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L’art roman, un symbolisme biblique extraordinaire

Saint-pierre-moissac

Fred de Noyelle / Godong

Tympan de la porte sud de l'église Saint-Pierre de Moissac.

Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 06/12/22

Après les mosaïques et icônes de l’époque byzantine, une nouvelle forme d’art va naître, notamment pour la sculpture et l’architecture. Nourrie de références bibliques, cette période connue sous le vocable d’art roman révèle bien des trésors…

Fruit d’une longue évolution, l’art roman puise aux différentes influences de l’art byzantin, lui-même héritier, notamment, de l’art romain. L’imaginaire roman va ainsi se développer à partir d’un riche réseau de références non seulement artistiques, mais aussi christologiques. C’est surtout le texte de l’Apocalypse du Nouveau Testament qui servira d’inspirations aux plus grands artistes et artisans de cette époque, un thème riche en symboles et dont la vision eschatologique – discours sur la fin du monde – nourrit des œuvres foisonnantes. Le Christ trône toujours en majesté – à l’image du Pantocrator byzantin – mais apparaîtra dorénavant de manière récurrente comme juge suprême décidant du sort des bienheureux et des condamnés… Ainsi le célèbre tympan de l’abbaye Saint-Pierre de Moissac dans le Tarn-et-Garonne représente-t-il le Sauveur en majesté trônant entouré des anciens  selon le texte même de l’Apocalypse (Ap 4, 2-6) :

« Voici qu’un trône était là dans le ciel, et sur le Trône siégeait quelqu’un. Celui qui siège a l’aspect d’une pierre de jaspe ou de cornaline ; il y a, tout autour du Trône, un halo de lumière, avec des reflets d’émeraude. Tout autour de ce Trône, vingt-quatre trônes, où siègent vingt-quatre Anciens portant des vêtements blancs et, sur leurs têtes, des couronnes d’or. Et du Trône sortent des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre, et sept torches enflammées brûlent devant le Trône : ce sont les sept esprits de Dieu. Devant le Trône, il y a comme une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu, autour du Trône, quatre Vivants, ayant des yeux innombrables en avant et en arrière.« 

La main du sculpteur a reproduit fidèlement sur le tympan de l’abbaye la vision apocalyptique, tous les visages tournés vers le Rédempteur rayonnant de sa gloire au centre de la représentation sous l’arc en ciel aux reflets d’émeraude…

Le combat des âmes

Avec l’art roman va également se développer tout un réseau de symboles, des symboles de plus en plus complexes et dont très souvent le sens nous échappe de nos jours à une époque baignée de rationalisme. Et pourtant, c’est véritablement tout un discours qui va se tisser progressivement à cette époque, au tournant de l’an Mil. Les corps des statues vont prendre des positions et des attitudes qui exprimeront les affects des personnages représentés.

Les animaux par exemple vont occuper l’espace afin de symboliser les valeurs morales en un véritable dictionnaire éloquent

De même, la présence de l’imperceptible et des êtres invisibles s’immisceront de plus en plus dans l’art. Les animaux par exemple vont occuper l’espace afin de symboliser les valeurs morales en un véritable dictionnaire éloquent tel l’agneau portant croix représentant le sacrifice christique et ornant de manière omniprésente tympans et autres clefs de voûte des églises romanes. 

Une richesse inépuisable

Réalisme et naturalisme vont s’entrelacer et caractériser l’art roman où chaque détail fait l’objet d’une attention particulière. Le fabuleux et le quotidien cohabitent avec une facilité déconcertante pour notre regard moderne. La Bible de Floreffe, par exemple, illustre la majestueuse Résurrection du Christ rapportée par l’évangile de Jean. 
Se déployant dans tout l’espace européen, l’art roman conjugue ainsi profane et sacré avec une rare habileté qui pourra surprendre le regard moderne, mais dans toutes ses représentations, aussi surprenantes et multiples soient-elles, le symbole témoignera de la présence divine et guidera le croyant vers la lumière qu’il pourra y percevoir. 

Tags:
architectureart sacréHistoiresculpture
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