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Jamais Jésus n’a fait dans la demi-mesure

Chrystus podczas kazania na górze

Wikimedia Commons | Domaine public

Fresque du sermon sur la montagne (détail), par Henrik Olrik, dans l'église Saint-Matthieu de Copenhague (Danemark).

Louis Charles - publié le 07/12/23

Le sens de la mesure est une vertu, mais la vérité peut-elle s’accommoder de ce sens de la mesure ? Avec Jésus, si la vérité est souvent inconfortable, c’est justement parce qu’elle dépasse la mesure….

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« Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu »(Lc 11, 42). À l’aune de la sensibilité contemporaine, Jésus est inaudible. Il dépasse la mesure. Comme on dit aujourd’hui : « C’est abuser. » Mais à l’aune des critères actuellement en vigueur chez les catholiques aussi. On pourrait reprocher à Jésus de tenir des propos qui ne sont pas « suffisamment ajustés ». En d’autres termes, notre société, c’est-à-dire également nous-mêmes, lui reproche de dire des choses qui fâchent. De ne pas être assez mesuré. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduit à la croix : ses propos ont fini par être jugés intolérables au sens propre du terme. Et pourtant…

Pourtant un raisonnement est un raisonnement et parler de raisonnement mesuré n’a pas beaucoup de sens : la mesure renvoie à un aspect quantitatif, pas qualitatif. Appliquée au raisonnement, la mesure est un non-sens et le masque de l’autocensure. Un non-sens parce que ce qui est vrai est vrai — enjeu qualitatif — et pas vrai à 50% ou à 80% : dans ce cas on est dans le domaine du calcul de probabilité, pas dans un raisonnement qui a pour objet la vérité.

Le sens de la mesure : un critère prudentiel, pas de vérité

Quand on raisonne, il faut peser et soupeser les mots qu’on utilise pour exprimer sa pensée, être cohérent, coller à la réalité et rechercher en permanence la vérité. Mais on ne cherche pas à développer un raisonnement « mesuré ». Tout au plus peut-on chercher à avoir un discours « mesuré » dont l’objectif n’est pas de dire la vérité mais de pouvoir être accepté par des gens professant des opinions et défendant des intérêts variés. Mais ce n’est plus un raisonnement qui cherche à comprendre la réalité. Dans ce cas-là on tente simplement de créer un consensus, de parvenir à un accord.

Chercher ce qui est vrai c’est un devoir absolu, chercher à être « mesuré » est un devoir relatif.

C’est une démarche qui peut être légitime en fonction des circonstances si du moins le consensus ou l’accord se fait autour d’une vérité et non d’une injustice. Chercher ce qui est vrai c’est un devoir absolu, chercher à être « mesuré » est un devoir relatif. Ne pas dépasser la mesure est éventuellement une marque de bonne éducation mais ce n’est pas un critère de vérité. Si la vérité est souvent inconfortable c’est justement parce qu’elle dépasse la mesure… c’est-à-dire la nôtre. Par définition la vérité n’est pas subjective. Contrairement à nos opinions.

La vérité nous rend libres parce qu’elle est subversive

Ce qui est vrai est vrai, même si ce n’est pas consensuel. D’ailleurs, si la vérité peut nous rendre libres, c’est bien parce qu’elle est subversive et qu’elle dépasse les bornes de ce que nous sommes prêts à tolérer, parce qu’elle fait voler en éclat nos conventions. Chercher dans la mesure du possible à exprimer les choses de manière « mesurée » est louable. Et ce d’autant plus que plus ce que l’on a à dire est subversif sur le fond, plus il faut être irréprochable sur la forme. Dans la mesure du possible, sinon on verse dans le mensonge.

Si l’on fait du discours mesuré un devoir absolu alors on fait l’apologie du consensus au sein d’un groupe social, d’une communauté ou d’une corporation au détriment d’une vérité jugée secondaire voire subversive. C’est préférer avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. C’est préférer une injustice à un désordre. C’est préférer condamner Socrate, Jésus, Jeanne d’Arc ou le capitaine Dreyfus au nom d’un consensus. 

La vérité ou le déni

On ne peut à la fois appeler un chat un chat et le faire de manière mesurée car, in fine, nous n’avons le choix qu’entre reconnaître la vérité pour en vivre ou la refuser et vivre dans le déni. « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte » (He 4, 12-13). Jésus dépasse la mesure. Et nous ?

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