Professeur agrégé d’histoire, co-responsable de l’Observatoire de la modernité du Collège des Bernardins, Louis Manaranche appartient à la génération Benoît XVI. Il rend hommage au pape qui l’a fait entrer dans une foi adulte, dépoussiérée des querelles du passé, nourrie par la raison.
Ma génération a connu un Jean Paul II déjà âgé et malade et voyait en lui un géant dont nous savions que les grandes années étaient derrière nous. Restait, sous nos yeux et ceux du monde entier, son extraordinaire exemple de stabilité et d’immense dignité dans la souffrance. L’accession de Joseph Ratzinger sur le trône de saint Pierre coïncidait quant à elle avec notre entrée dans l’âge adulte ; elle a aussi été notre entrée dans une foi adulte. Arrivés après la grande époque des "Pentecôtes nouvelles", dont tant se sont avérées de lourdes supercheries, nous avions besoin, loin des enthousiasmes retombés, de revenir au cœur de l’annonce chrétienne. En cela, l’encyclique Deus Caritas est a été pour tant d’entre nous comme un coup d’envoi et la découverte de la profondeur de l’enseignement magistériel.
Nourris par ce texte qui servait de ressource dans nos aumôneries, nos groupes Even, nos sessions et pèlerinages, nous avons pris goût à l’enseignement de ce pape à la pensée exigeante et claire. Spe Salvi et Caritas in Veritate nous renforçaient dans la compréhension et la pratique des vertus théologales tandis que, comme théologien, Joseph Ratzinger nous donnait à contempler avec les deux yeux de la foi et de la raison, la figure de Jésus de Nazareth lui-même (Parole et Silence, 2012).












