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Benoît, Ignace, Bernard… Ces saints qui inspirent les managers

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Shutterstock I fizkes

Marzena Devoud - publié le 28/03/23

Gestion de conflits, organisation du travail, esprit d’équipe… Bien avant les écoles de commerce et les MBA, les saints ont su développer des modèles de management qui étonnent aujourd’hui par leur modernité. La Règle de saint Benoît, le charisme de Bernard de Clairvaux, l’art de déléguer d’Ignace de Loyola... À chacun sa manière de manager.

Existe-t-il des règles pérennes en matière de management ? Un texte du VIe siècle, la Règle de saint Benoît († 550) est une référence en la matière. À en croire ses adeptes, si son auteur vivait encore aujourd’hui, il serait très sollicité. Selon eux, sa Règle écrite en 73 points pour organiser la vie des moines regorge de conseils inspirants pour les managers.

Comme la répartition entre le travail et la prière, le traitement des frères “fautifs”, la manière d’évaluer les qualités d’un père abbé, ou encore la façon de prendre les décisions, ou de résoudre les conflits. Il suffit de remplacer “frère” par “collaborateur”, “abbé” par “dirigeant”, pour transposer ses préceptes à l’entreprise et les transformer en règles de management.

1La sérénité de saint Benoît

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Pour les frères bénédictins, diriger une entreprise sur le modèle d’une abbaye bénédictine n’a rien d’étonnant.

Chez les bénédictins, par exemple, la spiritualité est fondée sur la fidélité de la communauté envers chacun de ses membres, et sur l’engagement de celui-ci envers la communauté dans un même objectif : le service, celui de Dieu ou celui des hommes. Pour saint Benoît, dans une communauté monastique, chacun a droit à l’erreur et nul ne doit être exclu. La solidarité et l’épanouissement sont indissociables. Quant à “l’organisation de la maison”, elle est une condition sine qua non du bon fonctionnement de la communauté.

Savoir se décentrer, en puisant dans sa vie spirituelle et dans sa foi, permet de rester serein malgré l’urgence et la pression liés au travail.

Pour les frères bénédictins, diriger une entreprise sur le modèle d’une abbaye bénédictine n’a rien d’étonnant. Prenons l’exemple de la gestion du stress. Elle fait partie du quotidien du managers. Le conseil de saint Benoît ? S’efforcer de toujours travailler dans le calme, et surtout entrecouper le temps de travail par des moments de prière. Pour faire face à la pression, il faut retrouver la paix intérieure. Savoir se décentrer, en puisant dans sa vie spirituelle et dans sa foi, permet de rester serein malgré l’urgence et la pression liés au travail.

2L’art de déléguer de saint Ignace

Mais il n’y pas que le fondateur de l’ordre bénédictin pour apprendre l’art de manager. D’après le Financial Times, le créateur des Jésuites est un autre “héros du management”. Depuis Rome, saint Ignace de Loyola (1491-1556) a su manager l’expansion particulièrement rapide de son ordre dans le monde. Sa méthode ? Plutôt que de centraliser lui-même toutes les fonctions, saint Ignace a accepté de déléguer de nombreuses tâches, notamment aux missionnaires sur le terrain. Il a su créer la confiance, critère essentiel au bon fonctionnement d’une organisation. C’est cette confiance qui permis à chacun de développer son propre talent.

Avoir du leadership n’est pas seulement avoir une stratégie, mais c’est également la transmettre aux autres pour qu’ils la démultiplient.

Avoir du leadership n’est pas seulement avoir une stratégie, mais c’est également la transmettre aux autres pour qu’ils la démultiplient, chacun au mieux de ses propres possibilités. Autre élément essentiel à la propagation d’une vision : la culture commune établie avec ses célèbres Exercices spirituels. Par cette méthode de discernement unique, les Jésuites ont pu partager une même identité, voire un même mode de pensée.

3Le leadership de saint Bernard

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Avoir du leadership n’est pas seulement avoir une stratégie, mais c’est également la transmettre aux autres pour qu’ils la démultiplient.

Leader au charisme étincelant, saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) a fondé 68 monastères. Porté par des convictions inflexibles, saint Bernard de Clairvaux a écrit régulièrement au roi, repris les évêques, pesé de son influence pour imposer l’autorité du pape Innocent II… Mais saint Bernard a été tout d’abord le visionnaire d’une société médiévale inspirée profondément par l’idéal monastique.

Ce qui frappe c’est, pour paraphraser un concept en vogue aujourd’hui, le “leadership authentique” de saint Bernard.

S’il n’était pas un grand organisateur à contrôler chaque tâche, saint Bernard avait un talent exceptionnel de meneur d’hommes. Sa manière de faire ? Recentrer la liturgie sur le dialogue avec Dieu, tout en restant en accord avec la sensibilité de son siècle. De même, développer la dévotion à la Vierge. Plus que tout, il a su imposer à Clairvaux et aux autres monastères cisterciens une stricte discipline, loin de tout faste. Ce qui frappe c’est, pour paraphraser un concept en vogue aujourd’hui, son leadership authentique. On le voit bien dans les lettres que ses moines lui écrivaient. Envoyés pour fonder des monastères dans toute l’Europe, ils expriment tous le même désir : revenir à Clairvaux, tant ils sont attachés à Bernard.

Dans la lumière du présent

Les modèles de management de saint Benoît, de saint Bernard ou de saint Ignace de Loyola, inspirent plus que jamais les managers. Les valeurs chrétiennes qui les ont nourris au quotidien peuvent aider dans le management d’une équipe. Notamment la primauté de la personne humaine, l’importance du long terme et le sens de la vérité.

C’est un point essentiel : ne jamais considérer les salariés comme de simples moyens pour l’obtention d’une fin.

Dans une interview accordée au magazine Challenges Augustin de Romanet, président d’ADP (Aéroports de Paris) et catholique pratiquant, souligne que le christianisme place le bien de l’homme au cœur de ses préoccupations. “C’est un point essentiel : ne jamais considérer les salariés comme de simples moyens pour l’obtention d’une fin”, explique-t-il.

La deuxième valeur est l’importance du long terme. “Pour les chrétiens, c’est la vie éternelle qui donne tout son souffle au progrès humain. Enfermé dans une histoire courte, l’homme risque de se limiter à la croissance de l’avoir. Sans profondeur de champ, le progrès peut manquer de sens. La vision du long terme permet de bâtir sa maison sur le roc pour anticiper et maximiser la croissance de nos projets”, poursuit-il. Enfin, la troisième valeur est, selon lui, le souci de la vérité. Comme l’écrit fr.aleteia.org/tag/liturgie/">Liturgie, sacerdoce, abus sexuels… les dernières réflexions de Benoît XVI“>Benoît XVI dans son encyclique Caritas in veritate:

“Sans vérité, sans confiance et sans amour du vrai, il n’y a pas de conscience ni de responsabilité sociale et l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui ont pour effets d’entraîner la désagrégation de la société” (Caritas in veritate).

Ceux qui recherchent les méthodes les plus efficaces pour conduire une action aussi pérenne que fructueuse n’ont pas à aller loin ou à guetter les nouveautés : il leur suffit de creuser dans la profondeur de siècles de sagesses et de traditions, qui ne demandent qu’à rayonner dans la lumière du présent.

Dix versets bibliques pour avoir de bonnes relations avec ses collègues :

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Ignace de loyolaManagementsaint Benoît
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