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Dans la nuit, l’Étoile nous précède

Star of Bethlehem

vovan | Shutterstock

Benoist de Sinety - publié le 08/01/23

L’Étoile qui nous guide vers le Premier-Né ne nous invite pas à fuir la réalité, mais à y entrer sans peur. En nous y engouffrant à sa suite, assure le père Benoist de Sinety, elle nous promet de nous y guider, jusqu’au bout."

« Papa, ils ont prononcé les peines, je suis condamné à mort… mais ne le dis pas à maman » : Mehdi Karami a été pendu ce 7 janvier 2023 avec un compagnon d’infortune en Iran. Manifestants arrêtés en novembre dernier, accusés après une enquête bâclée d’avoir tué un membre de la milice des Gardiens de la Révolution. À peine trois semaines après son incarcération, ils ont été jugés, condamnés sans avoir pu rencontrer son avocat.

Le 3 janvier, la peine était confirmée par la Cour suprême : quatre jours plus tard, ils sont exécutés. Selon l’ONU, près de 14.000 personnes sont en prison en Iran du fait des manifestations qui secouent le pays depuis plusieurs mois. Nul ne sait ce que deviendra ce mouvement lancé par des femmes d’un courage magnifique, ni ce qu’il poussera les mollahs à provoquer pour chercher à reprendre la main. Mais tout est en place pour une tragédie. En ce début d’année, d’autres drames se perpétuent sous nos yeux, du Congo au Venezuela, de la Birmanie à l’Iran justement. 

L’étoile brille pourtant

Au milieu des joies et des chagrins du monde, l’étoile brille pourtant. D’un feu dont elle n’est pas la source, mais qu’elle reflète, comme elle le peut, malgré les nuages qui la masquent parfois et la lumière des champs de bataille ou de nos mégapoles qui la diluent souvent. Du couchant au levant, elle nous mène. Non à travers une terre pacifiée et heureuse : elle nous invite plutôt à descendre plus bas, toujours plus bas, rejoignant jusque dans la boue ceux qui y pataugent et qui risquent de s’y engluer. Elle n’est pas là pour nous offrir un chemin de fuite d’une réalité trop pénible pour nos regards chastes, loin des cris de nos frères que nous ne voulons plus entendre. Pas du tout : elle nous invite à ne pas avoir peur d’avancer dans la nuit car elle nous y précède. En nous y engouffrant à sa suite, elle nous promet de nous y guider, jusqu’au bout.

Taire l’existence du mal comporte un risque majeur : s’imaginer qu’ainsi on n’a rien à voir avec lui.

Il en va ainsi de l’Église. Un couple devant lequel j’évoquais un jour le carnavalesque étalage de scandales en cours, en leur demandant comment ils réagissaient à tout cela, me fit cette réponse qui n’appelait aucun commentaire : « Ici, nous n’en parlons pas. » Ce qui peut se concevoir tant les situations et leurs protagonistes sont assez pathétiques. Mais taire l’existence du mal comporte un risque majeur : s’imaginer qu’ainsi on n’a rien à voir avec lui. Alors que c’est tout le contraire : nous avons fort à voir avec le mal, parce que le Bien veut nous avoir tout pour lui. On peut faire comme si la nuit n’existait pas en allumant toutes les lumières de notre maison. C’est d’ailleurs le spectacle peu consolant que proposent nos grandes villes modernes où la nuit comme le jour se veulent à l’identique. Mais l’on sait bien en marchant à minuit dans Manhattan que tout y est factice. Et qu’à Londres, jamais les écrans géants de Piccadilly Circus ne feront illusion à la nuit qui enveloppe à leurs pieds, d’une manière invisible, nombre de ceux qui les contemplent. Pas plus que la ferveur entretenue à coups de milliards autour d’une Coupe du monde de foot ne fera disparaître les milliers d’ouvriers morts et l’abandon de tout principe crédible d’ambition écologique par nos responsables occidentaux. 

Entrer sans peur dans la nuit

On rêverait, pour l’Église, que les échos de son désir de suivre la lumière de cet astre qui mène au Premier-Né, se fassent plus puissants que ceux de la mélancolie, assez affligeante, d’un ancien secrétaire qui trahit la mémoire de son maître, en livrant aux médias affamés les regrets du défunt pape émérite. Qu’importe le bruit de nos propres affects : l’important n’est-il pas d’avancer résolument vers ce monde où la Lumière nous appelle à entrer sans peur, plutôt que de pleurer sur les vestiges de celui que nous quittons ? Le chant des pleureuses n’est pas celui des anges, mais celui de la mort. 

Mehdi Karami n’était pas un chrétien. Il s’est battu pour la Justice. Il n’est pas un saint, mais il est peut-être bien une sorte de martyre de la Vérité qui veut qu’il n’y ait aucune différence à établir en dignité et en droits entre un homme et une femme. Sans le connaître ni rien savoir de lui, il n’est pas interdit de penser qu’il a osé agir parce qu’il avait vu, à sa manière, la lumière d’une Vérité qui s’imposait à sa conscience et donc à sa vie. Les mages viennent d’Orient : ne l’oublions jamais.

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Iran
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