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Faut-il s’inquiéter si mon enfant a un ami imaginaire ?

imaginary friend Shutterstock

© Evgeny Pylayev I Shutterstock

Anna Ashkova - publié le 05/05/23

C'est habituellement entre 3 et 5 ans que certains enfants nouent des liens avec un nouvel ami… tout droit sorti de leur imagination. Loin d’être inquiétante, son apparition est signe d’imagination et de créativité.

Quand un jour Blandine a entendu sa fille de 5 ans parler toute seule dans sa chambre, elle n’y a pas prêté attention. Mais lorsque, Marie a cassé un verre et a fait accusé Bouboule en pointant du doigt dans la vide, elle a compris que sa fille avait un nouvel ami… imaginaire. Ce phénomène, tout à fait normal, touche jusqu’à deux enfants sur trois. Invisible, représenté parfois par un jouet ou une poupée, un ami imaginaire peut être très présent comme très discret. 

Sa fonction psychologique est plurielle. Un ami imaginaire peut aider à combler la solitude chez un enfant introverti, surtout s’il a une grande différence d’âge avec sa fratrie ou bien qu’il est enfant unique. Grâce à lui, un enfant met en scène des relations d’amitié qui lui servent d’entrainement pour comprendre et mieux maitriser les relations sociales. C’est aussi par son truchement que l’enfant exprime ses pensées et ses sentiments. Il est également son bouc émissaire quand il fait une bêtise, dit des gros mots ou veut n’en faire qu’à sa tête.

“Pour l’enfant, l’imaginaire est un moyen de filtrer la réalité et de s’en protéger lorsqu’elle ne lui plaît pas”, explique à Aleteia le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Et de rassurer les parents inquiets : “Cela fait partie d’un développement normal. Cet ami disparaît habituellement à l’entrée à l’école primaire, vers 6-7 ans”.

Comment réagir à la présence d’un ami imaginaire ? 

“Pendant très longtemps, nous n’arrivions pas à avoir d’autres enfants. Cela a dû avoir un impact sur notre fils, Ambroise. À 4 ans, il a commencé de parler d’un certain Georges. À l’école, la maîtresse a cru que c’était son petit frère”, se souvient Alice. La plupart des enfants savent que leur ami n’existe pas vraiment et que les autres ne le voient pas. Mais certains, surtout parmi les plus jeunes, y croient fermement.

Dans ce cas, il ne faut surtout pas réprimander l’enfant ou lui dire que son ami imaginaire n’existe pas. “On l’accepte, on écoute son enfant en parler. Et on prend en considération ce qu’il fait dire à son ami car c’est ce qu’il a envie de dire. Par exemple, si l’ami a peur le soir des fantômes, on en tient compte”, conseille Stéphane Clerget. 

Acceptez l’ami imaginaire oui, mais sans lui donner trop d’importance. “Marie nous a dit que Bouboule aimait bien les céréales au chocolat le matin. Maintenant, je me pose la question si je dois ajouter une assiette pour Bouboule au petit déjeuner…”, s’interroge Blandine, 30 ans. “On ne fait pas comme s’il existait vraiment. On ne lui met pas une assiette à table et on ne parle pas avec cet ami. Surtout, on ne l’évoque pas si l’enfant n’en parle pas”, répond Stéphane Clerget. 

Quand l’ami imaginaire fait des bêtises

“Chez nous, Paul, l’ami imaginaire de notre fils Augustin, fait la loi. Il contredit systématiquement tout ce que nous lui disons”, souffle Antoine. À cela, Stéphane Clerget rappelle une autre règle importante : responsabiliser l’enfant et lui rappeler les règles lorsqu’il utilise son ami imaginaire.

On accepte l’ami imaginaire, on écoute son enfant en parler. Et on prend en considération ce qu’il fait dire à son ami car c’est ce qu’il a envie de dire.

“S’il lui fait porter le chapeau pour ses bêtises, on rappelle la règle. S’il dit “Ce n’est pas moi c’est Zazou qui a cassé la lampe avec le ballon”, c’est pour lui une façon de dire qu’il ne l’a pas fait exprès. On lui dit alors que peu importe, il ne faut pas lancer le ballon dans le salon”. Il en est de même lorsque l’ami imaginaire “autorise” l’enfant à faire des choses que ses parents lui ont interdites. “Il faut toujours expliquer les raisons des interdits et rappeler que ce sont les parents qui décident à la maison et non Zazou”, insiste Stéphane Clerget.

Une fois que le bon comportement des parents vis-à-vis l’ami imaginaire de leur enfant est adapté, la présence de ce nouveau membre de la famille ne doit pas inquiéter. Elle n’a rien de négatif. En revanche, “on peut prendre un avis de spécialiste si cet ami imaginaire persiste au delà des 7-8 ans d’un enfant et surtout si l’enfant communique uniquement via cet ami et n’a aucun ami réel, voire s’il a des troubles associés comme des visions”, conclut Stéphane Clerget. 

Découvrez aussi 10 phrases de la Bible pour l’éducation des enfants :

Tags:
ÉducationEnfantsParentsPsychologie
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