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D’où viennent les gargouilles sur les cathédrales ?

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Morgane Afif - publié le 23/04/23

D’où vient ce véritable bestiaire qui s’inscrit dans l’imaginaire médiéval ? En quoi est-il l’expression d’un combat, symbolique et réel, contre le mal ?

Elles posent depuis des siècles, trônant sur les hauteurs de nos cathédrales. Mais d’où viennent ces créatures fantastiques et monstrueuses, gargouilles et chimères, qui ont à la fois un rôle pratique et symbolique ?

Si l’on confond souvent les deux, chacune d’elle a son utilité propre. Les gargouilles, d’abord, tiennent leur nom de l’ancien français “gargoule“, qui désigne le gosier : on retrouve d’ailleurs la même étymologie dans “gargariser”, c’est-à-dire se rincer l’arrière-bouche avec un liquide. Le mot “goule“, a quant à lui évolué vers le mot “gueule”, que l’on utilise à la fois pour désigner aujourd’hui vulgairement le visage, mais aussi la bouche de l’animal.

Ainsi, les gargouilles sont les sculptures de pierre, de taille moyenne, situées au bord de la toiture de certains édifices, notamment religieux, pour évacuer les eaux de pluie à la manière d’une gouttière afin de protéger la structure de l’humidité. Elles ont donc un rôle essentiellement pratique.

Les chimères, quant à elles, sont des sculptures uniquement décoratives bien qu’elles figurent souvent, à la manière de leurs cousines, des animaux fantastiques et monstrueux ; stryges ou cerbères. Si les gargouilles ornent nos cathédrales depuis le XIIIe siècle et deviennent très vite un symbole de l’art gothique, les chimères sont une invention plus tardive, car c’est Viollet-le-Duc qui a l’idée de les installer sur les hauteurs de Notre-Dame, lors de sa restauration au XIXe siècle. Elles ornent, depuis, la galerie supérieure qui relie les deux tours de la cathédrale.

La légende de saint Romain de Rouen

Les gargouilles sont nées d’une légende bien connue des Rouennais qui raconte qu’au VIIe siècle, un dragon réfugié dans les marais environnants terrorisait les habitants de la région en dévorant les malheureux et les troupeaux qui le rencontraient par mégarde. Saint Romain, alors évêque de Rouen, parvint à soumettre la bête en lui imposant un signe de croix, avant de la conduire dans la ville où elle périt sur le bûcher, sur le parvis de la cathédrale.

Ne ressortirent des flammes que sa tête et son cou, pétrifiés comme de la pierre, que les habitants exposèrent aussitôt sur les remparts de la ville. C’est d’ailleurs la scène la plus représentée dans l’iconographie de saint Romain, patron de la ville de Rouen.

De cette légende naît une nouvelle mode architecturale : ces bêtes de pierre, effrayantes et menaçantes, deviennent au Moyen-Âge les sentinelles silencieuses qui veillent sur les remparts des cathédrales, elles qui représentent symboliquement la cité de Dieu. Ainsi, elles-mêmes repoussantes, elles éloignent, croit-on, les autres démons des édifices religieux. Elles sont aussi à l’image du combat spirituel qui se joue dans l’âme, sans cesse hésitante entre la volonté de faire le bien et la capacité à choisir le mal : le salut, semblent-elles soupirer, se trouve dans le lieu saint qu’elles protègent.

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ArtsÉglise
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