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Guillemette, maîtresse dans l’art d’équilibrer vie pro et vie perso

Guillemette de Penfentenyo

Guillemette de Penfentenyo

Mathilde Villejoubert - publié le 09/03/23

Des doutes, des combats, des réajustements permanents... C’est ce qui anime le quotidien de Guillemette de Penfentenyo, qui, à 35 ans, a choisi de tout concilier et a opté pour un "double emploi" de maman et d’entrepreneuse.

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À l’heure actuelle, nombre de femmes sont confrontées au délicat tiraillement entre leur vie de famille et leur vie professionnelle. Combien d’entre elles culpabilisent de ne pas être assez présentes pour leurs enfants, ou à l’inverse, de ne pas suffisamment performer dans leur travail ? Existe-t-il une formule magique ? Comment compartimenter son quotidien pour répondre à la fois à sa vie de femme, d’épouse, de mère, de professionnelle ? Forte de plusieurs années d’expérience en tant que maman, de combats et d’une quête d’équilibre sans cesse réajustée, Guillemette nous ouvre les portes de sa vie de femme épanouie et engagée. 

Mariée depuis près de 12 ans à Matthieu, ébéniste et directeur pour le mobilier dans une ébénisterie internationale de luxe, Guillemette a toujours su ce qu’elle voulait pour elle, pour sa vie et pour sa famille. Quand elle prend une décision, elle fonce, elle ne tergiverse pas. C’est en ayant bien cerné – avant tout ! – ses propres besoins, qu’elle est en mesure de répondre à ceux de son mari et de ses quatre enfants, Jeanne (10 ans), Nolwenn (8 ans), Malo (6 ans) et Ambroise (3 ans). Une jolie leçon d’humilité et un exemple d’équilibre. 

Une passion … l’artisanat dans la peau 

Ayant pris des cours de dessin dès l’âge de 7 ans, Guillemette a toujours su qu’elle souhaitait travailler dans l’art. Le salon du patrimoine au Carrousel du Louvre a orienté son chemin : le métier de joaillier est une révélation, tant dans le savoir-faire unique de la profession que dans la matière noble, précieuse et naturelle à travailler.  

S’ensuivent deux années d’école d’art et un CAP au sein de la Haute-École de Joaillerie à Paris, grâce à laquelle Guillemette réalise une alternance de deux ans chez un lapidaire. « J’ai taillé des saphirs pour Cartier dans un atelier de sous-traitance, j’ai pris des cours de gemmologie, j’ai testé différentes facettes du métier, j’ai découvert la profession dans sa globalité », raconte-t-elle. Une expérience en Asie dans un atelier de pierres précieuses ajoute une nouvelle corde à son arc. 

Forte d’un bagage technique, Guillemette pousse la porte de Chanel en intégrant le service pierres. « Place Vendôme, j’ai aiguisé mon œil, j’ai été sensibilisée à la beauté de la pierre et de sa valeur ». Son profil à la fois technique et expert lui offre nombre d’opportunités et la jeune femme se dirige finalement vers un sous-traitant de Chanel. C’est dans cet atelier qu’elle découvre pendant 3 ans comment trouver des pierres pour la fabrication de parures pour le compte de grandes maisons. 

La maternité redistribue les cartes 

À 25 ans, Guillemette a déjà cette volonté d’équilibrer sa vie entre sa famille et son métier. Enceinte de Jeanne, elle prend la difficile décision de ne pas reprendre le travail à la suite de son congé maternité. Elle répond à cet appel puissant de la maternité. « Je sentais que ma place était auprès de ma petite fille qui avait des maux de ventre à répétition, mon métier est en moi », précise-t-elle, « j’ai ce besoin d’exprimer mon art, j’ai un sens créatif à développer et je ne voulais pas lâcher mon ADN mais à l’arrivée de mon premier bébé, j’ai senti que j’étais rattrapée par la réalité ». 

Très vite, elle est enceinte de son deuxième enfant. Le couple parisien n’a désormais qu’un seul salaire et s’apprête à vivre à quatre dans un 35m2. Guillemette et Matthieu font en conséquence le choix de réorienter leur vie. Le couple a ce désir de s’investir dans une cause. Proches de prêtres dans le 11e arrondissement de Paris, Guillemette et Matthieu s’engagent en tant que responsables d’un foyer de jeunes, en lien avec la paroisse Saint-Ambroise. Cette expérience, tant humaine que spirituelle, bâtit plus que jamais sur le roc l’amour du couple, appelé à resplendir et à se propager autour de lui. « Nous avions des topos tous les mercredis avec les étudiants, la Présence réelle sur notre palier, c’était assez fou, cela nous a beaucoup nourris », témoigne Guillemette. 

Très jeune, Guillemette se sent un peu seule à Paris. Toujours précieusement épaulée, accompagnée de son mari avec qui elle discerne avant tout, et bien entourée de ses proches et de ses amis, elle décide, sur leurs conseils, de lancer sa propre marque. LAMA DEMOISELLE (bijoux fantaisies et accessoires de mode) est née. Guillemette pose un premier pied dans l’entreprenariat, ce qui lui réussit plutôt bien : elle réalise des ventes, entre-autre, aux Galeries Lafayette. 

Une adaptation permanente

Désormais, Guillemette est jeune maman, épanouie professionnellement et au service d’une cause : « J’ai toujours eu ce besoin de concilier toutes ces facettes dans ma vie ». La jeune femme s’organise, trouve des solutions pour faire fructifier sa petite entreprise tout en « répondant à son appel de maman ». Elle raconte : « Je ne souhaitais pas mettre les filles tout le temps à la crèche. J’ai jonglé entre des baby-sitters, la halte-garderie et des demies-journées où j’étais toute à elles. J’ai composé, en trouvant des solutions, en m’octroyant du temps ». Guillemette aime être dans l’accueil, en s’efforçant d’être toujours à l’écoute de son mari et ses enfants. « Je souhaite avant tout que la vie soit douce et en accord avec ce que je souhaite vivre. J’accompagne la vague de la famille, j’aime quand je dois composer, je suis en perpétuelle adaptation ». 

C’est cet ajustement permanent, en composant sans cesse avec la nouveauté que Guillemette parvient à garder le cap. Ce dernier est toutefois quelque peu ébranlé lors de l’arrivée du troisième enfant et du départ de la famille en province. Matthieu répond à une opportunité professionnelle qui les invitent à « gagner en espace et en qualité de vie ». Toutefois, Guillemette admet que la période est difficile, elle n’est plus dans « l’effervescence parisienne » pour continuer à s’investir dans sa marque. Un quatrième enfant s’annonce et une nouvelle réadaptation s’impose … or Guillemette « a perdu son fil conducteur », elle doit gérer trois enfants en bas âge dans un nouvel environnement. Elle confie : « Cette période a été un combat et en même temps, je me suis pleinement dédiée à mes enfants pendant 5 ans. Je me suis retrouvée face à moi-même et je me suis finalement révélée. »  

En me retrouvant seule face à moi-même, et dans ce rôle de mère à « temps plein », je me suis retrouvée, au fond, face au Seigneur ». 

Pleine de ressources, la jeune femme ne se laisse pas démonter, malgré la fatigue et sa passion qu’elle a dû mettre entre parenthèses. Elle consacre le maximum de son temps à ses enfants, tout en œuvrant pour la décoration de sa maison. Elle s’efforce, coûte que coûte, à faire resplendir l’amour dans son foyer, à contempler les enfants grandir au vert, à goûter à ce temps sans limite. « Durant cette période où les enfants étaient tous en bas âge, je me sentais épuisée, dépassée. En même temps, j’avais cette volonté qui ne m’a jamais quittée, de tout faire pour contribuer à l’épanouissement de la famille ». Guillemette se réinvente, pour, toujours répondre à ce besoin qui lui est propre d’équilibrer le personnel et le professionnel. Au cœur de la nature, elle œuvre ainsi dans la naturopathie et se lance dans un parcours de formation avec Montessori. 

Elle répond à ce besoin de se nourrir intellectuellement et… spirituellement. C’est une période riche pour la jeune femme qui entre plus profondément dans un cœur à cœur avec le Seigneur, en allant régulièrement se ressourcer à l’occasion de retraites au Foyer de charité de la Flatière, cela, toujours grâce au précieux soutien de Matthieu. « J’ai essayé d’être maman dans mon cœur. En me retrouvant seule face à moi-même, et dans ce rôle de mère à « temps plein », telle une vocation qui se révèle, je me suis retrouvée, au fond, face au Seigneur ». 

Une discipline de vie bien définie 

Guillemette et sa famille ont depuis un an posé leurs valises dans les Yvelines. Les enfants ayant grandi, ce retour à deux pas de la capitale fait raisonner la quête professionnelle de la jeune femme. L’appel de la joaillerie, son ADN, sonne comme une évidence. Seulement, comment y retourner tout en veillant au bon équilibre de la famille ?

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MAISON MADAME voit le jour dans la foulée, telle une réalisation artistique personnelle. Guillemette crée sa maison de haute-joaillerie qui propose des créations sur mesure pour des bagues de fiançailles ou autre. En deux temps trois mouvements, elle relance son réseau et revient dans son cœur de métier. « MAISON MADAME s’est montée très vite, je suis revenue sur la place pleine d’énergie après cinq années qui m’ont permis de poser les bases essentielles pour moi et ma famille. Nos années en province ont été un passage nécessaire pour devenir pleinement ce qu’on est aujourd’hui. Malgré les difficultés, je me suis épanouie en tant que femme et mère, c’était un temps précieux pour découvrir la maternité ». Prendre le temps d’accueillir la maternité, tel un apprentissage, avec ses hauts et ses bas, il s’agit sans doute là d’un enseignement précieux à retenir. 

Sa marque est aujourd’hui lancée, fondée sur de solides bases et fonctionne à merveille. Toutefois, Guillemette veille avant tout à ce fameux équilibre de vie : « Je connais aujourd’hui les besoins de ma famille et cela passe en priorité. Le mercredi est un temps dédié aux enfants. Je m’efforce de ne pas dessiner à côté d’eux. Le soir, tout le monde est à la maison à 17h30, pas après. Là encore, je m’efforce de ne pas répondre aux mails, un temps pour tout, et de me coucher tôt, le sommeil est précieux. Chaque créneau a ses limites et je tente de ne pas les dépasser. J’opte pour une vie saine et je re-choisis sans cesse cet équilibre que je me suis composé ». 

J’ai compris qu’on est avant tout soi-même, avant d’être épouse et maman.

La formule magique réside-t-elle dans une discipline de vie bien définie ? Cela semble fonctionner pour Guillemette. La jeune mère veille chaque jour « à cet équilibre qui tient à un fil ». « Je crois aux étapes de la vie. Aujourd’hui, j’ai retrouvé une disponibilité, j’ai davantage d’énergie et ma marque fonctionne, au bout d’un an, au-delà de mes espérances ! », se réjouit-elle. « Je n’ai pas de temps à perdre, mon rythme impose que je rentabilise à fond mes créneaux de travail ». Une organisation militaire pour un équilibre de vie réussi. Le fait d’être indépendante l’aide à s’organiser comme elle le souhaite, elle trouve son équilibre personnel de cette manière en composant avec ses besoins de femme. « Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, bien se connaître avant tout, soi-même, pour se rendre disponible aux autres » sont également des enseignements qu’elle retient de toutes ces années. « C’est parce que je suis passée par l’étape de mère au foyer que j’y arrive autant aujourd’hui. Ce n’était pas simple pour moi d’accepter de passer par là mais j’ai compris qu’on est avant tout soi-même, avant d’être épouse et maman. J’ai toujours fait confiance à mon mari et j’ai appris, au fil du temps, à me faire confiance et à faire confiance à mes enfants, tout en cernant les limites de chacun ». 

Un équilibre fondé aussi sur la prière et l’engagement solidaire… 

Le jeune couple s’applique aussi à répondre à des besoins spirituels et solidaires qui ne les ont jamais lâchés. « Donner du temps, c’est important pour moi », témoigne Guillemette. Elle propose des cours de catéchisme le mercredi matin à des enfants de leur village âgés entre 9 et 10 ans. Avec le carême, cela la nourrit particulièrement. « Les enfants interagissent entre eux, se donnent les moyens de se rapprocher de Dieu. Je veille à les accueillir dans une maison rangée avec un coin prière, cela demande du temps mais c’est riche ! »

La prière nous aide à tenir notre rythme de vie, sans elle, nous ne pouvons y parvenir !

L’entrée dans le carême est l’occasion de faire « un grand ménage, on ouvre les portes de notre cœur et on parle à Jésus, on essaie de faire tomber les barrières pour être renouvelés à la résurrection de Jésus ». Guillemette, en posant ces mots, ne cache pas que cela la fait grandir dans sa propre conversion. « On se donne les moyens, en famille, d’être toujours plus proches du Seigneur. L’entrée dans le carême nous invite à faire d’autant plus la prière en famille, à avoir une vie intérieure plus dense. La force de la prière nous aide à tenir notre rythme de vie, sans elle, nous ne pouvons y parvenir ! »

Depuis plusieurs années, le couple est également membre du Conseil d’Administration d’une association qui défend les femmes dans leur maternité. « On apporte ainsi notre petite graine » confie Guillemette. Pour elle, la force de son foyer tient sans doute également dans cette volonté de s’impliquer pour une cause, d’agir pour leur ville, pour leur pays. « On aide ces femmes à se loger et à donner la vie, c’est notre appel à notre humble niveau ». 

Être dans la joie, malgré les combats 

Pour Guillemette, c’est très simple : « Je m’efforce, avec humilité, d’être dans une dynamique positive, de cerner sans cesse les choses positives dans ma vie ». Être dans la joie, malgré les combats. « Je suis heureuse dans ce que j’accomplis et puisque je suis heureuse, j’y arrive. J’ai le sentiment d’avoir été appelée à cela : je fais fructifier ma passion, je me suis préparée plus que jamais à mon rôle de maman et finalement, j’ai le sentiment de devenir ce à quoi je suis appelée. » Bien sûr, tout cela ne s’est pas fait du jour au lendemain et c’est forte de périodes creuses, de combats, de remises en question, d’une profession en suspens pour un temps, d’apprentissage des besoins de sa famille et d’une réadaptation constance que Guillemette fonce aujourd’hui et plus que jamais vers … la maternité, la joaillerie, la prière, la joie, l’amour des siens. 

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FemmesMaternité
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