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Vingt ans après l’invasion de l’Irak

8 min de lecture
Jean Duchesne

Crédit : Aleteia

Les mises en garde du Pape ont été ignorées en 2003. Pour l’essayiste Jean Duchesne, ces avertissements pontificaux demeurent d’actualité.

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C’est un anniversaire qui ne justifie certainement pas des célébrations, mais il invite à se rafraîchir la mémoire et fournit aujourd’hui quelques repères : il y a vingt ans, les États-Unis et quelques alliés inconditionnels envahissaient l’Irak. Le régime de Saddam Hussein s’effondrait bientôt et le pays sombra dans un chaos qui commence seulement à se dissiper. On estime à présent que cette guerre fut une erreur et un échec. Mais en tire-t-on les leçons ?

Pour comprendre comment cette affaire s’est enclenchée, il faut remonter à plus de vingt ans avant : à la révolution de 1979 qui a instauré un état islamique chiite en Iran, et à la fin de la Guerre froide, où l’Union soviétique s’enlisait en Afghanistan (comme déjà l’Amérique au Vietnam). Les États-Unis ont alors "pavloviennement" soutenu contre les Russes les rebelles afghans, dont des sunnites fanatiques : les talibans. Et, avec d’autres Occidentaux, les Américains ont aussi appuyé Saddam Hussein dans sa folle guerre, lancée en 1980, contre l’Iran qui leur était ouvertement hostile, retenant plus d’un an (1979-1981) 52 otages dans leur ambassade à Téhéran. L’autocrate irakien, sunnite mais socialiste panarabe, craignait que les chiites, majoritaires et opprimés chez lui, se rebellent, poussés par les ayatollahs. Il savait aussi que l’Iran était isolé et que les purges révolutionnaires avaient amoindri son armée.