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Tout petit devant sa propre bonté

Girl looking at a glass ball with a scene of the nativity of Jesus Christ in a glass ball on a Christmas tree

kipgodi | Shutterstock

Benoist de Sinety - publié le 18/12/22

D’où vient ce jaillissement de bonté qui parfois nous surprend en nous, comme il a surpris ce petit garçon dont le père Benoist de Sinety nous raconte l’histoire ? L’Église, malgré ses imperfections, est ce lieu où la bonté se découvre comme le signe d’un Amour plus grand que nous… né dans une crèche.

Un petit garçon qui rentre chez lui après une journée d’école. À peine franchi le seuil de la maison familiale, son père l’interroge sur sa journée. L’enfant, sérieux comme un Pape, répond qu’elle s’est bien passée mais que pour le goûter, il a partagé son pain au chocolat avec un ami qui n’avait rien. Ses parents, aussitôt, le félicitent et lui disent qu’il ne doit rien regretter, que c’est beau de partager et qu’il ne faut pas qu’il en soit triste comme son visage le laisserait penser. Mais il répond qu’il n’est pas triste, simplement il est « ému de sa propre bonté »… Quelle merveille que cette phrase… Être ému devant sa propre bonté ! Se retrouver tout petit devant soi-même en train de faire le bien…

Des exploits infiniment plus précieux 

On célèbre en Argentine ceux dont le coup de pied a permis à leur pays de ramener une coupe du monde, trophée fort laid d’ailleurs. Les foules se réjouissent, et des semaines durant, nous serons abreuvés d’images et de détails sur le talent et le génie même de ce jeune sportif sur lequel pleuvront quelques millions de plus et la gloire éphémère d’un système qui ne trompe plus que ceux qui acceptent de l’être. Mais qui se réjouira pour ce petit de 5 ans qui se dit bouleversé devant ce que son cœur peut lui dicter et la manière dont il y consent ? Heureusement qu’il a des témoins, celui-là, pour rappeler année après année, cette phrase qui dit si simplement combien chacun est capable d’exploits infiniment plus précieux que de pousser du plat du pied un ballon rond dans des filets.

L’autre jour, un homme m’interpelle : « Je vais quitter l’Église car je n’en peux plus d’entendre des évêques mentir. » Croisant mon regard désolé, il poursuit comme pour me rassurer : « Ce n’est pas pour autant que je ne vais plus croire en Jésus. Non j’y crois, mais cette Église, c’est devenu insupportable ! »

L’Église, c’est précisément ce lieu où tous les petits enfants du monde qui, un jour, s’aperçoivent avec émotion qu’ils sont capables d’un bien qu’ils se croyaient inaptes à concrétiser, découvrent que ce jaillissement de bonté qui les déborde est le signe d’un Amour puissant qui porte le Nom divin.

Il y a un point sur lequel il a raison : le mensonge est insupportable, surtout quand il donne le sentiment d’être entretenu sciemment. Mais tout de même, l’Église ne peut se perdre dans la duplicité de quelques-uns, fussent-ils d’éminents pasteurs, ni même dans la corruption d’un système dans lequel elle ne s’épuise pas. Car l’Église, c’est précisément ce lieu où tous les petits enfants du monde qui, un jour, s’aperçoivent avec émotion qu’ils sont capables d’un bien qu’ils se croyaient inaptes à concrétiser, découvrent que ce jaillissement de bonté qui les déborde est le signe d’un Amour puissant qui porte le Nom divin. 

Où se révèle la naissance de l’amour

L’Église est le lieu où la Révélation peut se faire, dans l’expérience la plus intime et la plus discrète de chacune de nos vies : nous pouvons faire le bien ! Et la cause en est ce fameux Nouveau-Né de la crèche. Sa seule promesse suffit à bouleverser les cœurs les plus endurcis et à faire ses déplacer des mages de l’autre bout du monde, et qui se mêlent aux pouilleux bergers de Bethléem, dans une même allégresse. Bien sûr il y aura toujours des Hérode qui jouiront de tremper leurs glaives dans le sang innocent. Mais les ténèbres savent que leurs heures sont comptées devant l’enfançon qui murmure dans la paille de la mangeoire.

L’Église est ce corps qui porte cette révélation pour et dans le monde. Elle sera digne de foi tant qu’elle se laissera guider par ce seul objectif. C’est quand elle y cherche le signe de sa propre gloire et de sa prétention qu’elle se perd et égare. Pour cela, il lui faut, il nous faut, accepter de vivre au milieu de la foule humaine, incroyante ou non. Chacun y connaît l’émotion de ce jeune garçon « ému de sa bonté », pas besoin de croire en Dieu pour cela. Mais qui proposera la lumière du Christ à ceux qui chercheront à en comprendre la genèse ? Au moment où les structures semblent lâcher prise, c’est au corps tout entier de se sentir appelé à descendre vers le cœur d’une humanité qui a pu parfois se sentir plus jugée qu’aimée par nos paroles et nos regards.

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Catholique
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