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Comme Agathon, apaiser le ressentiment de son frère

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Sophie Baron - publié le 02/02/24

Que nous disent les Pères du Désert pour guider notre vie spirituelle, dans les circonstances très concrètes de notre vie ? Aujourd’hui, saint Agathon, mort en 370 dans le désert d’Égypte, évoque le cas d’une relation difficile. Oublier le mal d’autrui, c’est possible, mais apaiser son ressentiment, comment faire ?

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Saint Agathon, le grand ermite du désert de Scété, ne pouvait pas se reposer sans avoir l’âme en paix. Il disait : « Je ne me suis jamais endormi avec un grief contre quelqu’un et, autant que je le pouvais, je n’ai jamais laissé quelqu’un s’endormir avec un grief contre moi » (Agathon, 3). Sa première phrase fait clairement écho à saint Paul (Eph 4, 26) : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère. » Salutaire recommandation, car si on se couche avec l’âme enflammée de colère, on dormira sans doute mal, ressassant les torts dont nous croyons être victimes, imaginant des ripostes plus ou moins méchantes. Le lendemain, il sera dur de s’en débarrasser et surtout le ressentiment sera installé dans notre vie comme une donnée durable, produisant des fruits empoisonnés. Couper le fil le plus vite possible, voilà le remède, même si c’est dur. Retrouver notre liberté, et pour cela faire appel à des souvenirs plus heureux du temps où l’adversaire n’en était pas un. Supplier le Seigneur d’éloigner la tentation de nous venger, même de manière indirecte.

Aller au devant du ressentiment d’autrui

Mais Agathon ne s’en tient pas là, il s’agit maintenant de ne pas laisser quelqu’un s’endormir avec un grief contre nous. Beaucoup plus difficile, cela. On peut à la limite s’interdire le ressentiment et la colère, mais l’autre, il pense ce qu’il veut, ça ne nous regarde pas. S’il m’en veut pour quelque chose et que j’estime n’en être en rien coupable, c’est son problème. Je n’ai rien fait de mal, qu’il se calme ! Mais justement il ne va pas se calmer, il va souffrir, il va faire des cauchemars, il va être tenté de faire le mal.

Nous retrouvons là un commandement de Jésus : « Si donc tu viens présenter ton offrande à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; et alors viens présenter ton offrande » (Mt 5,23-24). Nous n’avons pas seulement à oublier notre ressentiment, mais à aller au-devant du ressentiment des autres, même si nous estimons n’avoir pas de tort envers eux. Comment est-ce possible ?

Accepter de n’avoir pas le bon rôle

D’abord rappelons-nous que notre conscience n’est peut-être pas aussi claire et pure que nous le pensons. Nous n’avons sans doute pas commis un tort objectif, mais nous avons peut-être fait tout ce qu’il fallait pour exaspérer l’autre, qui sait moins que nous se dominer et à qui nous avons fait encaisser le mauvais rôle, en nous drapant dans notre vertu offusquée ou notre calme ironique. Et cela est déjà un manque de charité, dont il faut d’urgence s’accuser pour que notre frère ne tombe pas dans la tristesse.

Et puis si nous ne savons vraiment pas quelle mouche l’a piqué, il va falloir lui demander gentiment quelle est notre faute, d’une façon qui ne l’humilie pas. Et là tout va sortir, le vrai comme le faux, l’exagéré sans doute. Si nous discutons, si nous essayons de remettre les pendules à l’heure, de nous justifier, cela va être de nouvelles tensions, des explications à n’en plus finir qui ne ramèneront pas la paix. Alors il vaut mieux céder, accepter de n’avoir pas le bon rôle, pour sauver notre frère et lui rouvrir la joie. Avec le recul, il reconnaîtra (peut-être) lui-même qu’il a exagéré. Mais l’essentiel n’est pas là. Comme dit Jésus : « Tu as sauvé ton frère » (Mt 18,15).

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