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[HOMÉLIE] Les aventuriers de l’Arche retrouvée

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IMdB

Indiana Jones : les Aventuriers de l'arche perdue (1981).

Martin Charcosset - publié le 07/12/23

Le père Martin Charcosset, curé de la paroisse d’Écully dans le diocèse de Lyon, commente les lectures de la solennité de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Le Oui de Marie fait de la mère du Christ la nouvelle Arche de l’alliance retrouvée avec Dieu au milieu de son peuple.

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Adam est-il donc passé ? Il a soudain disparu, dans la première lecture de ce jour de fête de l’Immaculée Conception, au livre de la Genèse, et cela évoquera à beaucoup de parents une situation trop familière. Ils le savent bien : il n’y a pas plus silencieux qu’un enfant qui vient de faire une bêtise. Lorsque dans la maison où, il y a cinq minutes encore, résonnaient les rires et les bruits de petites voitures, le silence se fait soudain, c’est rarement bon signe.

Intrigués par ce calme inhabituel, les parents vont voir dans la chambre, et ils constatent que leur intuition ne les a pas trompés : leur bambin a cassé le vase de la grand-mère, barbouillé son lit de peinture ou tondu les cheveux de sa petite sœur. Et il s’est dit que, s’il ne faisait plus un bruit, personne ne remarquerait son forfait… 

L’Arche des retrouvailles

Comme un enfant honteux, Adam n’est pas très fûté. Il se dénonce en même temps qu’il se cache de Dieu envers qui, désormais, il éprouve de la peur et du soupçon. Alors, comme un père attentif et patient, Dieu va entamer un long processus pour renouer la confiance abîmée. De patriarches en prophètes, de génération en génération, étape par étape, il prépare les retrouvailles qu’il désire tant. Au cours de ce processus, pour former son peuple à la liberté, Dieu lui donne une loi, le Décalogue ; et, parce qu’elle est précieuse, il lui demande de la conserver dans une arche, c’est-à-dire dans un coffre portatif. Cette Arche exprimera la prévenance de Dieu et sa présence réelle au milieu de son peuple : pendant l’Exode, elle le précédera dans sa marche vers la Terre Promise ; à Jérusalem, le Temple sera construit pour l’abriter et pour inviter les croyants à se rassembler autour d’elle, dans la louange.

Où l’Arche d’Alliance est-elle donc passée ? On perd sa trace lorsque les Babyloniens prennent Jérusalem, au VIe siècle avant Jésus-Christ, et le mystère de sa disparition a été une aubaine pour Steven Spielberg, au moment où il imaginait la première aventure d’Indiana Jones. Aujourd’hui, plutôt que de chercher au fond d’une grotte ou d’un entrepôt ce fameux coffre de bois et d’or, nous tournons notre regard vers la Vierge Marie, dont l’Église fête ce 8 décembre l’Immaculée Conception.

Marie n’a pas, à haute voix, dit « Oui », mais elle a été elle-même un Oui plein et parfait au projet de Dieu, pour être l’Arche du Christ.

Comme l’Arche d’Alliance, elle a été voulue et préparée de longue date, calibrée avec soin et précision, afin de transporter vers le monde le trésor de Dieu, le moyen de sa réconciliation avec l’humanité : son propre Fils, Jésus-Christ. Aussi, dès le premier instant de sa vie, Dieu, comme un artisan et un orfèvre, l’a entourée d’un soin spécial, une grâce particulière de confiance à l’égard de Dieu, dans la perspective du jour de l’Annonciation, dont nous lisons aujourd’hui l’évangile. Et cette prévenance de Dieu nous permet aujourd’hui de comprendre l’absence, dans cet évangile, d’un mot que tout le monde croit y avoir entendu : le mot « Oui », qui, non, ne s’y trouve pas. 

Un Oui plein et parfait

Où donc, alors, est passé le « Oui » de Marie ? On parle si souvent de ce petit mot, prononcé par Marie en réponse à la demande de l’Ange, que c’est un choc de constater que Marie, lors de l’Annonciation, ne le dit pas, du moins, pas ainsi. Marie parle à deux reprises. Elle commence par une question — ce qui est très juif comme réaction ! — pour s’enquérir de la manière dont se fera la conception de son fils, car elle est vierge, et promise en mariage à Joseph. Puis, en écho au titre que lui a donnée l’ange — « Comblée-de-grâce » — elle atteste qui elle est : la servante du Seigneur, prête à ce que la Parole s’accomplisse pour elle. 

Autrement dit, par cette double réaction, Marie révèle qui elle est profondément, depuis le commencement. Elle s’interroge et elle se présente ; elle fait preuve de curiosité et de confiance ; elle veut la coopération de son intelligence en même temps que le consentement de sa foi. Comme l’a dit saint Jean Paul II dans son encyclique Fides et Ratio sur le rapport indispensable entre la foi et la raison, Marie, « dans l’assentiment donné à l’annonce de Gabriel, n’a rien perdu de son humanité et de sa liberté authentiques », et elle préfigure la philosophie qui ne se dévalue pas quand elle reconnaît la vérité de l’évangile (Fides et Ratio, 108). Marie n’a pas, à haute voix, dit « Oui », mais elle a été elle-même un Oui plein et parfait au projet de Dieu, pour être l’Arche du Christ, qui n’a été que Oui (2Co 1, 19), afin d’établir avec nous la nouvelle Alliance dans laquelle concordent la foi et l’intelligence. 

La fête des aventuriers de l’Alliance nouvelle

Et nous, enfin, où sommes-nous passés ? Comment célébrons-nous l’Immaculée Conception de Marie ? À Lyon, nous solennisons spécialement cette fête, en éclairant de petites lumières le rebord de nos fenêtres. Mais c’est surtout sur le rebord de nos âmes qu’il faut les éclairer, en demandant au Seigneur de stimuler en nous la raison et la foi devant le mystère de Dieu fait homme. L’Immaculée Conception est la fête des aventuriers de l’Alliance nouvelle, qui ne peuvent pas se permettre de croire mollement. Que Marie nous aide à faire de toute notre vie un Oui libre et joyeux au projet de Dieu, qui nous cherche et nous attend.

Pratique

Les lectures de la solennité de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie (Gn 3, 9-15.20 ; Ps 97 ; Eph 1, 3-6.11-12 ; Lc 1, 26-38).
Tags:
Homélieimmaculée conceptionVierge Marie
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