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Anne Lefèvre : « Quand j’ai le cœur lourd, j’aime écouter du Bach »

Famille Lefevre

© Sylvie Bessou/Die Frau

Anna Ashkova - publié le 09/12/22

Épouse, mère, chanteuse… Anne Lefèvre, qui s’est fait connaître en 2020 en remportant avec sa famille la victoire de "La France a un Incroyable Talent", se confie à Aleteia. Dans une interview fleuve, elle raconte sans détour sa vie de mère de famille nombreuse, sa vie spirituelle, sa vie de femme, et sa passion pour la musique et le chant.

Cela fait deux ans que le chœur de la famille Lefèvre a remporté la première place à l’émission « La France a un incroyable talent ». Un an après cette victoire, la petite troupe publiait Dans le chœur de la famille Lefèvre (Plon), un ouvrage dans laquelle elle dévoilait les coulisses de cette aventure. Une aventure que Aleteia a suivie dès les premiers instants, avant même que la famille ne soit connue du grand public ! 

En effet, conquise par son rayonnement et sa virtuosité, la rédaction de Aleteia publiait dès novembre 2019 son premier article sur ces « Von Trapp » des temps modernes. La chorale familiale partageait à l’époque ses prestations musicales sur sa chaîne YouTube et à l’occasion de quelques concerts dans des sanctuaires. Deux ans après ce premier article, des centaines d’autres ont été publiés dans la presse sur cette famille versaillaise, qui forme désormais une véritable communauté. Même le pape François est conquis par leur talent et n’a pas manqué à les recevoir au Vatican le 17 février 2022. 

Quelques jours avant leur tournée de Noël, Anne Lefèvre se confie sur sa vie de mère de famille nombreuse, sa vie spirituelle, sa vie de femme, sa passion pour la musique et le chant. Une interview remplie de rires, de sincérité et parfois même coupée par le petit cadet de dix ans, Raphaël, venu se mettre sur les genoux de sa maman chérie. 

Aleteia : Comment vous en sortez-vous à la tête d’une famille nombreuse ? Faut-il que tout soit bien organisé ? Tout bien rangé ?
Anne Lefèvre : Nous avons six enfants, âgés de 24 à 10 ans, mais ils grandissent. Notre aîné, Gaël, vient de se marier. Il a 24 ans et étudie le chant au Conservatoire à rayonnement régional de Paris. Notre autre fille, Blanche, a aussi quitté la maison. Elle a 22 ans et étudie le chant à la Haute École de Musique de Lausanne. Maintenant, nous avons quatre enfants à la maison. Clément, 19 ans, étudie en fac de sport. Emmanuel, 17 ans, est en terminale. Colombe, 14 ans, est en 3e. Et le petit dernier, Raphaël, 10 ans, est en CM2.

Bien sûr qu’être mère de famille nombreuse demande de l’organisation. Comme nous sommes assez souvent à l’extérieur, occupés par le travail et de nombreuses autres activités, nos enfants sont relativement autonomes même si je suis attentive et essaie de trouver l’équilibre périlleux entre l’extérieur et la vie à la maison. Ma priorité est quand même ma famille. 

J’accepte que tout ne soit pas impeccable.

Nous sommes une famille d’artistes, et nous avons un tempérament un peu bohème. Donc si la maison n’est pas rangée nickel, on l’assume. Disons qu’on préfère prendre l’apéro que de ranger. Je ne suis pas l’idéale de la femme d’intérieur qui fait du rangement et de la cuisine. J’accepte que tout ne soit pas impeccable. J’aime sortir de chez moi pour avoir des activités, tels que mon travail, mon investissement à la paroisse, des cours de musique que je donne et ceux que je reçois… C’est vital pour moi.

Je ne suis pas le canon de la mère de famille, femme d’intérieur, s’il en existe un, on est toutes des fabuleuses, comme le répète Hélène Bonhomme (fondatrice d’une communauté de mères, ndlr), et heureusement sinon je pense que je serais malheureuse. Je m’équilibre avec mes activités extérieures. Il y a des femmes qui font des choix différents des miens et je les loue. On essaie d’être heureux avec ce qu’on est. Avec nos talents propres. 

Vous êtes mère de six enfants. Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre maternité ?
Les petites joies quotidiennes ! Des moments de qualité que je passe avec mes enfants : aller se promener, s’occuper des devoirs scolaires, amener les enfants en voiture à leurs différentes activités, rire en famille… J’adore prendre le café avec ma fille aînée, faire des courses avec elle. Le soir, lors de la prière du soir, notre petit dernier, Raphaël, vient sur mes genoux et se blottit contre moi… Ce sont tous des chouettes moments, des moments uniques.

Anne Lefevre

Avec toutes vos responsabilités, comment faites-vous pour consacrer du temps à votre mari ?
J’ai la chance de travailler avec lui, ce qui fait que nous nous voyons régulièrement en journée. Pendant des années, nous avions aussi l’habitude de déjeuner ensemble à midi. Gabriel a pris l’habitude de ne pas rentrer autant que possible trop tard du bureau, ce qui fait que nous avons le temps de nous retrouver le soir. Nous regardons souvent des films en famille ou en couple. Parfois même des séries, comme Desperate Housewives, Grand Hotel ou Downton Abbey.

Le seul bémol, avec les enfants et nos emplois du temps respectifs, nous ne partons pas beaucoup en voyage à deux. Les enfants nous encouragent pourtant à le faire. Nous sommes un couple très soudé. Dès que nous nous voyons pas assez, ça me manque.

Quel est le début d’une journée idéale pour vous ?
Le moment où je prends mon café. Je me lève très tôt, entre 5 et 6h du matin (je suis insomniaque). C’est mon moment à moi, mon réconfort. J’ai le temps de faire ma prière, d’écrire.

Une pensée qui vous aide lorsque vous êtes de mauvaise humeur ?
Bien sûr, tout dépend de la nature de la mauvaise humeur. Je me pose toujours la question : pourquoi suis-je de mauvaise humeur ? Je l’ai appris des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, se laisser conduire par l’Esprit. Lorsque nous sommes de mauvaise humeur, il conseille de s’arrêter et de regarder quel est l’obstacle à la bonne humeur. Si on arrive à mettre un mot sur elle, on peut l’évacuer. Cela m’aide à veiller à garder cette mauvaise humeur pour moi et ne pas la décharger sur les autres, en l’occurrence mes proches. C’est un souci de justice. Personne ne doit payer à ma place. J’invoque aussi l’archange saint Michel dans ces moments-là. 

Quels saints vous aident dans votre quotidien de mère et d’épouse ?
Saint Michel et sainte Thérèse de Lisieux. Cette dernière a beaucoup travaillé sur elle-même et elle m’inspire énormément. J’invoque aussi ma sainte patronne, sainte Anne, la mère de la Vierge Marie et la grand-mère de Jésus. En famille, nous prions surtout tous nos saints patrons tous les jours.

Anne et Gabriel Lefèvre

Que vous apportent le chant et la musique ? Vous aident-ils dans votre rôle de mère et d’épouse ?
La musique joue un grand rôle dans ma vie. Elle a de nombreuses vertus reposantes. Quand j’ai le cœur lourd ou que je trouve la vie trop dure, j’aime bien écouter du Bach. C’est ce que j’appelle la musique de l’équilibre. Si la musique me fait du bien, je suis mieux dans mon rôle de maman. Et si la maman va bien, alors tout le monde va bien.

Quand j’ai le cœur lourd ou que je trouve la vie trop dure, j’aime bien écouter du Bach.

De plus, j’ai la chance de partager cela avec mes enfants. Ils sont nés dedans. Nous avons de vraies passions communes. Certes, nous aimons chanter en famille mais on aime surtout beaucoup la musique (et toutes sortes de musique). La preuve, Gaël et Blanche veulent en faire leur métier. Ils veulent devenir chanteurs lyriques.

Quels sont selon vous les bienfaits du chant, tant pour les enfants que pour les adultes ?
En tant que professeur de chant choral, je peux dire qu’en règle générale, le chant apprend à se tenir bien physiquement, à travailler le corps entier pour émettre un beau son harmonieux. Quand le corps, l’âme et l’esprit participent à une action, c’est très épanouissant et nourrissant.

Famille Lefevre

Je le vois avec les enfants que j’ai en cours : petit à petit, ils apprennent à chanter ensemble, à s’écouter les uns les autres. C’est aussi ça qu’apporte le chant : être bienveillant avec les autres, accepter à se mettre à nu devant les autres, à travailler ses peurs. Le chant, c’est une vraie école de vie. 

Comment familiariser les enfants à la musique et au chant ?
Quand ils sont petits, chanter des berceuses. On peut aussi écouter de la belle musique et des chansons enfantines dans la voiture. En ce sens, il y a des valeurs sûres comme des rondes pour enfants, les contes racontés par Natalie Dessay (Le Lac des cygnes, Cassenoisette), il y a aussi Piccolo, Saxo et Compagnie ou encore L’histoire de Babar, le petit éléphant, la collection Enfance et Musique est aussi très bien. On peut connaître la vie de grands compositeurs comme Vivaldi ou Mozart, tout en écoutant leurs œuvres.

Le chant, c’est une vraie école de vie. 

Comment vous ressourcez-vous spirituellement ?
Je prie beaucoup. Je me nourris de la Parole de Dieu, surtout des commentaires bibliques. J’aime particulièrement la spiritualité des carmes et des chartreux. Je la trouve très incarnée dans notre vie quotidienne. Je vais à la messe régulièrement et je lis beaucoup de livres spirituels, surtout des pensés des grands saints comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, saint Augustin ou encore le Curé d’Ars… J’ai une bonne bibliothèque !

Je suis aussi adepte du chant grégorien. Non seulement je le chante mais je travaille aussi sur sa théorie et son sens : cette musique est très profonde. Elle amène au silence. Je trouve qu’elle mériterait d’être plus chantée dans les églises. Ce n’est réservé qu’aux monastères. Il suffit de passer la barrière de la langue. Il y a toute l’histoire biblique qui est contenue dans les textes de cette musique ancestrale.

Pour finir, une citation qui vous inspire ?
« Seigneur, aie pitié de nous ». C’est une magnifique supplique à Dieu. Lorsque je le chante à la messe, je n’arrive pas à retenir mes larmes.

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