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« Homme » et « femme », oser les mots pour le dire

Sciences Po AFP

GARO | Phanie via AFP

Blanche Streb - publié le 12/12/22

Que nous dit l’épisode du professeur de Sciences Po qui renonce à donner ses cours pour ne plus pouvoir employer dans ses cours les termes "homme" et "femme" ? Pour l’essayiste Blanche Streb, la jeune génération est convoquée à un certain courage pour ne pas succomber à l’autocensure.

Il y a quelques jours, je donne une conférence à des étudiants en Vendée. En préparant mes notes, je suis préoccupée. Que dire aux jeunes d’aujourd’hui ? De quoi ont-ils besoin ? Vaste question… Il me semble déjà qu’ils ont besoin qu’on se garde d’abîmer — ou qu’on restaure si tel est le cas — leur foi en l’avenir. Qu’on protège leur audace, leur joie, leur créativité… Qu’on croit en eux, qu’on nourrisse avec intelligence ce vertueux sens de l’honneur tapi au fond de tous les cœurs. Et plus que tout, ils ont besoin d’espérance et de courage, car oui, les temps sont durs. Chaque époque a ses défis à relever. Celle-ci en a beaucoup, et l’un d’eux me frappe de plus en plus, avec cette culture woke qui se répand et contamine nombre de jeunes. 

Voir ce que l’on voit

« Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit » a écrit Charles Péguy dans Notre Jeunesse. C’est tellement vrai. On ne voit pas toujours ce que l’on voit… à cause de nos coups d’œil trop vite jetés. À cause des fausses lumières — de nos savoirs, pouvoirs, états d’âme et préjugés qui préexistent à notre regard — trop vite projetés sur l’objet de notre (in)attention. Alors on voit ce qu’on s’attendait, craignait, espérait voir… ou ce qu’on nous a dit de voir, mais pas ce qu’on a vu. La citation de Péguy n’a peut-être jamais été aussi percutante, et pourtant, il nous faut constater qu’elle s’inverse. Ce qui devient plus difficile encore aujourd’hui, c’est de dire ce que l’on voit

J’imagine qu’Orwell lui-même en tomberait de sa chaise

Ce ne sont même plus des sujets qui sont devenus artificiellement explosifs ou « officiellement » indiscutables, ce sont des mots : « homme », « femme », « femme enceinte »… par exemple. Ces petites histoires se multiplient. De J.K. Rowling, l’auteur d’Harry Potter, au professeur de danse de Sciences Po, en passant par des personnalités féministes, combien se retrouvent vilipendés pour avoir simplement oser utiliser ces mots qui pourtant décrivent une vérité immuable de l’être humain, ou pour avoir osé dire que seule une femme est enceinte ? N’avons-nous pas le sentiment parfois de « vivre en absurdie » ? J’imagine qu’Orwell lui-même en tomberait de sa chaise, lui qui prophétisait dans son célèbre 1984 qu’en ces temps de tromperie universelle, dire la vérité deviendrait un acte révolutionnaire…

La vérité dans la charité

Cette génération est convoquée à un certain courage pour ne pas succomber à l’autocensure. Pour ne pas tomber dans ces affligeantes démonstrations — empreintes de cris d’orfraie et de larmes de crocodiles — d’une certaine jeunesse capable de s’offusquer lorsque des mots comme « homme » et « femme » (quelle violence !) sont prononcés. Pour oser voir et révéler les réelles injustices et mensonges tapis derrière les faux atours de la liberté ou du bien. Pour déambuler sur cette périlleuse ligne de crête de la vérité dans la charité sur laquelle, il faut bien le reconnaître, nous sommes tous des funambules, plus ou moins adroits et solides, selon les situations. Mais comme le rappelle le pape François dans Evangelii Gaudium, il faut se garder des « éthiques sans bonté » (EG, 231). Alors certes, les temps sont durs, mais à l’écoute de saint Augustin d’Hippone, n’oublions pas que « nous sommes les temps ». Alors soyons bons, les temps seront meilleurs.

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