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Dieu peut-Il se mettre en colère ?

SODOME

© Everett Collection - shutterstock

Loth, son épouse et ses filles fuient la ville de Sodome en feu.

Morgane Afif - publié le 15/05/23

"Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour" (Ps 102, 8). L’amour empêche-t-il de se mettre en colère ? Qu’est-ce qui peut provoquer la colère de Dieu, alors même que l’on dit de Lui qu’Il est patience et toute tendresse ?

Orgueil, avarice, jalousie, luxure, gourmandise, paresse et… colère. Si la colère figure parmi les sept péchés capitaux, Dieu, qui est parfait, pourrait-Il y succomber ? Les écritures mentionnent à plusieurs reprises la colère de Dieu : si le Seigneur peut se révolter, sa colère à Lui n’est alors pas la même que celle des hommes, car elle ne peut être le fruit du péché. Qu’est-ce donc que la sainte colère de Dieu ? 

La colère de Dieu n’est pas celle des hommes

« Dans le Sermon sur la Montagne, le Seigneur rappelle le précepte : “Tu ne tueras pas”, précise le Catéchisme de l’Église catholique. Il y ajoute la proscription de la colère, de la haine et de la vengeance. Davantage encore, le Christ demande à son disciple de tendre l’autre joue et d’aimer ses ennemis. Lui-même ne s’est pas défendu et a dit à Pierre de laisser l’épée au fourreau » (CEC §2262). « Moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu », nous enseigne le Christ (Mt 5, 21). Ainsi, la colère que proscrit la loi de Dieu est celle qui se soustrait à la sagesse et à la mesure et qui se laisse aller à la rage et à l’insulte. Elle contient, en germe, la violence qui peut aller jusqu’au meurtre. C’est bien la colère, mue par la jalousie, qui pousse Caïn à tuer son frère Abel et qui constitue le premier crime commis par l’homme dans la Genèse. 

Les Écritures mentionnent quant à elles la colère de Dieu à de nombreuses reprises : oui, le Seigneur se met en colère, et ces occurrences sont nombreuses dans la Bible. « Dans ta colère, Seigneur, lève-toi, domine mes adversaires en furie, réveille-toi pour me défendre et prononcer ta sentence », chante le psalmiste (Ps 7, 11). La colère de Dieu, pourtant, n’est pas de même nature que l’émotion humaine car sa source est sainte, contrairement à la colère humaine qui est la conséquence du péché originel. C’est précisément sur ce point que saint Paul nous prévient : « Si vous êtes en colère, ne tombez pas dans le péché ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère. Ne donnez pas prise au diable » (Ep 4, 26-27). A l’image de Dieu, toute colère n’est pas fondamentalement peccamineuse, et il est possible d’éprouver de la colère sans pécher pour autant. 

Qu’est-ce que la colère divine ?

Dans l’Ancien Testament, lorsque Dieu se met en colère, c’est parce que l’homme n’a pas respecté sa loi et n’a pas honoré l’alliance, qui, pour son bien, le lit à Lui. C’est par exemple le cas lorsque Salomon verse dans le paganisme : « Salomon vieillissait ; ses femmes le détournèrent vers d’autres dieux, et son cœur n’était plus tout entier au Seigneur, comme l’avait été celui de son père David. Salomon prit part au culte d’Astarté, la déesse des Sidoniens, et à celui de Milcom, l’horrible idole des Ammonites. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur » (1 R 11, 4-6). Dieu, alors « s’irrita contre Salomon parce qu’il s’était détourné du Seigneur Dieu d’Israël » (1 R 11, 9). Il en va de même lorsque les fils d’Israël « ont abandonné tous les commandements du Seigneur leur Dieu et se sont fait des idoles en métal » (2 R 17, 16). Face à eux, « le Seigneur s’est mis dans une grande colère […] et les a écartés loin de sa face » (2 R 17, 18). 

Cette attitude, fondamentalement charitable, est la même que celle qu’adopte Jésus lors de sa vie terrestre : sa colère est toujours motivée par le fait que les puissants détournent la religion ou la richesse à leur profit au détriment de la justice. L’exemple le plus frappant est à ce titre celui des marchands du Temple. « Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs » (Jn 2, 14-15). Ici, Jésus n’est pas simplement irrité, mais, de rage, il va jusqu’à renverser violemment les comptoirs, dans un geste impressionnant.

Une colère dirigée

Ainsi, la colère de Dieu, y compris dans ses accomplissements les plus extrêmes, comme lorsqu’Il envoie le déluge sur la terre, est toujours et sans aucune exception dirigée vers ce qui pourrait nuire à son peuple. Il faut, pour comprendre cela, opérer une conversion du regard pour essayer de considérer le point de vue divin : alors qu’ici-bas, coupé de Dieu, ce que l’homme craint le plus est la mort physique, le Seigneur nous rappelle de ne pas craindre « ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; [mais] plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps » (Mt 10, 28). 

La colère divine est donc toujours, et uniquement, dirigée contre le péché qui seul achève la séparation de l’homme avec son Créateur lorsqu’il ne se repent pas : « Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais bien plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive » (Ez 33, 11). « Loin de contredire l’amour, conclut l’Église, la colère de Dieu est à sa manière une expression de cet amour. Elle représente les deux faces d’une seule et même réalité. » 

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