Il fait un temps superbe ce 24 novembre 1248 en Savoie. L’arrière-saison est splendide et c’est heureux pour les moines du prieuré d’Aspremont qui, la veille, en ont été expulsés par le seigneur du lieu. Toute la nuit, profitant du temps clair et de la pleine lune, les pauvres religieux ont marché, en quête d’un asile avant d’arriver en vue de la chapelle de Myans. L’endroit ne paie pas de mine mais l’on y vénère de longue date une Vierge noire réputée préserver des périls. Les frères entrent dans le petit sanctuaire montagnard, heureux d’être ensemble et d’avoir trouvé un lieu où chanter l’office. Attirés par la psalmodie, des gens du village voisin de Myans montent vers le sanctuaire, et c’est un effort méritoire car elle se trouve à 900 mètres d’altitude, désireux de s’unir à la prière de la communauté errante. Ils l’ignorent mais ce geste de piété va leur sauver la vie.









