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Peter, un businessman devenu prêtre

PRIEST

Capture d'écran EWTN

Bérengère Dommaigné - publié le 13/11/23

Marié, père de famille, puis veuf, Peter Adamski a eu une longue carrière de businessman avant de réaliser que le seul luxe, c'est l'Amour. Cet Américain est prêtre depuis quatre ans.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Voilà un adage que ne renierai pas Peter Adamski, prêtre dans le Connecticut (États-Unis). Ordonné en 2019, alors qu’il était âgé de 66 ans, il officie à la paroisse Saint-James, à Stratford. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa vocation est plutôt inattendue. Adolescent, Peter a certes cru que le Seigneur l’appelait à devenir prêtre. Mais c’était sans compter sur sa rencontre, à l’âge de 19 ans, avec Kathy, sur le campus de leur université américaine. Un “coup de foudre”, et à peine deux ans plus tard, les voilà mariés. Ils chemineront ensemble près de 40 ans.

Tout juste diplômé, Peter rejoint, à l’âge de 26 ans, la célèbre société pharmaceutique américaine, Johnson&Johnson et rapidement monte les échelons, devenant un businessman aguerri et prospère : “J’étais attiré par l’art de la négociation”, explique-t-il ainsi lors d’une émission pour la télévision américaine où il raconte son parcours singulier. “J’ai fini par travailler au service financier de l’entreprise, où je m’occupais des transactions au niveau mondial pour J&J”. Même si à l’époque, il dit ne jamais manquer la messe dominicale, Peter avoue néanmoins que sa vie de prière, tout comme son mariage, étaient en train de “tomber en désuétude”, occupé qu’il était par ses fonctions professionnelles. C’est ainsi qu’un jour, sa femme Kathy entre dans son bureau et lui dit, “Peter, tu ne peux pas servir à la fois Dieu et l’argent, avec ta carrière professionnelle, tu mets notre mariage en péril”. “Elle avait tout à fait raison”, avoue-t-il. “J’étais tellement motivé par l’idée de gravir les échelons de l’entreprise, ce n’était jamais assez, j’avais besoin de toujours plus”.

Sauver son mariage dans la peine

Peter prend alors conscience du danger et se concentre davantage sur son ménage, et quelques mois plus tard, un petit John arrive dans leur foyer. Tout semble alors aller pour le mieux pour cette famille pendant quelques années, jusqu’à ce qu’une annonce médicale tombe : Kathy est atteinte d’un cancer et d’une forme précoce d’Alzheimer. “Ce fut le jour le plus difficile de notre vie commune, ce 28 octobre 2010, lorsque nous sommes sortis de l’hôpital Columbia Presbyterian. Je nous vois encore nous embrasser sur le trottoir en sachant ce qu’on venait de nous dire : il n’y a pas de remède contre la maladie d’Alzheimer, ce sera un long adieu. Et je savais que notre vision de nous voir vieillir, nous voûter et avoir des cheveux gris ensemble n’allait pas se réaliser”.

En quelques mois, Kathy va commencer à perdre la mémoire, à poser les mêmes questions sans cesse, à ne plus pouvoir être seule à la maison… “Quand Kathy a oublié l’endroit où nous nous étions mariés, c’était comme un couteau qui s’enfonçait dans mon cœur”. Mais, malgré toutes les souffrances endurées pendant ces années de maladie, Peter ne s’est jamais rebellé ni n’a jamais demandé à Dieu pourquoi cela lui arrivait. “Regardez-le sur la croix, ce qu’il a fait pour nous sur cette croix – c’est ce qu’on appelle l’amour sacrificiel”. 

“Je voudrais être prêtre”

Kathy décède le 10 octobre 2014, dans les bras de Peter, à la maison. “J’avais ma main droite qui serrait sa main droite, je lui caressais les cheveux, je lui disais combien je l’aimais, je la remerciais d’avoir partagé sa vie avec moi, de m’avoir donné un fils, et je lui disais qu’elle était sur le point de voir le visage du Christ”. “Et pendant que je récitais le Notre Père, je l’ai regardée rendre son dernier souffle. Une mort plus paisible, plus sainte… c’était une mort heureuse”. Trois jours avant sa mort, les époux avaient pu échanger en pleine conscience, et Peter avait avouer à sa femme qu’il songeait à devenir prêtre. Les derniers mots de Kathy ont été, “Peter, vas-y, et s’il y a un moyen, je te réconforterai”. Ému, Peter raconte encore, “c’est comme si le Seigneur me disait “Maintenant tu es à moi”.”

“Après la mort de Kathy, j’ai regardé autour de moi, notre salon, nos affaires, et j’ai compris que je ne tenais à rien, que je ne voulais pas le luxe, mais une vie simple, une vie libre. La seule chose qui comptait alors et qui compte toujours, c’est l’Amour”. Peter entre au séminaire, et depuis 2019, le voilà prêtre et “heureux”. Pour lui, si son mariage l’a aidé à devenir un meilleur prêtre, il reconnaît toutefois que la vocation est bien différente, et il comprend et approuve le célibat des prêtres. Âgé aujourd’hui de 70 ans, il estime que sa vie est plus épanouie que jamais, ce dont il témoigne avec une grande sincérité, ajoutant que le souvenir de Kathy reste bien présent, et que son fils, John, assiste régulièrement à ses messes. “Chaque matin, je me réveille en me disant : “Seigneur, je fais tout aujourd’hui pour ton honneur et ta gloire et je te remercie pour mon sacerdoce””.

Pour découvrir le témoignage bouleversant (en anglais) de Peter, voici le passage de l’émission où il s’est confié.

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