L’incendie de Notre-Dame, c’était il y a quatre ans, et "quelque chose en nous" se consumait. Les Français ne retenaient pas leurs larmes. Aujourd’hui déchirée, la France ne retrouvera pas sa communion devant les pierres vivantes de Notre-Dame sans la prière des chrétiens, estime notre chroniqueur Michel Cool.
Il y a juste quatre ans, les 15 et 16 avril 2019, un incendie ravageait la cathédrale Notre-Dame de Paris. Devant nos regards sidérés se consumaient, avec une violence de feu inouïe, près de dix siècles d’architecture religieuse, d’histoire de France et de dévotions transcendant les hiérarchies, les origines, les différences humaines. Dix siècles de ferveur et d’admiration étaient dévorés, sous nos yeux en larmes et impuissants, par des flammes inimaginables et qu’on aurait crues sorties des forges de Vulcain ou de l’Enfer de Dante. Le poète François Cheng apparut alors sur nos écrans de télévision pour dire ce que nos lèvres bâillonnées par le chagrin, muselées d’effroi ne pouvaient plus prononcer :
Le peuple français a une révélation. C’est ce monument-là et absolument pas un autre qui incarne notre âme commune chargée de spiritualité et d’histoire. Ce monument est fait de pierres vivantes, c’est-à-dire de chair et de sang parce qu’un cœur n’a jamais cessé d’y battre. Notre-Dame de Paris c’est l’honneur de la France, c’est-à-dire un seul monument qui réunit la beauté et la vérité humaine.













