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2022, une année d’imprévus

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Antoine Mekary | ALETEIA

Jean-Baptiste Noé - publié le 30/12/22

À l’heure des bilans annuels et des prospectives, 2022 se présente comme une année à part. Marquée par les imprévus, ponctuée de nombreuses surprises, remarque le géopoliticien Jean-Baptiste Noé, elle démontre que l’histoire n’est jamais finie.

Revenons un an en arrière, en décembre 2021, au moment où beaucoup se risquent à des prévisions pour l’année à venir. Personne ne prévoyait l’invasion de l’Ukraine, qui a pourtant été l’un des principaux faits de cette année. Deux ans auparavant, c’est le virus du Covid et les confinements qui ont suivi qui s’étaient déjà invités dans la catégorie des faits non prévus. Preuve s’il en est que l’histoire n’est jamais finie. 

Le bouleversement de la guerre

Qu’est-ce que cette guerre en Ukraine a d’ores et déjà changé ? Elle a ressuscité l’OTAN, qui était en effet en état « de mort cérébrale » selon la formule d’Emmanuel Macron. Elle a de nouveau rendu nécessaire, pour bon nombre de pays d’Europe, l’existence d’un parapluie américain destiné à les protéger. En recréant un ennemi, non pas virtuel mais bien réel, cette guerre a réactivé les anciennes alliances. Autre changement majeur, le bannissement de la Russie. En quelques heures d’invasion, Vladimir Poutine a ruiné le patient travail effectué depuis 2000 pour remettre la Russie au centre des nations. Fermeture des voies aériennes, arrêt des échanges universitaires, sanctions économiques : il devient très difficile d’échanger avec la Russie.

Le maître du Kremlin a tout ruiné, et il va falloir des années pour retisser les fils rompus. 

Il est bien loin le temps où Angela Merkel se rendait à Moscou pour son dernier voyage en tant que chancelière, ou que Joe Biden rencontrait Poutine à Genève pour son premier voyage sur le sol européen. Le maître du Kremlin a tout ruiné, et il va falloir des années pour retisser les fils rompus. 

La guerre a révélé aussi les dépendances, notamment énergétiques. Ce n’est pas à cause d’elle que l’inflation s’est envolée ni que les pénuries d’énergie sont de retour, mais elle a aggravé une situation existante et a montré aux yeux de tous les lacunes et les limites des politiques publiques adoptées au cours des dernières décennies. La guerre est toujours un révélateur et un catalyseur de l’histoire et celle-ci ne fait pas exception. 

Le retour des États-Unis

Après leur cuisant échec en Afghanistan, soldé par un départ humiliant, les États-Unis semblaient effacés. Comme à leur habitude, le déclin américain est régulièrement annoncé, et tout aussi régulièrement annoncé le retour de l’empire américain. La guerre en Ukraine a fait oublier Kaboul et la Syrie : les États-Unis sont de retour. Quand Zelensky sort de son pays pour se rendre à l’étranger, c’est à Washington qu’il rend visite, non à Bruxelles, Londres ou Paris, marquant ainsi l’effacement de l’Europe. Ce sont bien les États-Unis qui mènent le bal, décidant des aides militaires et des dons financiers, les Européens emboîtant le pas. Non seulement l’OTAN est ressuscitée, mais la présence américaine est revenue en Europe, alors qu’il y a quelques mois, les stratèges évoquaient le shift of Asia, c’est-à-dire le redéploiement vers l’Asie. 

Le réveil des nations

Autre leçon de 2022 : les nations sont toujours l’élément central de l’histoire. Poutine pensait faire tomber le régime de Kiev et contrôler la partie orientale de l’Ukraine ; il a trouvé face à lui des Ukrainiens prêts à mourir et bien décidés à défendre leur terre. Le principe des nations l’a une nouvelle fois emporté sur le principe des empires. Dans ce conflit, ce sont les États qui négocient. L’ONU est absente et personne ne semble vouloir la convoquer pour servir de médiateur, ce qui est pourtant son rôle. Cet état de fait témoigne de l’effacement de l’Organisation, dépassée par les intérêts divergents des États. L’Ukraine demande l’exclusion de la Russie de l’ONU, sans se rendre compte d’une part que l’ONU ne compte plus, d’autre part que ce serait la réduire à un club de pays occidentaux, donc valider sa mort et la rendre encore plus inutile. Le propre de la diplomatie est d’avoir à sa table des pays que l’on n’aime pas, parce qu’il faut bien négocier avec eux et trouver des terrains d’entente. Déjà que l’ONU avait peu de crédit, il va être encore plus difficile de lui trouver un rôle une fois la guerre terminée. 

L’imprévu est donc une réalité ; ce qui est finalement une bonne nouvelle. L’histoire est le fait des hommes, la conséquence de leur liberté, et il n’est pas possible de la réduire à des algorithmes ou des prévisions statistiques. S’il est nécessaire de prévoir et d’anticiper, pour se préparer au mieux, c’est toujours avec la certitude que le futur sera différent de ce que l’on prévoit ou de ce que l’on aimerait qu’il soit.  

Tags:
États-UnisGuerreUkraine
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