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Thérèse et la grâce, l’arroseuse et l’arrosée

Auteur de "Thérèse de Lisieux… sainte" (Artège), Véronique Gay-Crosier a suivi pas à pas l’itinéraire de sainteté de la petite carmélite. Elle nous montre, à travers une petite histoire du quotidien, comment Thérèse voyait dans le moindre petit événement de la vie son versant surnaturel.

5 min de lecture

Source: Tatyana Soares | Shutterstock

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Ce qui est typique de Thérèse, c’est sa capacité à exploiter tous les événements pour les surnaturaliser. Voici une petite histoire qui le prouve, et de laquelle peuvent être tirés plusieurs enseignements. Un jour, écrit-elle, "j’étais au lavage devant une sœur qui me lançait de l’eau sale à la figure à chaque fois qu’elle soulevait les mouchoirs sur son banc, mon premier mouvement fut de me reculer en m’essuyant la figure, afin de montrer à la sœur qui m’aspergeait qu’elle me rendrait service en se tenant tranquille, mais aussitôt je pensai que j’étais bien sotte de refuser des trésors qui m’étaient donnés si généreusement et je me gardai bien de faire paraître mon combat. Je fis tous mes efforts pour désirer de recevoir beaucoup d’eau sale, de sorte qu’à la fin j’avais vraiment pris goût à ce nouveau genre d’aspersion et je me promis de revenir une autre fois à cette heureuse place où l’on recevait tant de trésors" (Ms C).

Elle transcende sa nature