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Comment une image de Notre Dame sauva saint François de Sales du désespoir

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© Montage Aleteia

Anne Bernet - publié le 27/12/22

C’est en proie à un doute spirituel effrayant que le jeune François de Sales trouva la paix intérieure devant une représentation parisienne de Notre Dame. Une fois de plus, une image transforma un saint.

Ce mercredi 28 décembre marque le quatrième centenaire de la mort de saint François de Sales. Pourtant, il s’en est fallu d’un rien, en sa prime jeunesse, que le docteur de l’amour divin soit submergé jusqu’au désespoir par le sentiment de son indignité. L’une des plus célèbres images parisiennes de la Vierge l’a délivré de cette tentation. M. de Sales est né à Thorens le 21 août 1567, dans cette Savoie à cheval sur les Alpes, francophone, certes, mais dont les souverains règnent aussi sur le Piémont italien, d’une famille de bonne noblesse. Très jeune, alors que son père échafaude pour lui d’ambitieux projets d’avenir, il rêve de se donner à Dieu. 

À onze ans, François est tonsuré, cérémonie qui, alors, même si elle attache au clergé, ne contraint nullement à poursuivre vers le sacerdoce, donnant seulement le titre d’abbé et la possibilité, très avantageuse, de recevoir des bénéfices ecclésiastiques. Telle n’est pas l’idée de François qui, dès lors, se sent d’Église et ne songe qu’au service de Dieu. Peu après, ses parents l’envoient poursuivre ses études à Paris, au collège de Clermont, l’actuel lycée Louis-le-Grand, où les jésuites forment l’élite catholique française. Ils constatent vite que l’élève est brillant, et d’une vertu au-dessus de son âge qui le fait surnommer « l’Ange » par ses camarades. Or, ce sont précisément cette vertu et cette intelligence qui seront, à l’aube de ses dix-huit ans, violemment mises à l’épreuve au long d’une crise spirituelle d’une rare violence.

La question de la grâce et de la prédestination

L’Église sort, non sans difficultés, surtout en France, des terribles troubles nés de la Réforme et des guerres de religion. La reprise en main voulue par le concile de Trente, clôturé en 1563, se fait lentement à travers la catholicité mais, malgré tout cela, un point de théologie, né d’une mauvaise interprétation de saint Augustin et qui a déjà nourri la pensée protestante, comme elle nourrira les dérives jansénistes, hante encore les esprits : la question de la grâce et de la prédestination. Certains sont-ils, malgré leurs efforts et une vie édifiante, destinés à se damner quand même, quand d’autres, qui auront « péché fortement », selon le mot de Luther, seront sauvés parce que Dieu destinerait d’avance certaines de ses créatures à l’enfer ? Si une telle affirmation nous semble absurde et scandaleuse, appuyée sur l’immense autorité augustinienne, elle est au cœur des débats savants, entraînant des réponses contradictoires, des disputes infinies, au point que Rome finira par interdire d’en discuter.

Un doute abominable, dont nous ne sommes plus capables, (…) le taraude : et s’il était vrai que certains, quoi qu’ils fassent, soient voués à la perdition éternelle ?

François de Sales, étudiant brillant, a suivi ces débats, il en connaît thèses et antithèses, défendues par des gens de pareille valeur, de sorte qu’en cette année 1586, il ne sait plus où il en est, ni ce qu’il doit penser, ni ce qu’il doit croire… Un doute abominable, dont nous ne sommes plus capables, tant la gravité du sujet nous échappe aujourd’hui, le taraude : et s’il était vrai que certains, quoi qu’ils fassent, soient voués à la perdition éternelle ? Et si, par un malheur sans remède, il en faisait partie ? Que faut-il faire ? À quoi bon lutter ? À quoi bon croire ?

Notre-Dame de Bonne Délivrance

François n’en dort plus, n’en mange plus, dépérit tant cette possibilité l’obsède et le désespère. D’abord, en bon intellectuel, il cherche des réponses dans les livres mais elles ne font que l’embrouiller davantage. Et son désespoir ne fait que croître. Les pires idées commencent à l’obséder lorsque, presque par hasard, il pousse la porte d’une église, plus tard démolie pendant la Terreur, voisine de son domicile, Saint-Étienne-des-Grès, appellation dont on ne sait trop si elle signifie « des Grecs » ou « des Degrés », des Marches. La Tradition la prétend fondée par saint Denis, premier évêque de Paris. Peut-être est-ce inexact mais, et c’est ce qui fait sa renommée, on y vénère une antique Vierge noire, Notre-Dame de Bonne Délivrance, réputée assurer aux femmes enceintes un accouchement heureux, leur survie et celle de leur enfant.

Au vrai, l’image est presque dérangeante tant elle est laide, mais les Parisiennes ne s’attachent pas à ce détail et se pressent à ses pieds, confiante dans son intercession miraculeuse. Le jeune M. de Sales n’est certes pas concerné par ces pouvoirs thaumaturgiques mais cela ne l’empêche pas de venir souvent prier devant Notre-Dame de Bonne Délivrance. C’est même devant Elle que, quelques mois plus tôt, il a fait vœu définitif de chasteté et de virginité.

Une prière admirable

Cela, c’était avant cette crise horrible qui le laisse pantelant. Pourquoi s’est-il traîné, comme un mourant, ce qu’il est au plan spirituel, jusqu’à son autel ? Parce qu’au fond de lui, une voix lui souffle que Marie est la seule, loin de tous les discours desséchants des intellectuels, capable de l’éclairer et l’arracher à ses tourments intimes. Effondré devant Elle, en larmes, le jeune homme murmure une prière admirable, cri d’une âme bouleversée d’amour pour le Christ qui essaie, dans un dernier effort, de s’arracher au doute : « Ô Seigneur, si je ne dois point Vous voir, ne permettez pas, du moins, que jamais je vous maudisse et vous blasphème ! Et si je ne puis Vous aimer en l’autre vie puisque personne ne Vous loue en enfer, que du moins je mette à profit, pour Vous aimer, tous les moments de ma courte existence ici-bas ! » À l’instant même, la chape d’angoisse qui lui étreint l’âme disparaît d’un coup. Notre-Dame de Bonne Délivrance a délivré François de Sales. Désormais, il pourra, jusqu’à son dernier souffle, se vouer à son service et celui de Son Fils. 

Tags:
François de SalesVierge Marie
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