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Benoît XVI  : trois encycliques… et demi

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Eric Thayer / Getty Images Amérique du Nord / Getty Images via AFP

Le pape Benoît XVI, le 18 avril 2008.

I.Media - publié le 01/01/23

Retour sur les quatre textes majeurs laissés par le pape émérite Benoît XVI, décédé le 31 décembre 2022, près de 10 ans après sa renonciation historique au trône de saint Pierre.

Durant les huit années de son pontificat, le pontife allemand aura signé trois encycliques – sur la charité, l’espérance et l’économie. Une quatrième sur la foi, inachevée au moment de sa renonciation, sera rapidement complétée et publiée par le pape François.

1« Deus Caritas est » : une catéchèse sur la charité

Première encyclique de Benoît XVIDeus caritas est a été rendue publique le 25 janvier 2006, jour de la fête de la Conversion de saint Paul. « Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui »  : c’est avec cette phrase tirée de la première Épitre de saint Jean que s’ouvre ce document pontifical.

Dans son introduction, Benoît XVI précise d’emblée que, « dans un monde où l’on associe parfois la vengeance au nom de Dieu, ou même le devoir de la haine et de la violence », le message d’amour du Christ possède « une grande actualité ». « C’est pourquoi, explique-t-il, dans ma première Encyclique, je désire parler de l’amour dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres ».

Dans la première partie, le pape s’arrête d’abord sur « un problème de langage », notant que « le terme ‘amour’ est devenu aujourd’hui un des mots les plus utilisés et aussi un des plus galvaudés », auquel on donne « des acceptions totalement différentes ». Il précise alors que l’on parle « d’amour de la patrie, d’amour pour son métier, d’amour entre amis, d’amour du travail, d’amour entre parents et enfants, entre frères et entre proches, d’amour pour le prochain et d’amour pour Dieu ». Puis, Benoît XVI montre à la fois ce qui différencie et ce qui unit l’amour humain, l’eros, et l’amour divin, l’agapè.

Dans la deuxième partie, Benoît XVI soutient que la charité fait partie des trois tâches essentielles et inséparables de l’Église, avec l’annonce de la Parole de Dieu et la célébration des sacrements. Il définit quelques règles pour l’action caritative de l’Église, mais rappelle aussi aux États leurs responsabilités en la matière.

En conclusion, le pontife met en avant l’exemple des saints « qui ont exercé de manière exemplaire la charité ». Il cite alors à la fois Martin de Tours, Antoine du désert, François d’Assise, Ignace de Loyola, Jean de Dieu, Camille de Lellis, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Joseph Cottolengo, Jean Bosco, Louis Orione ou encore Mère Teresa de Calcutta.

2« Spe Salvi » : qu’est-ce-que la véritable espérance ?

La deuxième Encyclique du pape allemand, Spe Salvi, consacrée à “l’espérance chrétienne”, a été publiée le 30 novembre 2007.

Benoît XVI y évoque la nécessité d’une « autocritique de l’ère moderne dans un dialogue avec le christianisme et avec sa conception de l’espérance ». Pour le pape, « les chrétiens (…) doivent apprendre de manière renouvelée en quoi consiste véritablement leur espérance, ce qu’ils ont à offrir au monde et ce que, à l’inverse, ils ne peuvent pas offrir ».

À ses yeux, « l’ambiguïté du progrès » est « évidente » car s’il « offre de nouvelles possibilités pour le bien », il « ouvre aussi des possibilités abyssales de mal – possibilités qui n’existaient pas auparavant ». « Si au progrès technique ne correspond pas un progrès dans la formation éthique de l’homme, dans la croissance de l’homme intérieur, alors ce n’est pas un progrès, mais une menace pour l’homme et pour le monde », explique  Benoît XVI. 

Pour lui, « les temps modernes ont fait grandir l’espérance de l’instauration d’un monde parfait qui, grâce aux connaissances de la science et à une politique scientifiquement fondée, semblait être devenue réalisable ».

Dans Spe Salvi, Benoît XVI s’en prend en particulier au marxisme, dont l’erreur fondamentale est d’avoir « oublié que l’homme demeure toujours homme ». « Sa véritable erreur est le matérialisme : en effet, l’homme n’est pas seulement le produit de conditions économiques, et il n’est pas possible de le guérir uniquement de l’extérieur, créant des conditions économiques favorables ». Benoît XVI explique aussi que « ce n’est pas la science qui rachète l’homme » car celui-ci « est racheté par l’amour ». Ainsi, « l’homme a besoin de Dieu, autrement, il reste privé d’espérance ».

Puis le souverain pontife souligne le fait que, durant son existence, « l’homme a de nombreuses espérances – les plus petites ou les plus grandes -, variées selon les diverses périodes de sa vie ». « Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà », affirme Benoît XVI, selon lequel « cette grande espérance (…) ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous proposer et nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons atteindre ».

Benoît XVI donne enfin quatre « lieux d’apprentissage » de l’espérance que sont la prière, l’action, la souffrance et le Jugement dernier.

3« Caritas in Veritate » : l’encyclique sociale

La seule encyclique “sociale“ de Benoît XVI, Caritas in Veritate, publiée le 7 juillet 2009, entend répondre à la crise économique de l’époque en affirmant que la personne humaine est « le premier capital à sauvegarder et à valoriser ». Le pape invite à « une réflexion nouvelle et approfondie sur le sens de l’économie et de ses fins ». Au fil de son encyclique « sur le développement humain intégral dans la charité et la vérité », Benoît XVI invite d’abord à répondre à la crise économique en “vérité”.

Le pape explique que « la dignité de la personne et les exigences de la justice demandent, aujourd’hui surtout, que les choix économiques ne fassent pas augmenter de façon excessive et moralement inacceptable les écarts de richesse et que l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous ». Benoît XVI explique alors que « séparer l’agir économique, à qui il reviendrait seulement de produire de la richesse, de l’agir politique, à qui il reviendrait de rechercher la justice au moyen de la redistribution, est une cause de graves déséquilibres », le bien commun devant être aussi un des buts de l’activité économique.

Par ailleurs, le souverain pontife demande la création d’ »une véritable Autorité politique mondiale », qui devra, entre autres, s’engager pour la promotion d’un authentique développement humain intégral qui s’inspire des valeurs de l’amour et de la vérité ». 

Il souhaite aussi que les institutions économiques soient organisées pour « faire face aux nécessités liées aux besoins primaires et aux urgences des véritables crises alimentaires ». En outre, le pape condamne le comportement pro-avortement de certaines ONG dans les pays pauvres.

Enfin, Benoît XVI évoque le thème de l’environnement, lié, d’après lui, de manière évidente à celui de la vie : « La façon dont l’homme traite l’environnement influence les modalités avec lesquelles il se traite lui-même et réciproquement ».

Il appelle alors à « la tenue morale de la société dans son ensemble », car « exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction quand l’éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes ».

Le pape considère enfin que « l’ouverture moralement responsable à la vie est une richesse sociale et économique » et que « pour fonctionner correctement, l’économie a besoin de l’éthique ».  

4« Lumen fidei » : la quatrième encyclique de Benoît XVI ?

Afin de compléter la série consacrée aux trois vertus théologales (foi, espérance, charité), Benoît XVI avait rédigé une quatrième encyclique sur la foi, mais les délais imposés par sa renonciation ont été trop courts pour permettre sa publication. Son successeur, le pape François, décidera de reprendre son travail et de le compléter. C’est ainsi que l’encyclique Lumen fidei (la lumière de la foi), est présentée le 5 juillet 2013, quelques semaines seulement après l’élection du pontife argentin. Largement écrite par Benoît XVI, elle contient toutefois des expressions chères à François  : « ne nous faisons pas voler l’espérance », par exemple. 

Cette encyclique entend démontrer que la foi n’est pas « une illusion de lumière qui empêche notre cheminement d’hommes libres vers l’avenir », mais au contraire « une lumière » qui peut « éclairer le présent ». Et cela « jusqu’à devenir une étoile qui montre les horizons de notre chemin, en un temps où l’homme a particulièrement besoin de lumière ».

S’il est impossible de déceler avec exactitude les contributions du pape François à cette lettre encyclique, qui semblent cependant lui donner une certaine force pastorale, les thèmes chers à Benoît XVI y sont nombreux  : la crise de la vérité, le relativisme, la modernité, les idoles, ou encore les références à saint Augustin. Le texte contient aussi des citations de Nietzsche, Dante ou Dostoïevski, mais aussi du philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein, du philosophe juif d’origine allemande Martin Buber ou encore du poète britannique Thomas Stearns Eliot.

Lumen fidei  définit en outre le Concile Vatican II comme « un concile sur la foi » et précise que « la succession apostolique » assure « la continuité de la mémoire de l’Eglise » et son « unité ».

En publiant rapidement cette première encyclique, le pape François montrait son désir d’assumer pleinement l’héritage de Benoît XVI. 

En images, l’enfance de Benoît XVI ou la naissance d’une vocation :

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