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Une autre bûche de Noël

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AlexDePario | Shutterstock

Henri Quantin - publié le 28/12/22

Cette bûche n’est pas celle, bien crémeuse, qui nous endort en fin de réveillon, mais celle qui nous ressemble quand, mal dégrossie, elle brûle au feu de l’Esprit pour changer la face du monde. L’écrivain Henri Quantin voit dans la "spiritualité de la bûche" du frère dominicain Jean-Thomas de Beauregard une heureuse excursion qui réchauffe le cœur dans le ciel de Noël.

Quelle idée de servir une nouvelle bûche juste après Noël ! Laissez nos foies se reposer, laissez-nous digérer la bûche glacée. Qu’on se rassure — à moins qu’il ne faille s’inquiéter pour notre sieste digestive — la bûche dont il s’agit ne contient ni crème, ni chocolat au lait. Elle aurait plutôt tendance à brûler les calories, voire à nous brûler tout entier. Brûlante et non glacée, cette bûche a toute sa place devant le nouveau-né qui révélerait bientôt le sens de sa naissance par des mots d’incendiaire : « Je suis venu allumer un feu sur la terre » (Lc, 12, 49).

Le feu, ça brûle !

Devenus inaptes à croire qu’un homme qui crie « au feu » puisse annoncer une bonne nouvelle, nous avons recouverts nos âmes de tenues ignifugées : nous préférons la bûche glacée au Christ, les brûlures d’estomac à la brûlure du cœur. C’est pourquoi, dans un petit livre aussi enthousiasmant que rigoureux, La Spiritualité de la bûche (Cerf), le frère Jean-Thomas de Beauregard nous admoneste à renoncer à tous nos pare-feux : « La vérité, et c’est ce qui explique que notre Église en Europe oscille entre tiédeur et froid glacial, c’est que nous avons peur du feu de l’Esprit, parce que le feu, ça brûle… » 

Inerte, mal dégrossie, la bûche nous ressemble. Or son destin est d’être brûlée, passée au feu.

C’est « l’épreuve du feu », que nous refusons, aussi bien dans la guerre que nous sommes censés mener contre le péché que dans notre mission d’évangélisation du monde. Aussi devons-nous nous réjouir et non nous vexer quand le frère dominicain nous traite de bûche : « Contre cette attitude, l’Esprit Saint nous suggère d’adopter la spiritualité de la bûche. La bûche… cette pièce de bois qui attend d’être jetée au feu. Inerte, mal dégrossie, la bûche nous ressemble. Or son destin est d’être brûlée, passée au feu. »

La bûche heureuse

Si douloureuse qu’elle puisse paraître, cette vocation vaut bien celle de la bûche glacée. D’ailleurs, la peur de la brûlure est le type même de la fausse raison du tiède. Le frère Jean-Thomas nous en tire par le haut, par un amusant clin d’œil à Camus : « Il faut imaginer une bûche heureuse. » Clin d’œil ? Pied-de-nez, plutôt, car celui que Camus imagine heureux est Sisyphe, poussant son rocher absurde au sommet d’une colline absurde pour une éternité absurde. Tout au contraire, la bûche heureuse est « en excursion vers le Ciel » et le frère Jean-Thomas est un guide sûr qui tour à tour rappelle l’objectif (notre divinisation comme enfants de Dieu) et indique l’équipement nécessaire (la grâce, qu’il distingue de toutes ses caricatures avec une grande pédagogie). Lucide sur ses équipiers, il assure aussi le suivi après l’expédition, quand la montée stimulante vers l’air des cimes fait place au pas à pas usant dans la platitude des trottoirs. En cela, il tient efficacement les promesses de son sous-titre : « l’art de mettre le feu sur la terre ».

On l’aura compris, La Spiritualité de la bûcheest un de ces livres qui parviennent à la fois à nous éclairer et à nous pousser à agir, en nous rappelant qu’un chrétien n’est vraiment vivant que s’il est brûlant. Le mot « feu » mérite nettement mieux que de désigner un mort.

Pratique :

Fr. Jean-Thomas de Beauregard op, La Spiritualité de la bûche, Cerf, 20221, 187 pages, 16€.
Tags:
JésusNoël
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