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La crise de l’image sacrée au XIXe… avant son renouveau

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Julian Kumar / Godong

Mystère catholique 1889, Maurice Denis.

Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 17/01/23

L’image sacrée a véhiculé tout au long de l’histoire le message biblique, depuis l’antiquité jusqu’aux temps modernes. Mais après le Siècle des Lumières et la Révolution française, une brèche s’est introduite sur la place et le rôle de l’art sacré avant de connaître un renouveau au tournant du XXe siècle.

La Réforme protestante avait déjà conduit à une rupture profonde quant à la place des œuvres d’art sacré au sein des lieux de culte et dans la vie quotidienne. Allant d’une méfiance à leur égard jusqu’à une destruction systématique des tableaux et sculptures au sein des églises, le XVIIIe siècle allait encore accentuer cette fracture déjà bien engagée. Moins matérielle et plus philosophique, la défiance à l’égard de l’art sacré trouve en effet dans les philosophies des Lumières un terreau de choix avec une remise en cause, non seulement de l’art sacré, mais plus profondément encore de la foi et de la religion. 

La rupture révolutionnaire

Il suffit pour s’en convaincre de relire les brûlots du philosophe Voltaire sur le fanatisme et la superstition avec sa fameuse formule « Écrasons l’infâme »… Sans pour autant se revendiquer athée, Voltaire penche plutôt pour un déisme, croyance en un tout supérieur mais bien éloigné de la foi catholique romaine, ce qui lui fera dire : « Dieu ? Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas. »

Un important travail de relecture de la Bible issu de ce nouveau courant symboliste va ainsi se trouver réalisé sous l’impulsion de ces artistes profondément croyants.

Alors que l’autorité de la papauté se trouve contestée en Europe, la France, « fille aînée de l’Église » selon la formule héritée du baptême de Clovis, un 25 décembre 496, rompt subitement les amarres avec une justification jusqu’alors sacrée du pouvoir. Désormais la souveraineté ne vient plus de Dieu mais de la nation, nouveau concept hérité des penseurs des Lumières. Désormais, les biens de l’Église, et notamment ses nombreuses œuvres d’art sacré, seront au mieux dispersées ou vendues, au pire détruites… Les images d’art sacré seront ainsi mises en retrait une bonne partie du XIXe siècle jusqu’à ce que le courant artistique dénommé « symbolisme »  s’en empare et offre un nouvel air frais ou renouveau à la représentation biblique dans l’art. 

Renouveau au tournant du siècle

Ce renouveau de l’art sacré au tournant du XXe siècle fut l’œuvre d’un admirable travail réalisé notamment par des artistes comme Maurice Denis issu du groupe des Nabis ou encore Georges Desvallières qui créèrent en 1919 les Ateliers d’art sacré ; une nouvelle conception qui devait rompre avec les créations conventionnelles jusqu’alors admises dont notamment celles réalisées dans le style sulpicien, parti des échoppes autour de l’église Saint-Sulpice de Paris. 

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La Sainte Face, de Georges Rouault (1953). Musée des Beaux-Arts de Gand.

Un important travail de relecture de la Bible issu de ce nouveau courant symboliste va ainsi se trouver réalisé sous l’impulsion de ces artistes profondément croyants. Ils instilleront dans leurs œuvres une libre dimension sacrée en rupture avec le classicisme omniprésent, ainsi que le démontrent avec talent les œuvres réalisées par Maurice Denis telle le « Mystère catholique » ou encore celles du peintre Georges Rouault avec cet inoubliable « Ecce Homo » conservé au Vatican. La porte de l’art sacré se trouve ainsi ouverte pour un nouvel élan que  sauront saisir à leur suite de brillants artistes tels Marc Chagall, Henri Matisse, Jean Bazaine, William Congdon et bien d’autres encore qui renouvelleront le message biblique porté par l’art au XXe siècle.

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