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Éducation à la sexualité : attention danger !

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Blanche Streb - publié le 29/05/23

Depuis 2013, l’éducation à la sexualité a opéré un virage dangereux : il ne s’agit plus de prévention mais de faire découvrir les plaisirs du sexe sans tabous s’il y a "consentement". Pour l’essayiste Blanche Streb, qui est aussi mère de famille, nous sommes dans bien des cas devant un viol des consciences. Les parents ne doivent pas renoncer à leur responsabilité.

Voici une anecdote pas anecdotique, inspirée de faits malheureusement bien réels… Mercredi après-midi, jour des enfants. Une jeune maman accompagne, comme elle le fait souvent, ses bambins à la médiathèque du coin. Rien de bien original, jusque-là. Juste une mère qui s’évertue à proposer autre chose que des écrans à ses enfants. Et qui espère leur transmettre le goût de la lecture, pour les aider à grandir et aussi à vivre, au travers des mots, de belles aventures.

Insouciante, elle déambule avec ses enfants d’âge primaire et maternelle entre les BD, les premiers petits romans, les imagiers. En tête de gondole, entre les Cabane magique et les Pif Gadget son regard est attiré par un livre bariolé estampillé d’un “nouveauté !”. Il s’intitule Le Consentement, on en parle ? et se présente comme étant un livre sur la liberté, le droit de choisir et de dire non. Super ! Intéressant. Elle le prend. Le feuillette. Et là. Paf. Le choc : au milieu d’un gloubi-boulga stupéfiant, des textes et des mots carrément pornos. 

A priori, la police…

On trouve ainsi une page qui s’intitule : “Les mythes sur ce qu’est le “vrai” sexe.” Et un encadré ludique sur “les conseils” que je ne peux décemment recopier ici, tant ils sont choquants. Non. Vous ne rêvez pas. Je rappelle qu’on est à l’étage enfant. Ensuite, quelques propositions requièrent d’eux d’avoir un portable : “Envoyer des textos pour dire qu’on est excité” ou encore “Envoyer une photo sexy, seulement si vous avez 18 ans ou plus”. Cette dernière bonne idée s’accompagne d’une petite note de bas de page : “S’il s’agit d’échange consenti de photos, a priori la police n’a pas de raison de s’en mêler, mais la loi existe pour protéger les mineurs en évitant que leurs photos soient partagées sans leur consentement.” 

Au cas où ces conseils donneraient le vertige aux enfants, on trouve quelques petites notions de réassurance : “C’est sûr, le choix peut être vertigineux, comme pour une pizza. Ce n’est pas grave, tu n’es pas obligé de tout aimer, et de toutes façons, il y a peu de chances que ce soit le cas.” Ouf ! C’est là qu’arrive une définition pour rétablir ce qu’est le vrai sexe : “Le sexe, ce n’est pas juste un truc que quelqu’un fait à quelqu’un d’autre. C’est plein de trucs différents qu’on peut faire avec soi-même ou avec les autres. C’est une activité qu’on partage ensemble”, lit-on. Et c’est là que la notion de consentement revient :

À ce stade, je dois préciser que l’âge légal du consentement sexuel est différent d’un pays à l’autre. Il est fixé à 15 ans en France. Si tu as un petit peu moins que l’âge légal, ou si vous avez tous les deux à peu près le même âge et que votre relation est clairement consentie et non abusive, il y a peu de risques que vous soyez inquiétés par la loi.

De quoi ce livre entend visiblement protéger les enfants ? Seulement d’être “hors-la loi”. Consternant. Il semble que l’ouvrage s’adresse aux enfants à partir de 13 ans. En faisant une recherche sur Internet, on voit que cet opus jeunesse est référencé dans de très nombreuses bibliothèques en France. 

Un véritable viol des consciences

Les dérives se multiplient. Cinéma, série, publicité, magazine, pub automatique sur le web… tout est bon dans le cochon…. On arrive à ce qu’on peut vraiment qualifier de viol des consciences. L’offensive sur les jeunes, voire très jeunes, est aussi insupportable que régulière.

Les derniers chiffres de l’Arcom (l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) donnent le vertige. L’exposition des mineurs aux contenus pornographiques est en forte progression sur Internet. Chaque mois, 2,3 millions de mineurs fréquentent des sites pornographiques, un chiffre en croissance rapide au cours des dernières années. Dès 12 ans, plus de la moitié des garçons se rend en moyenne chaque mois sur ces sites, ils sont près des deux tiers à s’y rendre entre 16 et 17 ans.

Le milieu scolaire est aussi un lieu visé, sous couvert d’éducation sexuelle. En février, des enfants de CM2 dans la Loire ont reçu, en l’absence de leur professeur, la visite d’une infirmière (extra) scolaire dans le cadre d’un cours d’éducation sexuelle. Ils ont été contraints d’entendre, à 10 ans, parfois en réponse à certaines questions, que “pour le plaisir une fille suce le pénis du garçon”, que “pour le plaisir la fille peut caresser délicatement les testicules du garçon”, qu’ “on peut faire le sexe dans les fesses” ou encore qu’ “on peut changer de sexe… prendre des médicaments pour bloquer la barbe et les poils”.

Certains enfants dégoûtés, traumatisés, ou ayant dû se boucher les oreilles, refusant de revenir en classe ou de retourner en séance d’éducation à la sexualité, ont rapporté les propos qu’ils ont dû supporter à leurs parents. Ces faits sont dénoncés par l’association SOS-Éducation dans une lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye. Le ministre qui a annoncé dès sa prise de poste vouloir faire de l’éducation à la sexualité la priorité de l’école…

Les enfants mis en danger

L’association explique avoir été mandatée par des parents d’enfants victimes. “De tels propos, quasi pornographiques, peuvent constituer un viol psychique, portant atteinte à la pudeur des enfants, compte tenu du jeune âge des destinataires, pré-pubères.” Ce courrier interpelle directement le ministre et pointe les méfaits que de tels discours peuvent engendrer. Par exemple, sur des enfants qui seraient déjà victimes d’abus et terrés dans le silence et la souffrance. SOS-Éducation s’insurge :

Imaginez-vous sérieusement que ce sont là des mots qui vont emplir de confiance l’enfant abusé sexuellement pour qu’il ose en parler ? Pensez-vous qu’un enfant victime d’attouchements ou d’abus sexuels, entendant ces propos, saisit l’essentiel, à savoir “qu’aucun adulte ne peut lui demander pour le plaisir de le caresser, ou n’a à toucher son corps, ni à lui demander de toucher le sien, qu’aucun adulte n’a à lui imposer de recevoir ou de donner un baiser, que si un adulte fait quelque chose comme cela, c’est mal, c’est interdit par la loi, que si un autre enfant fait quelque chose comme cela, ou veut l’obliger, ou lui dit que ‘si tu le fais pas c’est que t’es pas cap’, en fait c’est un abus sexuel” ? 

Autre problème : ces séances sont souvent prises en charge par des associations militantes, ou assurées par des personnes insuffisamment formées. Les idéologies ont pris la place des savoirs, et le prosélytisme actuel pour la déconstruction du masculin et du féminin conduit aux pires dérives. Ainsi, il arrive que l’intérêt supérieur de l’enfant passe au second plan et que des messages, des mots, des images inadaptées à leur âge fassent effraction, puissent avoir un effet traumatique et entravent leur développement psychoaffectif et psychosexuel. On parle là d’une mise en danger d’enfants, soumis contre leur gré à des images et à des discours d’un réel sexuel totalement inadapté à leur âge. Pourtant, une circulaire interdit formellement de tenir des propos sexuels devant les élémentaires. Et cela n’est pas respecté. 

Les responsabilité des parents

Plus que jamais, la vigilance des parents est requise. Il faut s’informer : qui assure les séances ? quand ont-elles lieu ? leur contenu est-il adapté à l’âge des enfants ? La mission de l’école est d’instruire, et celle des parents est d’éduquer. Il y a un temps pour tout. L’éducation sexuelle et affective (la part tellement oubliée dans l’histoire) des enfants est plus que jamais indispensable.

Comment prétendre vouloir faire une éducation qui vise à protéger les jeunes et à lutter contre les discriminations si tout cela commence par une violence psychique qui leur est faite ? 

Elle revient en priorité aux parents. L’école, les bibliothèques, n’ont pas à s’immiscer dans l’intime, à propager des images dégradantes ou mensongères. À laisser croire que c’est normal et anodin de faire tout et n’importe quoi avec son corps et avec celui des autres. Comment prétendre vouloir faire une éducation qui vise à protéger les jeunes et à lutter contre les discriminations si tout cela commence par une violence psychique qui leur est faite ? 

Il y a quelques jours, dans une librairie, j’ai entendu une conseillère refuser trois fois de suite à des jeunes l’achat d’un roman, qui, d’après elle, devait recevoir l’approbation de leurs parents, car ce livre aborde de manière très crue les violences sexuelles et conjugales. Interpellée, je me suis joint aux échanges. J’ai compris que la promotion de ce livre tournait sur TikTok, et qu’il semblait à cette habituée des rayons jeunesse qu’il n’était pas destiné à un jeune public. Elle s’excusait presque de défendre ses convictions, se sentant obligée de se définir plusieurs fois elle-même comme étant “vieille France”. Non, madame, l’ai-je rassurée. Là n’est pas la question. Il s’agit juste d’une question de bon sens. J’ai senti que cette parole lui faisait un bien fou. 

La beauté de l’amour

Un enfant est un enfant. Un adulte est un adulte. À un âge où on joue au Lego et à chat perché, où on croit que “sextoy” est un dessin animé et que gay veut dire joyeux, laissons les gosses loin des obsessions de quelques adultes. L’éducation sexuelle et affective, OUI. Dès le plus jeune âge, de manière adaptée à chaque âge. Avec tact, délicatesse, sans leur salir la tête, le cœur et l’âme, en préservant leur pureté et leur innocence. Avec un regard positif et émerveillé. Pour qu’ils découvrent tranquillement la beauté de la sexualité et de l’amour. Ce sera le meilleur moyen pour leur apprendre à se respecter eux-mêmes et à respecter vraiment l’autre. 

Tags:
ÉducationSexualité
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