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Dix règles d’or pour apprendre (enfin) à écouter

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Marzena Devoud - publié le 06/02/23 - mis à jour le 03/11/23

En famille, entre amis ou au travail, comment apprendre à écouter l’autre attentivement ? Comment lui accorder toute son attention ? Témoignages, conseils et exercices pour maîtriser l’art de l’écoute, le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à quelqu’un.

“Tu m’écoutes ?”, “Je l’ai déjà dit cent fois”, “C’est sans intérêt ce que je raconte ? Alors pourquoi tu ne m’écoutes pas ?” Qui n’a pas entendu (ou lancé) un jour ce genre de reproche ? Pourtant, toute personne rêve d’être écoutée avec attention. Un art perdu, semble-t-il, dans un monde plein de sons et de bruits et marqué, en plus, par la peur du silence… C’est en tout cas le constat de Kate Murphy, auteur de Tendez l’oreille (Éditions JC Lattès) qui s’était lancée il y a quelques années dans une enquête sur cet art laissé à l’abandon. Alors qu’en moyenne, nous sommes capables de dire 125 mots en une minute (!), pourquoi prêter l’oreille avec attention à l’autre paraît, pour certains, mission impossible ?

Anne, juriste de 39 ans et mère d’un petit garçon de 5 ans, reconnaît qu’elle a du mal à écouter attentivement ses proches ou ses collègues. “Très souvent, sans couper par courtoisie la parole de la personne, je fais semblant de l’écouter en hochant la tête de temps en temps, en signe de compréhension”, confie-t-elle à Aleteia. “Oui, j’en ai un peu honte, mais, comme je suis dans un marathon permanent, que je suis toujours en retard, dès que quelqu’un me parle, je ne peux pas m’empêcher de penser aux dossiers à préparer pour le lendemain, à ce que je dois acheter pour dîner ou dire juste ensuite.”

Il est impossible d’écouter avec attention si on n’a pas un minimum d’intériorité.

Si elle reconnaît que ce n’est pas “très sympathique” de sa part, Anne est consciente qu’elle perd quelque chose d’important dans ses relations avec les autres. Pour le père Joël Pralong, auteur de Apprendre à écouter. La clé de nos relations avec les autres (à paraître le 15 février chez Artège), il y a une chose essentielle à comprendre : l’écoute naît du silence intérieur. “La difficulté vient du fait qu’on a peur d’entrer en soi-même et donc d’entrer ensuite à l’écoute de l’autre”, affirme-t-il à Aleteia. “En fait, il est impossible d’écouter avec attention si on n’a pas un minimum d’intériorité. Il faut d’abord vérifier ce qui se passe au fond de son propre cœur.”

Une marque d’amour

MOTHERHOOD
Écouter avec attention est une marque d’amour.

Car écouter avec attention est une marque d’amour. C’est même probablement le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à quelqu’un. D’une certaine manière, c’est lui dire, sans prononcer un seul mot : “Tu es important pour moi.” C’est l’expérience au quotidien de François, 33 ans, diacre et infirmier dans un hôpital à Nantes. Quand un patient vient se confier à lui, il se rend compte, avec quelques années d’expérience, que dans l’échange il y a beaucoup de non-dits, souvent liés à la peur de la souffrance ou de la mort. “Écouter mon patient malade avec attention, c’est finalement essayer de deviner ce qu’il ne peut pas me dire car c’est au-dessus de leurs forces”, remarque-t-il.

L’art de l’écoute, c’est donc écouter ce que l’autre ne dit pas… quand il parle. “J’aime ce slogan : écoute ce que je ne dis pas. Dans une relation d’aide, comme dans le cas de François, quand une personne vient se confier, il faut se poser cette question : qu’est-ce que j’entends vraiment de ce que cette personne me dit ? Qu’on soit prêtre, accompagnateur ou proche, il est très important d’écouter ce que l’autre ne dit pas”, souligne le religieux.

Une complicité affectueuse

FRIENDS
Dans l’art de l’écoute, on doit se sentir d’abord accueilli, aimé et non jugé.

Pour bien écouter il faut se libérer de tout jugement, même si on ne l’exprime pas, car celui-ci brouille les pistes et éloigne de la vérité. Quand une parole exprimée est perçue comme un jugement, elle fige la personne qui est en train de se confier. Cela arrive dès que l’on veut donner une réponse trop vite, ou faire un discours moralisateur.

Dans l’art de l’écoute, on doit se sentir d’abord accueilli, aimé et non jugé. “J’avais un père spirituel, un moine bénédictin, qui savait écouter jusqu’au bout sans jamais juger. Il savait poser des bonnes questions. Un jour, un jeune lui annonce : je suis venu vous dire au revoir, j’ai décidé de me suicider. Mais le religieux n’a rien dit. Il a simplement écouté avec compassion. Et à la fin, il a plongé sa main dans sa bure et sorti un chapelet en disant au jeune : “Va, il te protègera.” Cette présence et cette écoute attentive dénuée de tout paternalisme, respectaient en fait la liberté du jeune garçon. Cela a suffi pour qu’il ne passe pas à l’acte. Alors que le moine n’a rien dit de spécial !”, raconte le père Pralong.

Un écoute “de l’intérieur”

Il n’est pas toujours facile de s’écouter en famille. L’impression du déjà-vu, du déjà entendu, fait la vie dure à l’écoute ou à l’émerveillement de l’autre. Comment alors ne pas se laisser contaminer par l’habitude ou l’indifférence ? “L’exemple part du couple, ce sont les parents qui composent l’harmonie familiale en encourageant chaque enfant à jouer sa propre mélodie. D’où l’importance de s’écouter d’abord entre conjoints. Tout est parole, qui attend une réponse. À condition de s’écouter… en profondeur ! remarque le père Joël. C’est cette écoute “de l’intérieur” qui engendrent les mots justes et ajustés qui viennent pour dire de différentes manières : “Je t’aime.”

Pour apprendre cette “écoute de l’intérieur”, voici quelques exercices à pratiquer sans modération :

1. Décider de quitter les caricatures du “on connaît, je sais comment il (elle) va réagir”, pour écouter l’autre, en manifestant de l’empathie et de la disponibilité.

2. Prendre le temps d’accueillir les émotions, de les nommer, de les formuler : “Oui, je vois bien que cela te touche beaucoup, que tu es en colère… Si tu veux, tu peux m’en parler.”

3. Derrière un récit embrouillé chez un enfant par exemple, chercher la vraie question, le message codé. Même chose chez un ado, écouter ce qu’il ne dit pas.

4. Stopper la discussion quand le ton monte pour éviter que cela finisse en éclats de voix. Et la reprendre plus tard en proposant de mettre par écrit son récit et de s’asseoir ensuite pour en parler. Puis décider d’écouter l’autre jusqu’au bout de ses phrases et de son récit, sans l’interrompre.

5. Maîtriser le bouillonnement des pensées en se montrant accueillant aux sentiments de l’autre. Ne pas avoir peur de laisser de petits temps de silence qui apaisent…

6. Éviter les accusations qui d’entrée de jeu minent le débat. Plutôt que d’accuser, rester sur le doute : “Tu sais, quand tu m’as dit ceci ou cela, j’avais l’impression que tu m’en voulais… que tu cherchais à me reprocher quelque chose…” “Certainement prise par la peur, j’interprétais tout de travers…” Cette entrée en matière pacifique pousse l’autre à comprendre ses véritables intentions.

7. Reconnaître, remercier, apprécier, dire s’il vous plaît… Les conflits naissent bien souvent de manques de reconnaissance.

8. Abuser sans retenue des trois mots magiques, comme trois condiments indispensables à un bon repas : merci, s’il te plaît, pardon.

9. Faire l’effort de créer une routine quotidienne, par exemple demander au conjoint de raconter sa journée en se montrant intéressé et en l’écoutant attentivement.

10. La règle d’or : avoir la routine de prier ensemble, même dans les moments de tension. Si réciter une prière est trop difficile, faire juste un signe de croix ou bénir l’autre. Pour réinviter au sein du couple son grand allié : Dieu.

Découvrez aussi les pensées des saints pour apprendre à écouter :

Tags:
dialogueRelations humaines
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