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Les trois Évangiles du Christ Roi

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Christ Roi de l'univers

Pascal Deloche / Godong Ref:324

Philippe Barbarin - publié le 25/11/23

Pour la fête du Christ Roi de l’univers, célébrée cette année le dimanche 26 novembre, l’Église propose alternativement trois Évangiles : celui du Jugement dernier, celui de la conversation de Jésus avec Ponce Pilate, et le dialogue avec le bon larron sur la Croix. Cette année A, c'est celui du Jugement dernier qui est proposé.

Pour la fête du Christ Roi de l’univers, célébrée cette année le dimanche 26 novembre, l’Église propose alternativement trois Évangiles : celui du Jugement dernier (année A, Mt 25, 31-46), celui de la conversation de Jésus avec Ponce Pilate (année B, Jn 18, 33-37), et le dialogue avec le bon larron sur la Croix (année C, Lc 23, 35-43).

Regardons un peu ce panorama, avant de méditer la célèbre page par laquelle saint Matthieu a décidé de conclure son Évangile, avant d’entrer dans le récit de la Passion. Les trois passages évoqués donnent une image complète de la Royauté du Christ. On pourrait dire, pour simplifier, qu’il s’agit de la tête, du cœur et des mains. Voici notre Roi :

Cette tête couronnée d’épines se trouve devant Pilate (année B) ; le condamné de la nation occupée se tient devant le chef des occupants, des vainqueurs, devant le représentant de César. Mais Jésus demeure maître de la conversation, tient tête à celui qui croit avoir droit de vie et de mort. Pilate pose des questions, mais Jésus répond comme il veut. Il parle de son Royaume, qui n’est pas de ce monde, et il présente sa mission en toute clarté : « Je suis roi Je suis né pour rendre témoignage à la vérité. » Quand une question vient de lui être posée, le condamné répond à la précédente.  Il parle avec une telle hauteur que le gouverneur est dérouté et n’a même pas la force d’écouter la réponse à la dernière question qu’il pose : « Qu’est-ce que la vérité ?»


Le Coeur

Ce coeur, qui va bientôt être transpercé, fait une ultime rencontre (année C). Après l’apostrophe amère du troisième condamné, le bon larron intervient pour le remettre à sa place et demande à Jésus la miséricorde : « Souviens-toi de moi dans ton Royaume ». Cet appel, nous l’entendons comme celui de notre porte-parole. Tous les pécheurs du monde et des siècles reprennent cette prière d’un condamné qui se tourne avec confiance vers le Sauveur. Nos frères des églises d’Orient ne s’y sont pas trompés, eux qui reprennent la prière du bon larron comme un refrain, lorsqu’ils chantent les Béatitudes, par lesquelles s’ouvrent les portes de l’Evangile. Et le Christ, comme un maître de maison, l’emmène vers les demeures éternelles. Il répond au larron : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis ». Notre Roi est vraiment le bienheureux au cœur pur. Il ne « voit » même pas ceux qui viennent de le crucifier ni ceux qui vont transpercer son côté. Il voit seulement son Père qui est en train de faire ouvrir les portes du paradis pour l’arrivée du Fils Unique. Ce Bien-aimé en qui il a mis tout son amour sera accueilli solennellement avec sa suite : le « bon larron », comme on l’appelle, et l’autre qu’on n’appelle jamais « le mauvais », car on imagine bien qu’après avoir entendu une telle conversation, il a compris qu’il pouvait se glisser à la suite les deux autres et que, pour lui aussi, bien sûr, la porte resterait grande ouverte. « Car éternelle est sa miséricorde » !


Les mains

Ces mains. C’est l’Évangile que nous retrouvons cette année, le plus cité et le plus connu sans doute, le plus concret en tous cas pour notre vie. Il parle de nos mains qui ont donné à manger et à boire (ou qui auraient dû le faire), qui ont apporté les vêtements et le réconfort (ou qui ne l’ont pas fait). Mais nous pouvons commencer par regarder les mains de notre Roi, présentées sous un double aspect si contrasté : les mains qui se tendent vers nous,celles des affamés de parole et de pain, d’une visite, d’un moment d’écoute, et les mains du Fils de l’homme assis sur son trône de gloire, ces mains qui séparent (quel verbe terrible !) les hommes les uns des autres. Regarder les mains des pauvres, des malades et des prisonniers, comme les mains de Celui devant qui je me trouverai au dernier jour, les mains de mon Roi, qui « viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts », c’est un exercice spirituel salutaire, une belle contemplation et un vigoureux appel à la conversion.

Aimer, le critère ultime

On peut aussi regarder l’évangile du Jugement dernier dans le contexte de cette Année A où nous avons fait tout un parcours dans le premier Évangile. On a le sentiment qu’avant d’entrer dans les récits de la Passion, Matthieu veut donner une conclusion lumineuse à tout l’enseignement de Jésus. Et dans le chapitre 25, il articule trois paraboles qui permettent de voir comment notre vie chrétienne doit trouver son équilibre. Ce sont les trois derniers évangiles de notre année liturgique, ceux qui nous conduisent depuis deux semaines.

On pourrait les présenter ainsi : la vie du chrétien a sa source dans la foi. A – Chaque âme doit tenir sa lampe allumée dans l’attente de l’Époux, et rester à cette place même si elle vient à s’éteindre (la parabole des dix jeunes filles). B- Notre existence se déploie dans le travail quotidien et l’espérance du Royaume. Un jour, on me dira : « Entre dans la joie de ton maître », si j’ai fait fructifier mes talents comme il m’était demandé. C- Et elle aboutit à la charité. Foi et espérance demeurent, mais, dit saint Paul, « la plus grande, c’est la charité ». Il est clair que cette page d’Evangile est un sommet. Les chrétiens sont des hommes qui croient et qui prient, qui travaillent et espèrent, mais, en dernière instance, ils ont la vocation d’aimer. C’est le critère suprême, ultime.

Ce jour-là, on ne parlera pas des prétendus « grands moments » de nos vies, ceux qui ont marqué et ont rassemblé du monde (…) Notre vie se jouera sur des épisodes qui sont passés inaperçus, moments humbles et fugitifs…

Nous voici donc au soir de notre vie ; l’Evangile insiste sur la majesté de cette scène : « Il viendra dans sa gloire », « tous les anges », « toutes les nations », « il siègera sur son trône de gloire… »  Or justement, ce jour-là, on ne parlera pas des prétendus « grands moments » de nos vies, ceux qui ont marqué et ont rassemblé du monde, ceux qui nous ont valu un diplôme ou dont nous conservons des photos … Notre vie se jouera sur des épisodes qui sont passés inaperçus, moments humbles et fugitifs, que nous avons sans doute presque tous oubliés.

Le plus touchant, c’est que les méchants comme les bons posent alors la même question : « Seigneur, quand est-ce que nous t‘avons vu… ? » Les uns avancent dans la vie comme des pachydermes, aveugles à tant de souffrances autour d’eux ; et les autres, dont les yeux sont ouverts à la fois sur le mystère de l’humanité et sa misère présente, portent secours à leurs proches, presque sans s’en rendre compte. Ils voient spontanément « le Fils de l’homme », l’homme authentique qui se manifeste dans les derniers des hommes, les plus déshérités de ceux qu’ils croisent.

Dans l’examen de conscience quotidien, au lieu d’additionner nos médiocrités à nos péchés, il suffit de garder une seule question, celle de l’amour.

On connaît la phrase de saint Jean de la Croix, habituellement traduite par : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ». En fait, les manuscrits espagnols en donnent deux versions. Elle peut signifier aussi : « Le soir, tu t’examineras sur l’amour ». Et c’est une merveille, pour nous aider à vivre l’Évangile d’aujourd’hui, de faire le lien entre le soir de notre vie et le soir de chaque jour. Dans l’examen de conscience quotidien, au lieu d’additionner nos médiocrités à nos péchés, il suffit de garder une seule question, celle de l’amour. Puisqu’au soir de ma vie, je serai jugé sur l’amour, je vais revoir cette journée avec ce critère essentiel, majeur, unique. Seigneur, quand… ? » Montre- moi quand j’ai accepté ou refusé d’aimer, aujourd’hui.

Il n’y a d’ailleurs pas que l’amour offert. Il y a aussi – peut-être surtout, et, en tout cas d’abord – l’amour reçu… ou refusé. Comment pourrais-je aimer, si je n’ai pas d’abord reçu l’amour que Dieu me propose ? En entendant cet Evangile, nous nous sommes reconnus aussi dans l’affamé, le prisonnier ou le malade heureux de voir quelqu’un s’attarder auprès de lui pour le réconforter. La question du « quand » peut alors s’étendre : « Seigneur, quand voulais-tu m’offrir ton amour ? … Merci de me montrer ce que j’ai reçu de toi … Pardon de ne pas avoir été réceptif si souvent ».

« Venez, les bénis de mon Père! »

Les bénis sont ceux qui agissent sous la parole et la bénédiction du Père. Ce sont les doux, et ils vont hériter de la Terre Promise. Le Seigneur peut leur dire : « Venez ! » puisqu’ils ont obéi à l’ordre qu’il avait donné au commencement : « Allez ! ». Toute leur vie, ils sont allés, dociles à l’invitation du Maître, disponibles pour la mission. Ils se sont démenés auprès des pauvres, des étrangers et des malades, sans projets ni ambitions, attentifs seulement à ce que l’amour de Dieu se répande le mieux possible à travers eux. En prêchant l’Evangile aux affamés, en se penchant sur toutes les souffrances pour apporter le réconfort, la chaleur, la vie, ils ont accompli le dessein originel de Dieu. C’est pourquoi, ils vont entrer dans un Royaume préparé pour eux « depuis la création du monde ».  C’est la seule réalité que Dieu avait voulue et préparée en créant le monde, avant que le démon et ses anges ne se soient mis à entraver ses projets.

Les bénis, ce sont les cœurs purs. Ils ont vu les pauvres et les petits, et ils ont agi sans se poser de questions. Au dernier jour seulement, ils s’apercevront qu’ils avaient vu Dieu. Mais en attendant, ils ont senti que le pauvre avait faim et soif, et qu’il fallait donner à manger et à boire.

Certes, l’Église, corps du Christ, et la grande famille de l’humanité sont dans un triste état. Bien des souffrances et des déchirures, bien des trahisons et des injustices pourraient être évitées, mais c’est une joie de contempler l’action des bénis du Père dans le monde entier…

Les bénis, ce sont les saints de tous les siècles qui ont été saisis par le grand cri du Christ en Croix : « J’ai soif », et qui l’ont entendu, chacun à l’endroit où Dieu lui avait donné de vivre. Les hommes ont besoin d’infiniment plus d’amour que le monde ne peut leur en donner. Et ils y ont droit. Les saints et les bénis de notre temps vont auprès des plus petits, pour aimer et servir le Maître. Certes, l’Eglise, corps du Christ, et la grande famille de l’humanité sont dans un triste état. Bien des souffrances et des déchirures, bien des trahisons et des injustices pourraient être évitées, mais c’est une joie et un stimulant de contempler l’action des bénis du Père dans le monde entier : nourrir, abreuver, visiter, habiller, réconforter…

Merci, Seigneur, pour tous ceux qui se lancent dans cette grande aventure du service. Elle n’est faite que de petites choses, mais elle ne nous laisse jamais en repos. Elle n’est qu’un élan d’amour, celui qui T’a fait venir comme un étranger sur cette terre, où nous voudrions qu’enfin Tu sois accueilli.

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