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Thérèse bouleversée par l’image du sang de la main du Christ crucifié

THERESE DE LISIEUX

Manuel Cohen / AFP

Anne Bernet - publié le 19/11/22

Parfois, les images parlent et Thérèse de Lisieux fait partie de ces saints convertis ou touchés par une image qui a transformé leur vie. Dans son cas, c’est la représentation d’un Christ crucifié, et du sang coulant de sa paume ouverte qui l’a bouleversée. (1/4)

L’année 1887 marque, pour Thérèse Martin, un tournant décisif. À la Noël précédente, l’enfant écorchée vive qu’elle est depuis la mort de sa mère, est parvenue, la grâce aidant, à surmonter d’un coup sa sensibilité extrême, qui fait souffrir les siens et dont elle est la première à souffrir. Cette métamorphose transforme la fillette qu’elle était encore à bientôt quatorze ans en jeune adulte, d’une maturité soudaine et lui permet de prendre conscience de ce que Dieu attend d’elle. Certaine de sa vocation religieuse, elle renonce à devenir missionnaire, ce qui l’attire énormément, et choisit de s’enfermer au carmel afin que le sacrifice soit plus rude, donc plus méritoire et plus fécond. À la Pentecôte, elle a annoncé à son père son souhait d’entrer au couvent « à quinze ans ». Louis Martin, en dépit du chagrin éprouvé à l’idée de perdre sa benjamine, s’est soumis au désir de Thérèse, qu’il regarde comme celui du Ciel.

Une des images a glissé

Ce n’est qu’au mois d’avril 1888 que Thérèse, après bien des rebuffades, sera admise comme postulante au carmel de Lisieux. Si, dans l’intervalle, ballottée de faux espoirs en vraies déceptions, elle a grandi dans la confiance et l’abandon, acceptant d’être « un jouet » entre les mains de l’Enfant Jésus, et de Le laisser la conduire à sa guise, elle a aussi découvert, à l’improviste, parce qu’elle est attentive aux signes du Ciel, ce qui sera au cœur de sa vocation personnelle. L’événement se produit un dimanche de juillet, elle ne se rappellera pas lequel, pendant la grand’messe à la cathédrale de Lisieux. Thérèse tient son missel de communiante, doré sur tranche et recouvert de maroquin blanc. Soudain, elle s’aperçoit qu’une des images a glissé et qu’un de ses coins dépasse du livre. Pas n’importe quelle image, et pas n’importe quel coin. C’est une crucifixion et c’est la main gauche suppliciée du Christ qui s’impose à la vue de Thérèse. Au pied de la croix, Madeleine est prosternée, en pleurs.

Thérèse a souvent vu cette vignette, et sans doute l’a-t-elle émue mais jamais comme en cet instant quand ses yeux se fixent sur un détail qui ne l’avait pas marquée : le sang coule de la paume ouverte du Crucifié. À quelques années de là, repensant à cet instant décisif, elle écrira dans son Histoire d’une âme

« Je fus frappée par le sang qui tombait d’une de ces mains divines ; j’éprouvai une grande peine en pensant que ce sang tombait à terre sans que personne s’empresse de le recueillir et je résolus de me tenir en esprit au pied de la Croix pour recevoir la divine rosée qui en découlait, comprenant qu’il me faudrait ensuite la répandre sur les âmes. Le cri de Jésus sur la croix retentissait aussi continuellement dans mon cœur : “J’ai soif !” Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive… Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorer de la soif des âmes. Ce n’était pas encore les âmes des prêtres qui m’entouraient mais celles des grands pécheurs. Je brûlais du désir de les arracher aux flammes expiatoires. »

Recueillir le divin sang

Il faut rester admiratif devant la double révélation que ce tout petit détail d’une gravure sulpicienne sans génie inspire à cette très jeune fille. Le sang de Jésus coule pour nous autres, justes, ou se croyant tels, et pécheurs. Thérèse n’a pas lu Pascal mais elle atteint à la même intelligence du mystère, du prix incommensurable de ce sang, dont une seule goutte suffirait à racheter l’humanité entière, répandu à flot, jusqu’à laisser l’Agonisant, épuisé par l’hémorragie, se plaindre d’une soif affolante, qui dépasse la sensation physique. Ce sang, c’est la source d’eau vive jaillissant en vie éternelle promise à la Samaritaine, la certitude de s’abreuver au-delà de tous nos rêves, et que nous dédaignons. Ce sang coule au sol, la terre l’engloutit, dans l’indifférence alors que quelques âmes réparatrices suffiraient, en le recueillant et l’appliquant à ceux qui en ont le plus besoin, à lui donner sa pleine valeur. 

Tout le reste de sa courte existence, enfouie au carmel, dévorée par la maladie, volontairement livrée aux ténèbres pour en libérer ses frères, Thérèse recueillera le divin sang.

Thérèse ne se méprend pas : il faut arracher les pécheurs, les grands pécheurs, à l’enfer qui les attend si personne n’intercède pour eux et leur applique le divin sang qui les lavera de leurs fautes ; plus tard, elle comprendra qu’il s’agit aussi de répandre ce sang, en profusion, sur les âmes des prêtres qui, trop souvent, ne sont pas conformes à la grandeur du sacerdoce et risquent de se perdre. Tout le reste de sa courte existence, enfouie au carmel, dévorée par la maladie, volontairement livrée aux ténèbres pour en libérer ses frères, Thérèse recueillera le divin sang. Il serait bon de nous en souvenir et de faire en sorte qu’il n’ait pas coulé en vain pour nous, pas davantage pour les pécheurs, ni pour les prêtres. Une mission terriblement d’actualité, mais plus douloureuse qu’il y paraît. C’est pourquoi si peu osent s’y donner. « J’ai soif … », non d’eau mais de notre salut. Sont-ils encore chrétiens, ceux qui refusent à leur Seigneur crucifié le secours qu’Il réclame ?

Tags:
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