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Antisémitisme musulman. Et nous ? 

4 min de lecture
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Crédit : Aleteia

Si l’islam est le véhicule favori de l’antisémitisme d’aujourd’hui, l’insulte ne conduit jamais au progrès politique. La dénonciation de l’antisémitisme n’oblige pas à haïr les musulmans, rappelle l’écrivain Xavier Patier.

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Que Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris, ait refusé de participer à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre nous choque, mais nous incite à réfléchir. Chems-Eddine Hafiz est un homme qui aime argumenter. Le successeur de Dalil Boubakeur est juriste, avocat, auteur d’un livre remarqué publié au Cerf, L’Islam et les Droits de l’homme, livre dans lequel il s’essaie à l’exercice difficile de tracer la limite qui sépare la pratique quotidienne de l’islam du risque de la charia.

Il défend la raison, la liberté d’expression de Salman Rushdie et qualifie d’«infâme" la fatwa qui le frappe. Il rappelle que le port du voile islamique n’est pas une obligation figurant dans le Coran et tend à devenir "un uniforme islamiste", bref, qu’il est raisonnable de l’interdire dans l’espace public. Il explique qu’un musulman antisémite s’insulte lui-même. Pourquoi donc l’homme qui dit tout cela n’est-il pas allé manifester contre l’antisémitisme, au moment où le peuple juif était à nouveau l’objet d’une haine proprement diabolique ?