le jansénisme n’existe pas car il n’est rien d’autre que la théologie de la grâce de saint Augustin (354-430), que Rome a condamnée sans se l’avouer. Il est une illusion créée par les controverses sur la grâce, qui ont déchiré la théologie catholique du XVIe au XVIIIe siècle — un fantôme, comme on disait à l’époque.