Depuis le 1er avril 2023, sœur Helen Alford, une dominicaine de 58 ans, est présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales. Cette docteur en ingénierie à l’université de Cambridge, économiste et experte en éthique des affaires, devra notamment encourager la réflexion sur les grands bouleversements technologiques que le monde connaît actuellement. Et devra montrer que l’Église peut apporter un regard sur la révolution numérique en cours. Entretien.
Aleteia : Dans un monde sécularisé où la doctrine sociale catholique n’est peut-être plus autant prise en considération qu’auparavant, comment l’Académie pontificale des sciences sociales, et plus généralement l’Église, peuvent-elles se faire entendre ?
Sœur Helen Alford : Beaucoup de gens ont l’impression que l’Église n’est pas un acteur majeur. Mais en étant ici à Rome, je pense que l’on a une perspective différente. Les organisations internationales, telles que les Nations unies ou l’Union européenne, sont plutôt ouvertes, et ce n’est pas nouveau. Lorsque Jean-Paul II a publié Sollicitudo Rei Socialis en 1987, les Nations unies avaient organisé un séminaire à New York sur l’encyclique. Peu après, en 1990, le premier rapport sur le développement humain a été publié et je pense que l’encyclique a eu un certain impact. Les pays ont commencé à se mesurer sur la base de l’indice de développement humain, plutôt que sur le seul produit intérieur brut (PIB).
Lorsque Laudato Sì a été publié en 2015, deux grands accords ont été conclus peu après : les accords de Paris sur le climat et les objectifs de développement durable des Nations unies. Tout le monde reconnaît que l’encyclique du pape François a joué un rôle crucial dans ces accords.











