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Vivre avec nos défunts 

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Blanche Streb - publié le 30/10/23

La fête de tous les saints précède le jour des défunts, dont le souvenir de la séparation est douloureux. Notre chroniqueuse Blanche Streb salue les paroles d’espoir d’Axelle Huber, devenue veuve après dix ans de mariage. Dans "Le Deuil, une odyssée" (Mame), celle-ci raconte son chemin de retour à la vie, dans les larmes, la foi et les joies retrouvées, ainsi que celui de ses quatre enfants.

Nous sommes à la veille de la Toussaint, une fête que j’affectionne particulièrement, sûrement comme nombre d’entre nous. La fête de tous les saints… ceux dont l’Église transmet la biographie et les écrits. Ceux, anonymes, d’une foule immense que nul ne peut dénombrer, de toutes nations, époques, peuples et langues, hommes, femmes, enfants, disparus sous la poussière des années mais dont l’empreinte et la fécondité n’aura pas moins compté dans cette histoire de l’humanité qui nous dépasse tellement. Certains d’entre eux ont changé l’histoire de manière visible pendant leur vie, d’autres encore plus depuis le paradis. Ils habitent la grande histoire et notre histoire. 

Nous avons nos chouchous

Et nous avons tous nos chouchous. Ils nous inspirent, nous encouragent, nous secouent les puces, posent des petites lanternes dans les nuits de nos vies. Ils nous accompagnent, parfois depuis l’enfance, parfois plus tardivement, ou seulement dans une étape particulière de notre chemin. Certains même font parfois irruption dans nos vies de manière inattendue et étonnante. Et il y en a pour tous les goûts… Des humbles et discrets, des brûlants d’amour pour les pauvres et les petits, des entrepreneurs, des créatifs, des souffreteux, des joyeux, des génies intellectuels et spirituels, des martyrs, des morts très jeunes, d’autres très vieux, il y en a des drôles, des doux, des assoiffés de justice, des fous, des guérisseurs d’âmes, des fortiches pour retrouver tout ce qu’on égare et même un geek aujourd’hui ! Merci Carlo Acutis. Il y en a même qui nous énervent, qu’on ne comprend pas, qui nous font peur, mais qui se révèleront peut-être devenir ceux qui auront le plus transformé notre vie….  

Un chemin de vie après le deuil

La Toussaint, parce qu’elle précède le jour des défunts, évoque aussi le deuil. Le deuil… un sujet si essentiel. Si fondamental. Qui parfois prend toute la place. Déchire. Met à terre. Un sujet qui a douloureusement fait irruption, il y a dix ans, dans la vie d’Axelle Huber, devenue veuve, avec quatre enfants en bas âge, après une petite décennie de mariage, seulement. Son Léonard n’avait que 41 ans. Comment survivre, apprivoiser la perte, accueillir ses émotions, consentir aux montagnes russes, demander de l’aide, rester relié aux autres, pardonner, accepter de se laisser transformer, expérimenter l’espérance, laisser le temps au temps, consentir aux éclats de bonheur, laisser rejaillir son élan vital, choisir la vie, petit à petit… ? De ces années vécues dans les larmes, les joies, le courage et la foi, de cette “odyssée”, Axelle a réalisé un ouvrage d’un genre unique. Son nouveau bébé en papier, Le Deuil, une odyssée allie réflexion, ressources solides, clés concrètes, arrimage par la foi à la Croix, confiance en la grâce, petits “trucs” bien utiles et anecdotes vraies, touchantes, vécues dans la simplicité du quotidien. 

Malgré tout et malgré nous, la vie est belle.

Un texte remarquable, capable, il me semble, de rejoindre, éclairer, apaiser, secouer, consoler, relever tous ceux qui sont confrontés au deuil. Et particulièrement les plus jeunes, les enfants et leurs proches. Car ces pages ne sont pas éclairées seulement par l’expérience de cette coach et thérapeute, mais aussi par celle de chacun de ses enfants — “des cœurs vaillants”, souffle leur maman — orphelins depuis dix ans de leur père. Quatre chemins singuliers, quatre enfants d’âges différents, chacun marqués tour à tour par la tristesse, la colère, la peur, l’oubli, les doutes, le sentiment d’injustice ou de se sentir différents, qu’ils ont revisités pour en témoigner dans quatre lettres bouleversantes qui concluent l’ouvrage. Des lignes émouvantes où l’histoire singulière rejoint l’humanité tout entière. Avec eux on comprend que la mort n’a pas de sens, mais que l’odyssée devient sens, et que le chemin se fait en marchant…

Le splendide défi de la vie

En cette belle fête de la toussaint, où nous faisons mémoire de nos morts et de nos saints, il est beau et bon de recevoir ce témoignage de foi, ode aux liens, à ce qui compte vraiment, au soutien familial et à l’amitié. Chacun, à sa manière, protégé du casque du Salut et du bouclier de la foi, nous murmure sans angélisme : “Je suis heureux.” Et nous donne de voir qu’il n’a pas renoncé au splendide et exigeant défi de la vie, et même, “n’en loupe pas une miette” ! Car malgré tout et malgré nous, la vie est belle. Un hymne revigorant à la vie, éternelle.  

Pratique

Le Deuil, une odysséeVivre après la mort, Axelle Huber, Mame, octobre 2023, 176 pages, 17 euros.

Tags:
DéfuntdeuilMortSaintsToussaintvie
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