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Hommage au docteur Brescia, l’un des pères des soins palliatifs

Calvary Hospital's Dr. Michael Brescia

Courtesy of Calvary Hospital

Sr. Margaret Mary Hope S.V. - publié le 30/05/23

Décédé le 17 avril dernier à l’âge de 90 ans, le docteur Michael Brescia est une “légende” dans le domaine médical. Il a notamment été un « véritable apôtre des mourants » au Calvary Hospital de New York et est considéré comme un des “père” des soins palliatifs.

Médecin pendant 60 ans aux États-Unis, le docteur Michael Brescia a contribué de manière importante à l’avancée de la médecine en inventant, en 1966, la “fistule artérioveineuse”, dénommée aussi “Brescia-Cimino”. Avec cette technique révolutionnaire, il est devenu pionnier de la dialyse rénale qui a permis de sauver des millions de vies dans le monde entier. Le docteur Brescia a également été un visionnaire et un pionnier dans le domaine des soins palliatifs au Calvary Hospital, dans le Bronx, à New York, un établissement où il a travaillé de 1962 à 2019 et qu’il a transformé en véritable leader mondial des soins palliatifs. 

À partir de 1994, il fut directeur médical de l’hôpital et supervisa la mise en œuvre d’une méthodologie pour soutenir la vie des patients en phase terminale. Il leur offrait une présence fidèle des soignants, un soulagement dans la douleur et un accompagnement spirituel et émotionnel. 

Décédé le 19 avril 2023, à l’âge de 90 ans, le docteur Brescia a été décrit comme un fervent partisan de la dignité de la vie humaine. Pour Mgr Timothy Dolan, cardinal de New York, il a été un “véritable apôtre des mourants”. Afin de rendre hommage à cet homme qui a su accompagner les derniers jours de milliers de personnes avec dignité, amour et compassion, Aleteia propose une interview que le Dr Brescia avait accordé au magazine américain Sister of Life Imprint en 2017.

Comment avez-vous commencé à travailler dans le domaine des soins palliatifs ?
Dr Brescia : Je n’avais pas l’intention de travailler dans le domaine des soins palliatifs. J’ai participé aux premiers travaux sur la transplantation d’organes et sur la dialyse. Avant 1966, les personnes souffrant d’insuffisance rénale ne pouvaient vivre qu’entre trois semaines et trois mois. Tout le monde essayait de trouver la méthode qui nous permettrait de continuer les dialyses à long terme jusqu’à ce qu’un rein compatible soit disponible.

Mais vous avez changé la donne…
J’ai rejoint le VA Hospital du Bronx parce qu’il y avait beaucoup de soldats qui revenaient du Vietnam et qui mouraient de maladies rénales. Un jour, j’étais vraiment désespéré. J’avais une dizaine d’hommes dans mon service. Ils étaient tous jeunes, mais ils allaient tous mourir. 

J’étais assis au restaurant avec mon collègue et je réfléchissais au problème. Deux frites étaient alignées côte à côte dans mon assiette. J’ai pris une bouchée de mon hamburger et une goutte de ketchup est tombée parfaitement entre les deux frites. C’est comme si [l’Archange] Gabriel me chuchotait à l’oreille. “Ne les bouge pas ! Ne les bouge pas ! Pas encore ! Voilà la réponse.”

J’ai regardé mon assiette et je me suis dit : “C’est comme une veine et une artère dans le poignet. Je me demande… si je relie cette veine et cette artère par une fistule, est-ce que cette veine et toutes les autres veines se transformeront en artères ? Nous n’aurions alors plus une seule artère, mais 200 artères ! Nous pourrions alors continuer à mettre les gens sur la machine à purifier le sang indéfiniment ! J’ai couru à l’étage et j’ai dit : “Nous allons faire une fistule”. Et vous pouvez le croire, ça a marché ! C’était il y a 50 ans, et ils utilisent toujours cette technique. 

Avez-vous breveté l’invention ?
Une société pharmaceutique était très intéressée. Elle m’a offert 50 dollars pour chaque dialyse effectuée dans le monde. Je me suis dit : “Je vais être riche !” Mais j’en ai parlé à mon père. Il m’a dit : “Je suis très fier de toi, mon fils. Combien de personnes dans le monde seront sauvées chaque année grâce à ton invention ?” J’ai répondu : “50.000 rien qu’en Amérique, et encore plus dans le monde entier”. Mon père m’a dit : “Alors, dépêche-toi, ne perds pas un jour !” 

Le laboratoire pharmaceutique m’avait dit que je devais garder le secret pendant un an afin de préparer l’ouverture de centres de dialyse dans le monde entier au même moment. Mais mon père m’a dit :

“Non, non ! Si tu fais cela, quand tu te raseras le matin, ton visage disparaîtra dans le miroir et les visages de tous les enfants dont tu aurais pu sauver les parents apparaîtront les uns après l’autre. Quand tu t’assiéras à table, tu devras laisser une chaise vide pour toutes les personnes qui sont mortes cette année-là à cause de ton silence. Ne pense pas à ce monde : pour des bateaux, des voitures, des maisons, tu laisseras mourir 50 000 personnes ? Non, renonce à ce brevet !”

J’étais en colère contre lui, mais je savais qu’il avait raison. Je suis parti et j’ai publié cette méthode immédiatement. Récemment, on m’a dit que la valeur de l’invention s’élevait aujourd’hui à environ 60 milliards de dollars. 

Comment vous êtes-vous impliqué dans l’hôpital Calvary ?
Dieu m’a envoyé. Deux collègues m’ont demandé : “Michael, pourrais-tu nous aider ? Il y a des religieuses dans le sud du Bronx qui ont besoin d’un médecin pour visiter leurs patients demain.” J’ai répondu : “D’accord, je vais vous rendre service”. Les religieuses m’ont offert du thé et des biscuits. À la fin de la journée, elles m’ont dit : “Dr Brescia, vous avez été d’une grande aide pour nos patients. Pourriez-vous revenir demain ?” J’étais en route pour l’université de Pennsylvanie où je devais mettre en place un programme de dialyse et de transplantation. Mais j’ai accepté de revenir au Calvary un jour de plus. 

Comment le Calvary est-il devenu un hôpital ?
Malheureusement, l’établissement allait fermer parce qu’il n’y avait pas assez d’argent. Le Calvary n’était pas encore classé comme hôpital, alors j’ai dit : “Voyons si nous pouvons être approuvés”. La Commission mixte est venue, le Dr Kruger a examiné l’établissement et m’a dit : “Vous ne passerez jamais. Vous avez trop d’insuffisances graves”. Mais alors que je lui faisais visiter les lieux, il m’a dit : “Dr Brescia, vous avez un homonyme très célèbre dans le domaine des reins. Connaissez-vous ce médecin ?” J’ai répondu : “Oui… c’est moi !” Il m’a dit : “Ne racontez pas de bêtises ! Vous n’êtes pas le célèbre docteur Brescia. Il est en Pennsylvanie !” J’ai répondu : “Non, il est censé être en Pennsylvanie, mais il est ici, dans le sud du Bronx”.  

À la fin, le Dr Kruger m’a dit : “Vous avez six mois pour régler ces problèmes”. Entre-temps, nous sommes passés de 12 dollars par jour et par patient à 300 dollars, et le Calvary a été sauvé. Dieu m’a gardé ici et a envoyé le Dr Kruger. L’argent est arrivé et nous avons pu nous développer. Puis le cardinal Cooke est venu et a dit : “Si vous restez, si vous vous impliquez totalement, j’ai cinq hectares dans le nord du Bronx que je vous donnerai pour construire un nouveau Calvary“.

Notre doctrine est le secours, la compassion, l’amour, la douceur. Je ne dirai jamais à quelqu’un qu’il doit souffrir. Je m’efforcerai de soulager sa douleur. 

En 1970, j’étais à plein temps au Calvary. En 1978, le nouveau bâtiment de l’hôpital était construit et nous avons déménagé ici.Ce n’était pas vraiment moi qui contrôlait cela, il y avait quelque chose d’autre à l’œuvre. Ce n’était pas moi. Nous devions sauver le Calvary. Aujourd’hui, nous sommes le seul hôpital de ce genre dans le monde. 

Qu’est-ce qui rend le Calvary Hospital si unique ?
Nous sommes différents. Nous sommes conduits par une mission, guidés par l’Évangile. Au Calvary, nous n’avons jamais, jamais, jamais, en aucune façon, hâté la mort à dessein. Nous dirons : “Nous vous aimons assez pour ne jamais vous tuer”. Nous rencontrons un symptôme insupportable et nous le traitons jusqu’à ce qu’il soit soulagé. Notre doctrine est le secours, la compassion, l’amour, la douceur. Je ne dirai jamais à quelqu’un qu’il doit souffrir. Je m’efforcerai de soulager sa douleur. 

Pourquoi pensez-vous que les gens demandent le suicide médicalement assisté ?
C’est à cause de la souffrance, de la dépression, de la solitude, des symptômes physiques et de la distorsion de l’image personnelle. Parfois, les gens commencent à se sentir coupables. Ils se disent : “Pourquoi les autres devraient-ils s’occuper de moi ? Ne vaut-il pas mieux que je sois mort ?” C’est ainsi que commence la réflexion. Il est difficile de dépendre des autres pour des choses très élémentaires. 

En tant qu’êtres humains, nous souffrons de trois manières principales : spirituellement, mentalement et émotionnellement. La souffrance spirituelle est liée au fait que la personne dans le lit dit : “Pourquoi m’as-tu fait ça, Dieu ? Je ne veux pas être ici”. Il y a aussi la peur : “Y a-t-il un Dieu ? Sait-Il ce qui m’arrive ? Se soucie-t-il de moi ?” La dépression est l’un des aspects de la souffrance mentale. Il existe de merveilleux médicaments pour traiter la dépression. Mais c’est surtout sur le plan émotionnel que nous souffrons – le sentiment d’abandon, l’absence d’amour. La souffrance émotionnelle ne peut être traitée que par l’amour. 

Comment aidez-vous ceux qui souffrent émotionnellement ?
Il y a quatre façons de procéder. La première consiste à être présent. Ces patients ne peuvent pas être seuls. Il faut essayer autant que possible de leur donner un contact, une présence. Le deuxième moyen est le toucher. Quand on touche quelqu’un, on n’est plus le même, il y a un lien. Le bébé dans le ventre de sa mère touche la paroi utérine. Nous devons toucher nos patients. C’est ainsi que l’on peut aimer quelqu’un. La troisième façon est de tenir, d’embrasser quelqu’un pour qu’il sache qu’il n’est pas seul.

Lorsque j’entre dans la chambre d’un patient, je m’arrête toujours sur le seuil de la porte et je prie : “Mon Seigneur, mon amour pour Toi m’amène ici pour Ta plus grande gloire”.

La quatrième façon est de dire : “Je t’aime. Je promets de ne jamais t’abandonner”. Je l’ai dit mille fois par jour. Il faut être présent, toucher, prendre dans ses bras et le dire. Les familles ont besoin des mêmes soins que les patients. Nous passons environ 80% de notre journée avec les familles. Soyez présents, donnez des informations, prenez-les dans vos bras et dites-leur qu’ils sont un cadeau pour vous. Leurs proches sont un cadeau pour eux. 

Comment avez-vous constaté le succès de cette approche ?
Au Calvaire, nous traitons 6.000 patients par an, et aucun d’entre eux, après avoir passé 24 heures ici, ne demande le suicide assisté. Personne. Quel que soit le problème. Et nous avons vu des cas terribles. Pas quand on leur tend les bras avec amour. Lorsque j’entre dans la chambre d’un patient, je m’arrête toujours sur le seuil de la porte et je prie : “Mon Seigneur, mon amour pour Toi m’amène ici pour Ta plus grande gloire”. Ce n’est alors plus la chambre d’un patient, c’est un sanctuaire. Lorsque vous demandez à Dieu de venir, Il vient. Je sais qu’Il est là. Je le sens. Et quand quelqu’un est en train de mourir, vous pensez que cette chambre fait partie de cette terre ? Non ! Vous n’êtes pas dans ce monde. Vous êtes entré dans le vestibule du ciel. 

Pouvez-vous nous parler d’un moment où vous avez fait cette expérience ?
Un jour que je partais pour Washington, j’ai reçu un appel du Metropolitan Hospital. Ils avaient trouvé une femme sous l’autoroute. Pouvaient-ils l’envoyer directement au Calvary ? Elle n’avait pas de famille, elle ne parlait pas, elle était sale. Elle s’appelait Angela. J’ai donc dit : “D’accord, nous la prenons”. Et comme je partais, Angela est arrivée. Elle avait une grosse tumeur. Elle avait des cheveux roux coupés, pas de dents. Elle avait le sida, l’hépatite. Bien entendu, nos cancérologues étaient impatients de s’occuper d’elle. J’ai passé une journée à Washington, où je me suis battu pour obtenir des fonds. À mon retour, je suis monté la voir et je n’arrivais pas à croire ce qu’ils avaient fait. Ils l’avaient nettoyée, coiffée, lui avaient fait les ongles. 

Elle n’avait pas l’air de comprendre quoi que ce soit, mais je lui ai dit : “Je vais te promettre, Angela, de venir te voir trois fois par jour”. Je me suis dit : “Trois fois par jour, je vais venir te toucher et dire à Dieu : “Je viens ici par amour pour Toi“. Six semaines plus tard, je reviens de Washington, découragé. Je me dis : “Je n’irai pas la voir ce soir, je la verrai demain”. Puis je me dis : “Non, je ferais mieux d’y aller. Je me sentirai malheureux ce soir si je n’y vais pas”. 

Je monte à l’étage, et Angela est en train de mourir. J’enlève mon manteau, je prends sa main, je la pose sur ma joue et je dis : “Angela, je reste”. Exactement 90 minutes plus tard, j’entends : “Dr Michael. Dr Michael”. Je n’en croyais pas mes oreilles. Je me suis levé d’un bond, je l’ai serrée aussi fort que possible, et j’ai dit : “Angela ?” Elle m’a dit : “Dr Michael, ce soir, dans quelques heures, je dirai votre nom à Dieu”. Elle n’a plus jamais prononcé un autre mot. Elle a fermé les yeux et a quitté cette terre. 

Ayant été témoin de tant de décès, vous devez avoir une certaine idée de l’expérience du deuil ?
Le deuil est la dernière façon de souffrir. J’ai été marié pendant 53 ans. Une belle et merveilleuse épouse, une partenaire parfaite, six enfants. Nous allions à un dîner spécial, elle et moi, et j’allais lui dire que je l’aimais. J’attends dans la salle à manger : “Viens Monica, on y va”. Elle sort de la salle de bain et tombe par terre. Rupture d’anévrisme au cerveau. La façon dont elle s’est effondrée, je le savais. Je le savais. J’ai dit : “Monica, ne pars pas. Prends-moi avec toi. S’il te plaît, ne me laisse pas ici. Ne pars pas”. Elle est partie. Elle est partie en 10 secondes. Ça, c’est un deuil. 

Le deuil est brutal. Le deuil reste. Il se modifie, mais il ne disparaît pas. Entre le moment où ç’est arrivé et maintenant, c’est différent. Mais à chaque fois qu’il se produit quelque chose dans notre famille, j’entends frapper à la porte. C’est un homme en costume noir qui me dit : “Bonjour, je suis le deuil. J’étais dans le quartier. Je vous ai vu rire, sourire avec vos enfants. Je voulais juste vous faire savoir que je suis dans les parages”.

Nous avons tous traversé une période terrible. Mais il faut savoir faire la part des choses. “Je suis la Résurrection et la Vie”. C’est tout. On l’accepte ou on ne l’accepte pas. Je sais que Monica est au paradis. Je le sais. Un jour, le rideau s’ouvrira, elle sera là avec certains de mes patients préférés et elle dira : “C’est l’heure”. J’ai dit à Monica : “Je n’oublierai jamais un cheveu de ta tête”. Et je ne l’ai pas oublié.

Qu’est-ce qui aide selon vous les gens à faire leur deuil ?
La même chose : l’amour. Il faut être là. Ils ne peuvent pas être seuls. Il faut les toucher, les prendre dans nos bras. C’est la profondeur de ce qui est nécessaire. C’est ainsi que nous montrons de l’amour. C’est aussi ainsi que nous traitons le suicide assisté. La souffrance émotionnelle n’exige ni sympathie, ni empathie, mais de l’amour. 

Que pensez-vous de l’acceptation actuelle du suicide assisté ? 
Je ne pense pas qu’en tant que société, en tant que nation, nous puissions survivre à toutes ces tueries. Vous parlez de la culture de la mort. Le suicide assisté est une pente glissante où il devient de plus en plus facile de tuer. Il existe de nombreux exemples où nous pouvons guérir des personnes souffrant de maladies qui étaient autrefois mortelles. Il y a quelques années, nous avons découvert que l’utilisation combinée de cinq médicaments pouvait complètement guérir les victimes du sida. On peut être au bord de la mort un jour et, une semaine plus tard, être sur le point de recevoir un traitement.

Avez-vous déjà rencontré des souffrances que vous ne pouviez pas soulager ?
Au Calvary, nous avons constaté qu’absolument toutes les douleurs et tous les symptômes peuvent être soulagés. Il ne m’est jamais arrivé de me dire : “Je dois rentrer chez moi et laisser cette personne souffrir parce que je ne sais pas quoi faire”. Je ne pouvais pas rentrer chez moi. Je devais rester jusqu’à ce que la douleur disparaisse. On ne peut pas laisser quelqu’un agoniser. 

Il ne m’est jamais arrivé de me dire : “Je dois rentrer chez moi et laisser cette personne souffrir parce que je ne sais pas quoi faire”.

La Bible dit : “Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance”. Es-Tu en train de dire, Dieu, Seigneur de l’Univers, que je te ressemble ? Oui ! Ce n’est pas une illusion. Lorsque vous entrez dans la chambre d’un patient, vous trouvez une image du Christ. Je dis à mon personnel d’être des rédempteurs. “Vous voulez enlever Jésus de la croix ? C’est l’occasion. Enlevez-le.” C’est pourquoi je ne suis jamais épuisé. Je crois que nous sommes tous des rédempteurs. Nous faisons partie de la mission rédemptrice du Christ. Nous réparons la misère du monde. Chaque fois que j’entre dans une pièce et que j’en ressort, je suis différent. J’ai fait une différence dans ce monde, pour cette personne.

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MortSanté
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