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Couper ce qui nous coupe de Dieu

para wiernych modli się w kościele przed krzyżem za kogoś

Momentum studio | Shutterstock

Peter Cameron - publié le 03/03/23

Nous sommes appelés à rechercher les richesses éternelles et à mépriser ce qui est matériel et éphémère.

Comment pouvons-nous comprendre ces paroles choquantes de Jésus :  “Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le […] si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la” (Mt 5,29-30) ? Le Christ nous appelle à une pureté et à une intégrité radicales qui affectent chaque aspect de notre être, jusqu’à notre corps. L’amour du Seigneur pour nous est si vaste qu’Il ne veut pas que quelque chose nous en sépare. Pour cette raison, nous devons nous détacher de certaines choses dans notre vie. 

Une définition utile du détachement a été donnée par le théologien dominicain du XIVe siècle, le père Jean Tauler (1300-1361) :  

Qu’est-ce que le détachement vrai et authentique ? C’est la séparation volontaire de tout ce qui n’est pas purement et simplement Dieu. C’est un examen minutieux de l’âme, dans ses profondeurs les plus intimes, pour découvrir s’il y a même la moindre chose qui ne soit pas simplement Dieu. C’est se demander constamment si Dieu est gardé à l’esprit en tout ce qui est fait ou omis. Et quand on trouve quelque chose qui a une saveur différente de Dieu, il faut le « couper » immédiatement. Cette recherche devrait être faite non seulement par les personnes dont la vie est très sainte et intérieure, mais par chacun sans exception.

La vie de saint Charles de Foucauld (1858-1916) est un beau témoignage de la puissance du détachement. C’était un sujet récurrent dans ses écrits.

La foi détache complètement l’âme des choses terrestres en montrant leur insignifiance totale. Si j’aime Jésus, je ne suis attaché qu’à Lui seul, à sa parole, à son exemple, à sa volonté. Si je veux le posséder, lui obéir, l’imiter, ne faire qu’un avec Lui, me perdre en Lui, par la perte de ma volonté en la Sienne… tout cela crie le besoin de détachement total de tout ce qui n’est pas Lui ! Le désir de ne posséder que lui crie : détachement. Ses mots crient : détachement. Son exemple crie : détachement. Sa volonté crie : détachement. Je dois me résoudre à voir sans cesse Jésus en moi, demeurant en moi avec son Père.

L’espérance, la source du détachement

Cependant le détachement ne consiste pas à serrer les dents et à renoncer à contrecœur aux délices convoités. Le détachement consiste à comprendre que notre cœur sera totalement comblé seulement lorsqu’il se retournera totalement vers le Bien Suprême pour lequel il est fait, et sans lequel la vie n’a aucun sens, et lorsqu’il cessera de rechercher son bien dans les choses finies. Comme l’écrivait saint Pierre de Damas au VIIIe siècle : “Le détachement a son origine dans l’espérance, car celui qui espère acquérir la richesse éternelle méprise volontiers ce qui est matériel et éphémère, même s’il aurait toutes sortes de confort.”

Le détachement nous permet d’être réalistes face à la vie et de nous libérer de ce qui nous emprisonne. Au Ve siècle saint Basile le Grand avait écrit cette belle prière qui est comme un couteau “spirituel” permettant de couper ce qui n’est pas nécessaire à l’âme : 

Dieu de miséricorde, reçois-moi, par ton nom très saint et par ton Fils bien-aimé Jésus-Christ, et par l’Esprit Saint, tout-puissant et vivifiant. Chasse de mon âme toute impuissance, toute infidélité, tout esprit impur, toute avidité, tout amour de l’argent, toute folie, toute débauche, tout mal – sombre, sans visage et sans honte. Ainsi, Seigneur, éloigne de moi toute œuvre du diable, toute sorcellerie, toute idolâtrie, toute passion pour le plaisir, toute concupiscence, tout amour de l’argent, toute ivresse, toute débauche, toute impudeur, toute colère, tout amour de la discorde, toute agitation et toute intention malhonnête. Seigneur Dieu, insuffle en moi ton esprit de paix !

Il est préférable pour nous de perdre l’un de nos membres que de perdre le Seigneur, afin que nous puissions nous réjouir de la liberté sans entraves d’être membres du Corps du Christ. L’écrivain autrichien Rainer Maria Rilke (1875-1926) disait dans une prière déchirante : 

Éteins mes yeux : je te verrai encore
Bouche-moi les oreilles : je t’entendrai encore
Sans pieds, je marcherai vers toi
Sans bouche, je t’invoquerai encore
Coupe-moi les bras : je te saisirai
Avec mon cœur comme avec une main
Arrache-moi le cœur et mon cerveau battra
Et si tu mets aussi le feu à mon cerveau
Je te porterai dans mon sang.

[Éteins mes yeux, 1899]

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