Quatre ans après l’incendie, Notre-Dame va retrouver sa flèche. Tandis que la cathédrale écrase toujours de sa majesté ceux qui se jouent de son symbole, l’enjeu de sa reconstruction demeure, estime notre chroniqueur : sortir des bassesses du monde présent en la rendant encore plus belle.
À l’Élysée, la com’ se veut subliminale. "Tenir le cap, c’est ma devise", s’est écrié Emmanuel Macron en visitant ce vendredi matin le chantier de Notre-Dame. Cette petite phrase, lâchée quatre ans après l’incendie, l’est surtout en plein brasier social. Le chef de l’État n’attend pas que la flèche s’élève dans le ciel de Paris pour décocher la sienne et renseigner sur son état d’esprit les sages du Conseil constitutionnel, quelques heures avant qu'ils examinent son texte sur les retraites. La préméditation est trop évidente. Cette manière de faire du 2 en 1 est gênante. Le pouvoir se joue de la signification du lieu pour en détourner à son profit la solennité et la puissance. Car cette phrase ambivalente revient à faire d’une cathédrale éternelle le décor d’une théâtralité politique ponctuelle. L’édifice, symbole magnifique d’unité, devient à son corps défendant l’instrument de la division. Quand une gouvernance est à ce point contestée, on s’abstient d’en importer les éléments de langage dans un sanctuaire où rien n’invite à la bassesse du jeu politique.




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